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Rencontre avec l'acteur à l'affiche du nouveau film du scénariste de Sicario.

Fraîchement débarqué de New York où il joue Un tramway nommé désir sur scène, Ben Foster a passé quelques heures à Cannes pour la promotion de Comancheria, le nouveau film de David Mackenzie écrit par le scénariste de Sicario, avant de repartir pour remonter sur scène. Rencontre express.

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Comment êtes-vous tombé sur le script de Taylor Sheridan (l'auteur de Sicario) ?
On m'a dit: "tu dois lire ce script aujourd'hui." Il faisait partie de la liste noire des scripts très chauds, et le rôle était spécial. Il fallait le lire tout de suite, sinon il me passait sous le nez. A ce moment, j'avais déjà annoncé que j'allais prendre des vacances après un an et demi de travail ininterrompu. Mon cerveau avait besoin d'une pause. Quand j'ai eu fini de lire le script, je l'ai jeté par terre en jurant. C'était le meilleur que j'avais jamais lu. Les vacances étaient foutues ! J'ai appelé pour que ça se fasse. C'est un de ces rares scripts où tout est clair et limpide. Je pouvais voir le personnage, je savais à quoi il ressemblait, jusque dans sa façon de parler. Je le sentais déjà dans la moëlle de mes os.

Vous connaissiez Sheridan ?
J'avais entendu parler de lui à cause de Sicario, mais je n'avais pas vu le film encore. Une fois que j'ai été engagé sur Comancheria, je lui ai parlé au téléphone, il est passé nous rendre visite à Albuquerque plusieurs fois. Il nous a tous éclairés sur les origines de l'histoire. C'est un excellent conteur aussi bien par écrit que par oral. Il a une oreille incroyable et il a mis beaucoup de lui-même dans le script. Il est vraiment le troisième frère de l'histoire. Dans la vie, il est rapide, articulé, perspicace, sensible, vigoureux, dangereux, complexe, sans compter qu'il est un compagnon idéal pour boire des bières. On s'est beaucoup amusés ensemble.

Les dialogues sont parfaits. Vous avez changé quelque chose?
Je dirais que le seul problème, c'est qu'il y en avait trop pour un seul film. David met en scène de façon très ouverte et intuitive, mais il a dû faire beaucoup de sacrifices pour garder le muscle de l'histoire, maintenir le sens de l'immobilité et de l'espace, ressentir le paysage sans ralentir l'élan. Donc nous avons élagué. Il est possible que Taylor recycle certaines scènes coupées dans d'autres films. C'est un brillant scénariste et j'attends avec impatience de le voir passer à la réalisation.

Le fait que David Mackenzie soit d'origine britannique a-t-il eu une incidence sur sa façon de mettre en scène cette histoire très américaine ?
J'ai vu Les poings contre les murs et j'ai été étonné par sa capacité à exprimer l'amour au masculin à travers cette relation père/fils pleine de non-dits dans un univers très violent. Peu importe la nationalité, il faut avoir du coeur aussi bien que des couilles pour explorer ces thèmes. La première fois que je lui ai parlé, c'était au téléphone par satellite. Il était en plein milieu d'un voyage en mer pour six semaines, et il essuyait une tempête à ce moment. C'est un aventurier. J'étais rassuré à l'idée de travailler avec quelqu'un comme lui qui n'a pas peur de se salir les mains.

Etait-il convenu au départ que votre rôle serait celui du frère turbulent ?
Oui. Chris était déjà attaché au rôle de l'autre frère. On venait de tourner un film ensemble (The finest hours) et on s'était bien entendus. Alors j'ai bien aimé la perspective de jouer des frères dans le désert, d'autant que c'est un environnement qui m'attire naturellement. Une fois par an, j'essaie de faire un voyage en voiture, de préférence dans le sud ouest, où j'ai des amis. C'est une bonne thérapie.

Comancheria avec Jeff Bridges, Chris Pine et Ben Foster est présenté à Un Certain regard à Cannes. Il n'a pas encore de date de sortie française.