Au revoir là-haut, Logan Lucky, Thor Ragnarok : les films au cinéma cette semaine

Guide du 25 octobre

Ce qu'il faut voir cette semaine. 

L’ÉVÉNEMENT

AU REVOIR LÀ-HAUT ★★★★☆
De Albert Dupontel 

L’essentiel

18 ans après Le Créateur, Albert Dupontel tient enfin son grand film, celui qui concilie ses obsessions d’artiste et ses ambitions de cinéaste.

Lorsqu’il réalise le corrosif Bernie en 1996, Albert Dupontel, clown destructeur, a pour objectif de secouer le léthargique cinéma français dans la foulée de Mathieu Kassovitz et Jeunet & Caro, ses frères en pyromanie. Largement influencé par la bande-dessinée et les Monty Python (dont il contribuera au revival, en faisant apparaître les deux Terry dans ses films), Dupontel enchaînera avec Le Créateur, comédie existentielle follement gilliamesque, censée le faire entrer dans la cour des grands. L’échec cruel qui s’ensuivra le laissera exsangue, jusqu’à son retour fracassant sept ans plus tard avec Enfermés dehors, première pierre d’un nouvel édifice comique moins radical que Bernie mais toujours aussi singulier et porté par une envie de cinéma inaltérable.
Christophe Narbonne

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PREMIÈRE A PLUTÔT AIMÉ

LOGAN LUCKY ★★★☆☆
De Steven Soderbergh

C’est un film de casse avec bande-son électro chic signée David Holmes, intrigue alambiquée, clins d’œil complices et méta au spectateur, insouciance revendiquée… Trois adorables losers (Channing Tatum, Adam Driver, Riley Keough) et un dynamiteur de coffres-forts peroxydé (Daniel Craig) veulent y braquer un circuit de Nascar pendant la plus grosse course de l’année. Ocean’s Eleven à la campagne ? Exactement. C’est l’idée. Pourtant, malgré le sentiment de déjà vu, Soderbergh filme ici certaines scènes avec l’énergie d’un affamé.
Frederic Foubert

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THOR : RAGNAROK ★★★☆☆
De Taika Waititi

Taika Waititi, révélé par d’excellentes comédies, notamment son faux documentaire Vampires en toute intimité, a été choisi pour boucler la trilogie du plus mal aimé des Avengers. (…) Le réalisateur réussit sans mal à offrir à Thor son meilleur film en misant tout sur l’humour. Thor 3 est fun. Les scénaristes piochent dans les opus précédents de leur Marvel Cinematic Universe, d’Iron Man aux Gardiens de la Galaxie en passant par Doctor Strange, pour lui offrir un ton plus léger. Cela marche d’autant plus que des séquences entières sont construites dans le seul but de faire rire. (…) Une fois l’euphorie passée, se pose la question du fond. Et c’est là que Thor Ragnarok vacille. Le film est aussi drôle qu’il est creux. A force d’enchaîner les blagues, l’intrigue brise un à un tous les enjeux dramatiques. (…) Le blockbuster fonctionne en tant que pure comédie, marche bien quand il référence Avengers, mais ne colle jamais à la mythologie de Thor.
Élodie Bardinet

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BROOKLYN YIDDISH ★★★☆☆
De Joshua Z Weinstein

Comment être soi dans un environnement qui pousse à l’oubli de soi ? C’est l’enjeu de cette première fiction de Joshua Z Weinstein, issu du documentaire. La formation du réalisateur l’a poussé à prendre un non-acteur qui joue son propre rôle, celui d’un épicier veuf vivant à Borough Park, quartier juif ultra-orthodoxe de Brooklyn. Selon les règles de cette communauté, Menashé ne peut avoir la garde de son fils (confié à son oncle et à sa tante) tant qu’il n’a pas repris femme. Il s’y refuse et tente de convaincre les autorités religieuses compétentes de sa capacité à concilier travail, religion et éducation. “Le Talmud dit que l’homme a besoin de trois choses pour s’épanouir : une belle femme, une belle maison, de la belle vaisselle”. Cette phrase prononcée par son rabbin devant Menashé, dépourvu de tout, indique le ton de Brooklyn Yiddish, entre austérité et ironie. La tendresse n’est pas exclue comme en témoigne l’amour inconditionnel que porte Menashé à son fils et qui fournit les scènes les plus touchantes du film.
Christophe Narbonne

CORPS ET ÂME ★★★☆☆
De Ildiko Bansagi

En 1989, Ildiko Enyedi obtenait la Caméra d’Or à Cannes pour son premier film, Mon XXE siècle, un poème cinématographique atypique, avant de disparaître progressivement de la circulation. La revoici avec un objet moins intrigant où la rêverie est néanmoins toujours prégnante. Une jeune femme et un homme mûr travaillant dans un abattoir se rendent compte qu’ils font tous deux le même rêve, celui d’un cerf et d’une biche se tournant autour dans la forêt, près d’un point d’eau. Dévorée par les TOC, Maria est incapable d’exprimer ses sentiments tandis qu’Endre souffre de solitude. Parviendront-ils à transformer leur rêve en réalité ? Il ne faut pas chercher à rationaliser cette fable amoureuse, belle métaphore de l’incommunicabilité. Le mélange des genres et des formes (entre les images fantasmagoriques et le récit amoureux s’intercalent des séquences gerbantes d’abattage et d’intrigues en milieu professionnel) provoque des ruptures de ton déroutantes qui achèvent de rendre Corps et Âme assez fascinant.
Christophe Narbonne

LEÇON DE CLASSES ★★★☆☆
De Jan Herbejk

1983, à Bratislava. Membre du PC, l’inflexible professeure Maria Drazdechova fait régner la terreur au sein de sa classe. Elle va jusqu’à manipuler les parents des collégiens pour obtenir toutes sortes de faveurs en échange de bonnes notes… À l’instar de La vie des autres, Leçon de classes projette sur l’ex bloc de l’est un éclairage édifiant. Aveuglement, paranoïa, zèle, collusion sont au menu de ce film à la construction habile au centre de laquelle prend place une réunion de parents d’élèves devant déterminer si, oui ou non, il faut blâmer l’enseignante aux méthodes iniques. Des flashbacks alimentent la réflexion du réalisateur sur la responsabilité collective de ces parents et, au-delà, d’un pays tout entier. Bien fait, bien joué, un peu trop carré, Leçon de classes est moins une leçon de cinéma qu’une leçon de civisme.
Christophe Narbonne

SANS ADIEU ★★★☆☆
De Christophe Agou

Sans Adieu est un documentaire de Christophe Agou qui s’intéresse à la vie de Claudette et des fermiers de la région du Forez, luttant contre le système dans le but de préserver leurs biens et leurs terres. Le réalisateur filme ces personnes incomprises avec intelligence, à travers des plans rapprochés des mains et des visages épuisés par ce combat, et une bande-son qui amplifie leur détresse. Décédé d’un cancer en 2015, Christophe Agou réussit, après avoir monté une première version, à dénoncer la misère de ces paysans isolés et l’évolution d’un monde obsédé par la modernité. 
Maxime Kasparian

DES BOBINES ET DES HOMMES ★★★☆☆
De Charlotte Pouch

Une usine textile est au bord de la fermeture et la documentariste Charlotte Pouch interroge les ouvriers. Un documentaire joli et pertinent, tourné avec un vrai point de vue de cinéma (on est dans le sillage de La Fille du patron d'Olivier Loustau : c'est l'usine où le film a été tourné, et ses ouvriers y sont figurants et assistent à la projection du film à la fin), qui regarde avec objectivité les conséquences de la mondialisation.
Sylvestre Picard

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

POUR LE RÉCONFORT ★★☆☆☆
De Vincent Macaigne

Quiconque connaît les spectacles hystérico-bordéliques de Vincent Macaigne sera en terrain connu devant le premier long métrage de l’intéressé, chronique d’un retour sur leurs terres natales d’un frère et de sa sœur “bien nés” qui retrouvent leurs amis d’enfance, ravagés par l’aigreur et la rancune. Le format de l’image est carré comme pour mieux emprisonner les personnages dans leurs névroses et souligner l’origine théâtrale du projet, lointaine adaptation de La Cerisaie de Tchekhov. On s’engueule fort lors de longs plans séquences fixes qui évoquent la lutte des classes de façon ambiguë puisque le prolo rêve de s’élever socialement en rachetant et en lotissant les terres de l’aristo, garant d’un certain art de vivre français. Macaigne renvoie dos à dos les gagne-petit médiocres et les nantis suffisants, les écolos idéalistes et les bâtisseurs cyniques. C’est un film à rebrousse-poil, mal embouché et malpoli, qui irrite plus qu’il ne convainc à cause de sa noirceur irrémédiable, de son hystérie congénitale et de son interprétation flottante –et en dépit de sa sincérité.
Christophe Narbonne

PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

TON CŒUR EST PLUS NOIR QUE LA NUIT ★☆☆☆☆
De François Zabaleta

Sur le papier, c'est passionnant : après une expérience de mort imminente suite à un accident de voiture, un sociologue demande à son beau-frère monteur vidéo de le filmer dans sa quête de la vie au-delà de la mort, et de sa vie antérieure. Le problème, c'est que ce documentaire est écrasé par sa forme d'une préciosité hyperlittéraire et filandreuse (citations, chapitrages, voix off qui efface toute prise de son direct, longs plans poétiques autoproclamés), qui ne laisse en fin de compte planer plus aucun mystère.
Sylvestre Picard

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