BlacKkKlansman, Les vieux fourneaux, Silent voice : les films au cinéma cette semaine
Ocean Films/Universal/Gaumont

Ce qu’il faut voir cette semaine.

L’ÉVENEMENT

BLACKkKLANSMAN – J’AI INFILTRÉ LE KU KLUX KLAN ★★★☆☆

De Spike Lee

L’essentiel
D’une histoire 70’s à dormir debout – un flic noir infiltré dans les rangs du Ku Klux Klan ! – Spike Lee tire un thriller carburant (un peu trop) aux ruptures de ton.

BlacKkKlansman raconte l’histoire incroyable mais vraie d’un flic noir du Colorado qui avait réussi à infiltrer les rangs du Ku Klux Klan à la fin des années 70. Ron Stallworth (John David Washington, fils de Denzel) opérait par téléphone et envoyait un de ses collègues blancs (Adam Driver) le « représenter » quand il s’agissait de rencontrer les membres du Klan en chair et os. Ça paraît totalement invraisemblable et, de fait, Spike Lee n’arrive jamais totalement à nous faire croire que ce qu’on voit sur l’écran est réellement arrivé.

Frédéric Foubert

Lire la critique en intégralité

PREMIÈRE A ADORÉ

LES VIEUX FOURNEAUX ★★★☆☆

De Christophe Duthuron

Ca ne commence pas très bien. Pierre Richard essaye de saboter une agence bancaire avec un guetteur en déambulateur, puis va récupérer Eddy Mitchell à la sortie de la maison de retraite Meuricy (entendre « meurs ici », lol). L’esprit gaguesque de la BD d’origine, porté par des dialogues “à la Audiard”, est certes respecté mais le passage des cases aux plans et des bulles aux punchlines fait comme souvent craindre le pire en matière d’incarnation.

Christophe Narbonne

 

Lire la critique en intégralité

SILENT VOICE ★★★☆☆ 
De Naoko Yamada

Handicap, harcèlement scolaire et rédemption sont au programme de cette remarquable adaptation d’un manga en 7 tomes, énorme succès d’édition au Japon. L’histoire de la relation mouvementée entre Nishimiya, jeune élève douce et attentionnée et Ishida, camarade de classe cossard qui a décidé d’en faire sa souffre-douleur en se moquant de façon humiliante de sa surdité avant que ses camarades ne le mettent à son, tour à l’écart. Un épisode qui va le hanter longtemps avant que des années plus tard il décide d’apprendre la langue des signes et de partir à sa recherche. La grande qualité de Silent voice tient dans sa capacité à vous maintenir sous tension sans jamais forcer le trait. Tension violente, amicale, amoureuse… tout est ici mêlé sans verser dans la facilité du film à thèse. Car résumer Silent voice à un simple plaidoyer anti-harcèlement serait réducteur : il développe avant tout brillamment une intrigue romanesque à souhait autour de ses causes, conséquences et multiples dégâts collatéraux pour les personnes concernées et leur entourage. Et ce avec une finesse dans le trait des dessins et plus largement un sentiment de douceur qui renforce évidemment cette sensation de violence morale, lui permettant ainsi de traiter son sujet sans jamais être scolaire ni hésiter à flirter allègrement et joliment avec le mélo. Comme une explosion de ces émotions fortes longtemps tues tant chez la victime qui a dû se construire malgré ce harcèlement que chez un bourreau en quête de rédemption, de pardon et d’amour.

Thierry Cheze

LA BELLE ★★★☆☆

D’Arunas Zebriunas

Chaque année, l’été, sort en salles une pépite oubliée, un trésor caché du septième art que les cinéphiles découvrent fébrilement. C’est le cas de cette Belle, inédit en France, illustration par l’excellence de ce qu’ont pu produire les pays de l’est dans les années 60 -c’est un film lituanien, il pourrait être tchèque ou polonais. La Belle du titre, surnommée ainsi par ses amis, est une adorable fillette qui va perdre son insouciance au contact d’un nouveau garçon chagrin (il la trouve laide) et de la mélancolie de sa mère seule. Peu de dialogues, beaucoup d’errance, de plans volés dans la grande ville, de naturalisme poétique… L’influence de la Nouvelle Vague est manifeste dans ce film libre, à la matière décousue, qui dessine un généreux portrait de l’enfance sur lequel planent mystères, peurs et enchantements.

Christophe Narbonne

Retrouvez ces films près de chez vous grâce à Première Go

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

O GRANDE CIRCO MÍSTICO ★★☆☆☆

De Carlos Diegues

Héraut du Cinéma Novo, Carlos Diegues revient douze ans après son dernier long, Le Plus Grand Amour du Monde. Adapté d’un poème de Jorge de Lima, O Grande Circo Mistico raconte cent ans de la vie d’un cirque brésilien, à travers les portraits de plusieurs générations d’artistes. On pense bien sûr au réalisme magique et au Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez, pour les visions baroques, la folie douce, l’ambition totalisante. Mais les personnages peinent à exister et à vibrer pleinement dans ce kaléidoscope finalement un peu trop sage, moins grisant qu’espéré, et qu’on finit par regarder comme on feuilletterait un joli livre d’images.

Frédéric Foubert

EN EAUX TROUBLES ★★☆☆☆

De Jon Turteltaub

Voilà un film qui est beaucoup moins bête qu'il n'en a l'air : du point de vue des producteurs, ce n'est pas idiot de penser qu'en plein été le public (surtout asiatique vu le nombre de stars orientales et de placements de produits éhontés) apprécierait beaucoup d'aller voir Jason Statham affronter un requin préhistorique de vingt mètres de long surgi du fond des flots et avide de chair fraîche. La grande surprise du film -par ailleurs agréablement prévisible et rafraîchissant en tant que divertissement estival aquatique- réside justement dans Jason Statham, qui joue un sauveteur en mer charmant, altruiste, poli et séducteur de femmes (mais dans le respect). Et pas du tout un casseur de gueules (même de requin) bourrin, mal rasé et malpoli. Sur l'échelle de l'évolution stathamienne, En eaux troubles représente un sacré bond en avant.

Sylvestre Picard

CANIBA ★★☆☆☆

De Verena Paravel et Lucien Castaing-Taylor

Anthropologues, auteurs du remarqué Leviathan (pas le Zvyagintsev, mais un documentaire incroyable sur un chalutier), Paravel et Castaing-Taylor s’intéressent à Issei Sagawa,, sexagénaire grabataire qui défraya la chronique en 1981 en dévorant une étudiante néerlandaise en France. Il est aujourd’hui soigné à domicile par son frère -l’autre personnage du doc. Cadré en très gros plan, façon installation arty, Sagawa se raconte un peu, l’oeil absent et la voix traînante. Son frère le titille sur son cannibalisme avant qu’on découvre que celui-ci est masochiste et qu’il suce son sang après s’être tailladé le bras ! Horrible fratrie que des archives montrent complices et rieurs sans qu’on comprenne vraiment l’origine du mal qui les lie. C’est la faiblesse et la force d’un film, un peu trop complaisant, qui n’apporte aucune réponse toute faite.

Christophe Narbonne

PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

LUKAS ★☆☆☆☆

De Julien Leclercq

Licencié pour bagarre, un videur de boîte de nuit sur le retour trouve un nouveau job dans une boîte de strip-tease bruxelloise tenue par la mafia et devient indic malgré lui. Rien à dire sur la performance de Jean-Claude Van Damme, dans sa veine JCVD, évidemment bouleversant de crédibilité dans la peau du videur ; c'est le reste du film qui pose problème. Lukas est un polar à twists particulièrement mal écrit, aux dialogues souvent consternants et à la mise en scène clinquante (l'attaque de la maison en plan-séquence brille par son inutilité). Le précédent film de Julien Leclerc, Braqueurs, était beaucoup plus efficace car dégraissé jusqu'à l'humilité. Là, on ne joue plus.

Sylvestre Picard

Et aussi
Alpha de Albert Hughes

Caniba de Verena Paravel

The last of us d’Ala Eddine Slim

Reprises

King : De Montgomery à Memphis de Sidney Lumet

Les Producteurs de Mel Brooks

A lire aussi sur Première