Ben Young : le réalisateur de Love Hunters parle de Joy Division, de ralentis et d'horreur

Love Hunters

"La musique a représenté 20% du budget de Love Hunters..."

Sorti mercredi dernier, Love Hunters est un premier film réussi du réalisateur Ben Young : alors qu'il tourne déjà en Serbie Extinction, son prochain film (une invasion alien en huis clos avec Lizzy Caplan, Michael Peña et Emma Booth, sa star de Love Hunters), nous avons parlé au téléphone avec un jeune réalisateur qui a du style et des idées.

Critique : Love Hunters, étouffant huis clos au ralenti

D'où vient Love Hunters ?
Je voulais faire un thriller depuis le début. Ma mère écrit des livres sur des affaires criminelles. Son travail m'a inspiré, notamment un livre qu'elle lisait sur une femme qui avait commis des crimes. De là je suis parti sur les affaires de couples criminels. Cette idée permettait de jouer sur les relations entre les êtres, ce qui est le sujet central du film.

Stephen Curry, qui joue le tueur, est un grand acteur comique. Pourquoi l'avoir engagé ?
La directrice de casting a fait une liste des "suspects habituels" en Australie, mais elle a ajouté Curry. Je me suis dit "oh, c'est intéressant". Curry est tellement connu chez nous, et il a un fort capital sympathie. N'importe qui monterait en voiture avec lui. Je n'imaginais jamais que le film serait diffusé au-delà de l'Australie.

Vous utilisez beaucoup de ralentis. Pourquoi ?
Le ralenti permet de voir le monde différemment. Et je voulais montrer les banlieues pavillionnaires ("suburbia") à travers les yeux du couple de tueurs en chasse. Le reste du temps, on est du point de vue de Vicki, la victime. On a tourné avec des caméras numériques à très grande résolution, les Phantom Flex. Pour les travellings en voiture, on devait rouler hyper vite pour tourner les scènes et les ralentir ensuite : on faisait du 70 kilomètres/heure en ville pour cinq secondes de film...

Vous êtes très économe sur l'horreur, également.
Je ne voulais pas montrer l'horreur frontalement. Je suis souvent déçu par les thrillers parce qu'ils ne sont pas thrilling. Ils ne montrent pas l'horreur. Les personnages ne sont pas intéressants. Le Silence des agneaux et Seven sont des films exemplaires à ce niveau. On les oublie trop souvent. Je ne voulais pas faire un film où on montre des actes horribles mais sur les relations entre ceux qui les commettent. Prisoners et Winter's Bone sont les deux films récents qui m'ont le plus influencé...

C'est amusant parce que ce sont deux films très froids, très pluvieux, alors que le vôtre est très ensoleillé...
Vous avez raison, on a trop de soleil en Australie. Love Hunters est un film contre le soleil (rires). Mais je ne voulais pas non plus un film gris et pluvieux. Après, c'est le climat de notre pays, on n'a pas trop le choix.

Le film est situé dans les années 80. C'est pour le côté nostalgique cool ?
Non. Je n'avais pas beaucoup d'argent pour tourner, et Perth est une ville qui a été construite dans les années 80 et qui n'a pas bougé. Ca permettait de donner une esthétique marquée au film sans dépenser beaucoup. Les costumes ont été faciles à trouver. Ca me permettait aussi d'utiliser les musiques que j'aimais. Aussi, pour être honnête, ça aurait été difficile de faire ce film aujourd'hui avec les téléphones portables et les réseaux sociaux.Le script serait devenu trop complexe.

En parlant de musique, vous utilisez à des moments-clefs "Lady d'Arbanville" de Cat Stevens et "Atmosphere" de Joy Division...
J'ai choisi la musique que j'aimais. Au montage, j'ai utilisé plein de musiques différentes et après on a écrémé, j'ai choisi les plus importantes et on acheté les droits. "Atmosphere", qui illustre la fin du film, est particlièrement chère à mes yeux : je l'écoutais tous les matins pour aller au boulot et je construisais mentalement le montage de la scène de fin. Je voyais littéralement la fin apparaître devant mes yeux avec la musique de Joy Division à fond. Pendant qu'on a tourné la scène, on a passé la chanson sur des hauts-parleurs pour mettre les acteurs en condition. Mais sachez que le budget des chansons a représenté 20% du total du film. C'est la musique la vraie star du film.

Bande-annonce de Love Hunters, actuellement en salles :

 

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