Au revoir là-haut : "Il fallait surtout que ce soit beau"

Au revoir là-haut

À l’occasion de la sortie du Dupontel, nous avons rencontré la créatrice des masques inquiétants du film.

Issue du théâtre et de l’opéra pour lesquels elle travaille depuis une trentaine d’années, Cécile Kretschmar a fait une exception en acceptant d’imaginer les masques d’Au revoir là-haut –principalement ceux portés par Edouard, le héros à la “gueule cassée” de l’histoire- récit d’une arnaque doublé d’un portrait de marginaux dans l’entre-deux-guerres. Ces créations baroques participent activement de l’ambiance partiellement fantastique du film. Une sacrée expérience qui a marqué cette artiste exigeante. Rencontre.

Pourquoi Albert Dupontel a-t-il fait appel à vous ?
Par hasard ! Albert a eu mes coordonnées par la costumière, Mimi Lempicka. Je lui ai envoyé des photos de mon travail, notamment d’un masque de cheval que j’avais créé pour l’Opéra de Nancy. Je crois que ça a été le déclic. Mon envie et ma ténacité lui ont plu aussi.

Comment votre collaboration s’est-elle établie ?
J’ai préparé des maquettes, cherché des images… À chaque rendez-vous, Albert voyait que j’avançais et que j’apportais de nouvelles propositions. Il s’est demandé à un moment donné si le personnage d’Edouard devait porter un masque ou plusieurs. J’ai évidemment milité pour en faire plein, donc j’ai multiplié les directions ! (rire)

Quelles étaient les directives d’Albert ? Que recherchait-il et que ne voulait-il pas ?
Pour Albert, les masques devaient refléter à la fois l’esprit de l’époque et les états d’âme du personnage. Il faut savoir que, contrairement à ce qui se passe dans le livre, Edouard ne parle pratiquement pas à l’écran. Les masques sont sa seule source d’expression. Quand je m’amusais à proposer des choses rigolotes, désinvoltes, Albert me recadrait aussitôt. Il ne voulait pas aller dans la noirceur, très en vogue dans les arts plastiques de l’époque, je pense à l’expressionnisme allemand, à Otto Dix, etc. Il fallait surtout que ce soit beau. L’idée était qu’Edouard s’entoure de beauté, par contraste au malheur qu’il porte en lui.

 

On pense beaucoup aux cubistes et à leur fascination pour les masques africains.
Vous êtes en plein dedans ! Le cubisme a été une grande source d’inspiration. Pour la fin du film, j’avais prévu des masques bizarroïdes, déconstruits, de plus en plus abstraits qui traduisaient le malaise grandissant d’Edouard. Albert ne les a cependant pas gardés au montage. Les masques étaient moins en cause que les séquences concernées.

Quelle matière avez-vous utilisé ?
Du papier mâché, comme dans le livre. C’est la première fois que je modelais cette matière. La difficulté tient dans le temps de séchage, qui est long et qui peut provoquer des rétractations du papier. La production a donc accepté que je commence à travailler bien en amont du tournage, sachant que chaque masque devait sécher quatre jours. L’idée derrière tout çà était qu’Edouard - supposé avoir fait les Beaux-Arts avant-guerre- devait être capable de créer les masques tout seul.

Au final, combien de masques avez-vous créé et combien sont dans le film ?
Il me semble qu’on en a fabriqué 38 en tout avant le tournage. Entre les différents masques d’Edouard, les têtes représentant la guerre et la scène de la fête, je dirais qu’on en a gardé une bonne vingtaine pour le film.

Avec Au revoir là-haut, Albert Dupontel tient enfin son grand film


PROCHAINEMENT AU CINÉMA

Premiere en continu

Le guide des sorties

Nos top du moment

Actuellement en kiosque

Nos dossiers du moment

Bandes-annonces

le bonhomme de neige
La Promesse
Plonger