Benedict Cumberbatch : "Au départ, le studio voulait que je conserve mon accent anglais dans Doctor Strange"

Benedict Cumberbatch

Notre interview avec Sherlock Strange.

C'était le dimanche 24 juillet dernier, le dernier jour du Comic Con de San Diego : le dernier trailer de Doctor Strange venait de réjouir le public et Benedict Cumberbatch nous a passé un coup de fil de San Diego pour qu'on papote de son arrivée dans la grande super-famille Disney/Marvel.

Notre critique de Doctor Strange : de la routine à la démesure

Comment vous ressentez le fait de faire partie du Marvel Cinematic Universe ?
C'est un boulot extrêmement absorbant. Et impressionnant. Tu te retrouves à faire partie de quelque chose de plus grand que toi, quel que soit ton statut. Ca t'enseigne l'humilité.

Que vous soyez en Sherlock ou en Doctor Strange, il y a toujours une certaine étrangeté dans votre jeu...
Je vous arrête : Sherlock est complètement bizarre, mais Strange est tout à fait normal. C'est justement l'histoire du film. Comment quelqu'un de tout à fait lambda croise le chemin de personnes complètement anormales et découvre un univers plus vaste.

Donc pour vous, vous jouez Strange comme une personne normale.
Je pense, oui. Enfin, normal comme peut l'être un chirurgien new-yorkais surdoué. C'est un homme du monde, il flirte, il sort dans des soirées chic. Son rapport au monde est complètement différent de celui de Sherlock mais ils partagent une arrogance du fait de leurs capacités. Et ils ont un certain sens de l'humour, aussi. Trouver le rapport au monde, c'est la clef du personnage. Comment il agit avec les autres. Sherlock c'est un reclus mais Strange est beaucoup plus ouvert. Il ressemble à Tony Stark dans le premier Iron Man. Il est de bonne compagnie. Pas du tout comme Sherlock. Et c'est ça qui est intéressant. Dans Shelrock la série commence avec Watson, puis se renforce avec leur relation... Bref, pour moi, il y a quelques points communs mais je ne joue pas Strange comme Sherlock. On ne m'a pas engagé pour ça.

Un autre aspect de votre jeu que je trouve fascinant c'est votre voix, aussi. Elle joue beaucoup dans votre séduction en tant qu'acteur...
C'est amusant parce que j'ai vraiment dû changer ma voix pour Doctor Strange. Radicalement.

C'est-à-dire ?
Je voulais le faire parler avec un accent new-yorkais. Très éduqué, un peu snob. New-yorkais. Pas d'accent bostonien, pas du Bronx, pas de Brooklyn... Une voix un peu forte, causasienne, avec les accents de quelqu'un issu d'une classe riche et supérieure... C'est dans les comics : Strange peut être arrogant et pompeux mais aussi terriblement brillant. Tu peux faire passer tellement de choses sur un personnage, juste en modulant exactement ta voix d'une certaine façon. Au départ, le studio voulait que je conserve mon accent anglais. J'ai dit non, car je voulais vraiment être fidèle aux comics. Je voulais absolument qu'il reste new-yorkais. C'est important. C'est une question de respect du personnage. Ca aurait été trop facile de parler comme je parle. Et puis, vous imaginez un type de New York parler avec l'accent londonien ?

J'imaginais surtout vous voir continuer après Star Trek Into Darkness à jouer les méchants à Hollywood. Les acteurs qui jouent Sherlock sont souvent des méchants de cinéma : Basil Rathbone, Peter Cushing... Vous vous voyez comme un méchant ?
Il y a quelque chose de dangereux et de mauvais dans Sherlock Holmes. Il est séduisant mais comme un prédateur, il n'est pas vraiment sensuel, il est tout en angles, très précis. C'est une hyperamplification du caractère anglais. (rires) Je plaisante mais pour moi Sherlock est la personnification de la langue anglaise, de sa précision, de son économie. La langue américaine est plus ronde, chaude, accueillante. C'est en fait très facile de passer d'un registre à un autre. Passer de la froideur de Sherlock à la chaleur de Strange. Mais c'est vrai que j'aurais pu me cantonner à jouer le méchant Anglais de service, comme le type dans Deadpool (NDLR : Ed Skrein), que j'ai bien aimé, d'ailleurs.

En parlant de casting des acteurs anglais, on peut lire que le Brexit va affecter à la fois la présence anglaise à Hollywood et le tournage des blockbusters américains en Angleterre... Vous pensez que c'est le cas ?
Je ne suis pas familier avec ces théories, ni avec l'économie. J'ai dit publiquement que j'étais pour le remain, et je supporte l'industrie cinématographique anglaise. Mais bon, nous avons toujours le tournage des films Star Wars chez nous, pas vrai ? Mais si on pouvait revenir à Doctor Strange...

Justement, il paraît que vous avez pris une année sabbatique dans un monastère tibétain après le lycée. En fait Doctor Strange c'est votre histoire ?
Effectivement, j'ai passé un an à enseigner l'anglais auprès des moines du monastère. Mais ça n'a pas du tout affecté ma préparation pour le film. Navré de vous décevoir. (rires) Par contre, mon année sabbatique a complètement changé ma vie en tant que personne, ça m'a ouvert l'esprit. Je m'en suis rappelé quand on a tourné à Katmandou. Je suis en quelque sorte revenu là où ma vie avait changé. La clef du film, c'est cette expérience-là. L'expérience mystique.

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