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Sélectionné à Cannes dans la compétition des courts-métrages pour son Après Suzanne avec Vincent Lacoste dans le rôle principal, Félix Moati a répondu à trois questions de Première.

Il y a un peu d’autobiographie dans Après Suzanne, l’histoire d’un mec qui déprime depuis un an et demi parce qu’il s’est fait larguer ? 
Ah ouais ! Évidemment. Ça parle d’impressions personnelles, le personnage est un mélange entre Vincent, moi et un autre ami d’enfance. Ça parle de comment l’amitié rend les choses plus supportables quand on a des histoires de coeur, et comment ça rend le monde habitable, tout simplement. Comment on peut quand même avancer malgré cette absence si envahissante, qui devient l’horizon de tout.

C’est un besoin la réalisation ? Une façon de s’accomplir totalement en tant qu’artiste ?
Je ne sais pas mais toujours voulu faire de la mise en scène, même si je suis très satisfait dans mon métier d’acteur. Je vénère par exemple Mathieu Amalric, parce qu’il réussit à conjuguer les deux : quand il joue il est totalement au service du film, et quand il réalise il est totalement réalisateur. J’avance petit à petit, j’ai déjà une piste de long-métrage. L’histoire d’un père et de ses deux fils. Ça parlera de la perte de l’admiration et de son regain.

Qu’est-ce qui vous fascine chez Vincent Lacoste, qui est votre ami ?
Il est en train d’exploser. Au tout début, je voyais déjà cette mélancolie joyeuse chez lui. Et ce style… On ne peut le rapprocher de personne, sauf peut-être de Bill Murray je trouve. Il est adulte maintenant, il assume ses désirs à l’écran. Et il a un truc très féminin, ce qui est important je trouve pour un acteur. Je lui ai dit dernièrement qu’il me faisait parfois penser à Mastroianni. Il s’est foutu de ma gueule parce qu’il est très modeste, mais c’est vrai. Il est très consciencieux et de très bons choix. C’est un cinéphile, y a pas de secret. Il est très dur avec lui-même.

F.L.

Photo Sébastien Vincent (www.sebastienvincent.com et sur Instagram)

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