Mise à mort du cerf sacré, une arnaque arty

Mise à mort du cerf sacré

Après avoir brouillé les pistes avec The Lobster, Yorgos Lanthimos confirme dans son nouveau film sa nature de cinéaste pervers et étouffant.

The Lobster était un leurre. Avec ses gags un peu branques, sa mythologie SF rigolote et sa jolie love story, le film laissait penser que Yorgos Lanthimos voulait changer d’air, s’éloigner des commentaires socio terrorisants et des pesanteurs post-bunueliennes de ses premiers longs (Canine, Alps). Mais il lui aura en fait surtout servi de Cheval de Troie : le cinéaste peut désormais tourner les mêmes films qu’avant, mais en blindant leurs génériques de stars américaines. Dès le début de Mise à mort du cerf sacré (plan fixe et cracra sur une opération à cœur ouvert, musique pompeuse, travellings kubrickiens interminables…), on sent que ça va être long. De fait, il faut une grosse demi-heure pour comprendre l’intrigue, la vengeance perverse (et teintée de magie noire) d’un ado détraqué contre le chirurgien bien sous tous rapports qui a tué son père lors d’une opération qui a mal tourné. Le gosse veut contraindre le toubib à sacrifier en retour l’un des membres de sa famille… Soit un pitch de thriller nanar prêt à sortir directement en vidéo (Colin Farrell, Nicole Kidman, Alicia Silverstone : même pas besoin de changer le casting !), mais repeinturluré façon art et essai monumental, tout en chic glacé, silences lourds de sens, références à la tragédie grecque et digressions épate-bourgeois (Farrell raconte comment il masturbait son papa alcoolo, Kidman – en très grande forme – fait la morte pour exciter son mari, des enfants frappés de paralysie rampent sur le sol de la cuisine…). Un étonnant point d’équilibre entre DTV crapoteux et grand œuvre arty.

 


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