CGI : le procès qui pourrait changer l’usage du numérique à Hollywood

Groot et Rocket Les Gardiens de la Galaxie 2

Disney, Fox et la Paramount vont-ils perdre les droits de leurs personnages ?

Un procès vient de s’ouvrir à Hollywood, et il pourrait bien faire du bruit, révèle THR. Plusieurs studios pourraient perdre les droits de certains de leurs personnages animés en numérique (CGI) s’il est prouvé que les producteurs étaient au courant qu’ils avaient été créés grâce à une technologie volée. On s’explique.

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Un juge fédéral de Californie doit trancher dans l’affaire Rearden LLC. Il s’agit d’une société de la Silicon Valley fondée par un certain Steve Perlman, qui assure que le logiciel nommé MOVA lui appartient. Celui-ci permet d’animer des personnages en numérique à partir de mouvements enregistrés en performance capture. Une technique qui se développe de plus en plus à Hollywood, d’Avatar à La Planète des Singes en passant par les blockbusters Marvel. Le problème concernant ce logiciel en particulier, c’est que son créateur considère qu’il lui a été volé par un collègue afin de le revendre au plus offrant, à savoir les sociétés chinoises Virtual Global Holdings et Shenzhen Haiticheng Science and Technology. Et que celles-ci ont ensuite proposé leurs services à de grands studios hollywoodiens, en utilisant donc MOVA à la place de son créateur. Notamment via la boîte d’effets spéciaux Digital Domain, qui a créé les VFX de Deadpool, Avengers 2, Les Gardiens de la Galaxie, La Nuit au Musée ou encore Benjamin Button.

En juin dernier, un juge de San Francisco a établi que ce vol avait bien eu lieu, et l’accusateur s’attaque à présent aux studios qui ont financé les blockbusters utilisant cette technologie. Disney, la 20th Century Fox ou encore la Paramount devront répondre de leur implication dans ce "vol de propriété intellectuelle". Etaient-ils au courant que le logiciel qu’ils utilisaient pour créer Hulk, Collossus, Groot ou pour rajeunir Brad Pitt était une technologie volée ? Si oui, devront-ils rembourser le plaignant ? Ou perdront-ils les droits de leurs créations numériques ? Les réponses à ces questions pourraient faire jurisprudence à Hollywood, car elles interrogent la propriété intellectuelle qui existe derrière ces animations en CGI. A qui appartiennent-elles ? Aux studios ? Aux metteurs en scène des films ? Aux acteurs qui jouent les personnages avant qu’ils ne soient transformés numériquement ? Aux créateurs des effets visuels ? Aux fabricants des logiciels qui permettent d’imaginer de tels effets ?

"Si Rearden est reconnu auteur/créateur de ces créations numériques, alors Adobe et Microsoft pourront revendiquer les droits de tout ce qui a été créé avec Photoshop ou Word !", s’indigne l’avocate de l’un des studios. Mais le plaignant refuse cet argument en justifiant que contrairement à des écrivains travaillant sur Word ou des artistes dessinant sur Photoshop, son logiciel est si sophistiqué qu’il "limite le réalisateur dans ses choix artistiques". Il insiste sur cet argument, considérant que sa technologie est de nos jours cruciale dans la fabrication de certains films et demande à ce que des "règles juridiques" soient clairement fixées concernant la propriété intellectuelle autour de la création numérique. "La parole est à présent aux studios, conclut THR. Puis le juge rendra son verdict et on verra si celui-ci chamboule Hollywood ou si la Court Suprême devra modifier son texte qui remonte au XIXe siècle."

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