Battle of the sexes : jeu, set et macho (critique)

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Onze ans après Little Miss Sunshine, Dayton et Faris s’attaquent à un sujet sérieux : la cause féministe dans l’arène macho du tennis 70s. 

Un duel grand-guignolesque opposant une femme très pro à un vieux misogyne drogué aux médias, ça ne vous rappelle rien ? Si le spectre des dernières élections américaines flotte sur Battle of the sexes, le film nous parachute en 1973, sur un court de tennis : féministe engagée, la championne Billie Jean King répond favorablement au défi lancé par Bobby Riggs, ancienne gloire qui prétend pouvoir battre n'importe quelle joueuse malgré ses 55 ans. A défaut d’audace formelle, ce plaisant biopic sportif assure la mise en fond de court : teintes orangées en 35 mm et soyeuse B.O. vintage pour le mood seventies, va-et-vient narratif entre les backgrounds sentimentaux des deux rivaux (l’une se découvre lesbienne, l’autre voit son mariage menacé par ses paris compulsifs) pour faire monter la mayonnaise dramaturgique, et bien sûr, performance du duo d’acteurs au diapason. Ça tombe bien, nos deux stars assurent joliment le show sous leurs postiches. Face à une touchante Emma Stone, déglamourisée avec lunettes et épaules ramassées, Steve Carrell arbore joggings ridicules et dents en vrac. Sans manichéisme, le tandem de cinéastes présente moins le « méchant » Riggs comme un indéfectible macho, que comme l'idiot utile du féminisme. Un clown assez pathétique, donc, éternel enfant mégalo (Carrell rappelle son rôle dans Foxcatcher, le malaise en moins) dont le moteur principal n'est jamais vraiment la fameuse "bataille de sexes", mais le frisson du jeu, qui le maintient en vie et le détruit. 


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