Abaca

Et son Roma se retrouve pris dans le conflit avec Cannes.

Au détour de l’article de Vanity Fair révélant que Netflix menaçait de boycotter le Festival de Cannes, on a donc appris coup sur coup :

  • Que le prochain Alfonso Cuaron, intitulé Roma, avait été acheté par Netflix.  
  • Que le film devait être présenté hors compétition à Cannes.
  • Et qu’il risquait finalement de ne pas aller sur la Croisette à cause du positionnement du Festival qui exclut les longs-métrages ne bénéficiant pas de sortie en salle.

Netflix menace de boycotter le Festival de Cannes

Pour les fans du réalisateur mexicain, dont le dernier film, Gravity, est sorti il y a déjà cinq ans, c’est un petit choc. Comme Mute, Cloverfield Paradox ou Annihilation, le nouveau Cuaron ne devrait donc pas bénéficier d’une sortie en salle en France. Un comble pour ce grand cinéaste, parmi les plus talentueux de sa génération, d’autant que Roma aurait été, selon la rumeur (à confirmer), tourné en 70 mm ! Eh oui, même les films shootés en pellicule peuvent terminer sur Netflix.

Si Netflix mettait sa menace à exécution et privait Roma d’une présentation à Cannes, le coup dur serait surtout pour Alfonso Cuaron, qui était très désireux de montrer sur film sur la Croisette. Cuaron espèrerait toujours que son film puisse tout de même sortir en France. Problème, en l’état actuel de la législation sur la chronologie des médias cela signifierait que Netflix devrait attendre pour le mettre à disposition de ses abonnés.

Après le succès de Gravity, Cuaron a pris une longue pause et choisi de revenir avec un film très personnel, tourné au Mexique et sans stars au casting. Roma est un drame se déroulant à Mexico dans les années 1970, et raconte notamment les évènements tragiques du 10 juin 1971 qui a vu une manifestation étudiante violemment réprimée par les forces paramilitaires, avec près de 50 victimes à la clé.  

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Il y a un an, Cuaron expliquait : "Je suis revenu au Mexique pour faire le film dont j’ai toujours rêvé". Thierry Frémaux devant présenter jeudi matin le programme des films en compétition, on en saurait peut-être plus sur le cas Roma, même si certaines annonces sont traditionnellement différées à la semaine suivante.

Au-delà de la question "Cannes ou pas Cannes ?", la situation de Roma confirme à quel point les distributeurs sont devenus frileux avec les "petits" films. Que Netflix n’hésite pas à racheter quand l’occasion se présente, comme avec Swiss Army Man (récompensé à Sundance en 2016), The Meyerewitz Stories (en sélection officielle à Cannes en 2017) ou plus récemment Annihilation, le film SF d’Alex Garland. "Ce n’est pas comme si les réalisateurs choisissaient Netflix plutôt qu’une sortie sur 2 500 écrans", résumait une source citée par Vanity Fair.

Après Martin Scorsese, qui n’a trouvé aucun studio prêt à mettre plus de 100 millions de dollars sur la table pour The Irishman, Netflix récupère donc un deuxième cinéaste détenteur d’un Oscar du meilleur réalisateur avec Cuaron. Qui plus est un fou de péloche qui voit le cinéma en (très) grand. A ce rythme-là, on ne sera même pas étonné le jour où on apprendra que Christopher Nolan prépare un film Netflix…

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