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En couleurs ou en noir et blanc, américain ou japonais… mais toujours géant.

A l’occasion de la sortie de Kong : Skull Island, on revisite l’histoire de l’un des mythes les plus endurants (et poilus) du septième art.

King Kong (Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper, 1933)

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C’est ici que tout commence. Avec l’un des plus beaux films des années 30. L’un des plus beaux films de l’histoire du cinéma tout court. Un déchaînement de visions fantastiques, d’imaginaire érotique et de mythologie venue de la nuit des temps. Un pur réservoir à fantasmes et à fiction, qui continue de bouleverser plus de 80 ans après – il y a quelques semaine à peine, Juan Antonio Bayona le citait d’ailleurs en ouverture de son superbe Quelques minutes après minuit. Intemporel, inoubliable, inépuisable.

Le Fils de Kong (Ernest B. Schoedsack, 1933)

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On reproche au Hollywood d’aujourd’hui d’être obsédé par les reboots et les sequels à gogo, mais l’opportunisme commercial se portait déjà bien en 1933. Six mois à peine après le triomphe de King Kong, Ernest B. Schoedsack exploite le filon avec ce Fils de Kong totalement décomplexé et franchement plus cheap que l’original. Dans la foulée, Kong aura droit à tout un tas de copies plus ou moins officielles au fil des décennies. Et en 1949, Cooper et Schoedsack eux-mêmes se livreront à l’exercice du pastiche avec Monsieur Joe, nouvelle histoire de singe géant devenu bête de foire.

King Kong contre Godzilla (Inoshiro Honda, 1962)

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La Toho rachète les droits de Kong à la RKO et le fait affronter l’adversaire le plus impressionnant du bestiaire nippon. Un duel au sommet, logé quelque part dans l’inconscient pop entre le match Ali contre Foreman, Batman v. Superman et la guerre Tupac / Biggie. Immense succès au Japon à l’époque (11 millions de spectateurs), qui engendrera une suite en 1967 (La Revanche de King Kong, toujours signée Inoshiro Honda) et reste un fantasme de cinéma toujours vivace : le Kong de Skull Island est censé affronter le Godzilla récemment rebooté par Gareth Edwards aux alentours de 2019.

King Kong (John Guillermin, 1976)

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En pleine vogue du film catastrophe et alors que le blockbuster moderne prend son essor, Dino De Laurentiis confie à John “La Tour infernale” Guillermin le soin de moderniser le mythe. Les seventies remplacent les années 30, le World Trade Center l’Empire Stade Building, et le héros a désormais une tête de gentil hippie jointé (c’est Jeff Bridges). Le film est sympa, sans plus, mais traumatisera néanmoins une génération d’ados affolés par le sexytude bombastique de Jessica Lange. Donnera également lieu à une suite nanardesque dix ans plus tard, King Kong 2, affublée d’un slogan redoutable : “Il revient et il n’est pas content.”

King Kong (Peter Jackson, 2005)

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Le roi Kong retrouve ses lettres de noblesse avec cet hommage au film originel, orchestré par un Peter Jackson déchaîné par le triomphe du Seigneur des Anneaux et désormais épris de gigantisme. Sans doute un peu trop respectueux de l’original pour émouvoir totalement, mais l’écrin est suffisamment monumental pour justifier le réveil de la bête. Le film remporta trois Oscars, dont celui des meilleurs effets spéciaux, “vengeant” ainsi rétrospectivement le film de 1933 – à l’époque, David O. Selznick souhaitait que le film de Shoedsack et Cooper remporte un prix pour ses trucages, mais l’Oscar en question n’existait pas encore (il ne fut créé qu’en 1938) et l’Académie refusa.

Kong : Skull Island (Jordan Vogt-Roberts, 2017)

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Peter Jackson replongeait King Kong dans les années 30, Jordan Vogt-Roberts braque lui le compteur sur les seventies, et n’imagine pas tant une relecture du mythe qu’un spin-off d’Apocalypse Now avec un singe géant ! Faisant ainsi le lien entre l’escapism triomphant des années 2010 et les origines foraines du cinéma. King Kong forever.

 

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