Arrête-moi si tu peux
UIP

Depuis, le réalisateur a remis ça avec Aviator ou Ready Player One.

Il y a quelques mois, notre critique de Ready Player One insistait sur le fait que Steven Spielberg transformait cette histoire de geek en auto-portrait saisissant. Alors qu’Arrête-moi si tu peux est programmé ce soir sur C8, nous replongeons dans les archives de Première… pour découvrir qu’en 2003, déjà, le réalisateur profitait de l’histoire de Frank Abagnale Jr., joué par Leonardo DiCaprio, pour parler de lui-même.

Arrête-moi si tu peux : quand deux Français rendent hommage à Saul Bass

"Jamais le cinéaste n’avait eu l’occasion de s’identifier à ce point à un personnage comme Abagnale, illusionniste compulsif qui a cherché un exutoire à sa crise d’adolescence en racontant des histoires, écrivait Gérard Delorme. La plupart des caractéristiques déterminantes du parcours d’Abagnale trouvent un écho dans celui de Spielberg, depuis le goût de l’imposture (la première fois qu’il a visité un studio, Spielberg est entré par effraction en se faisant passer pour un producteur) jusqu’au don pour la mise en scène. On le sent particulièrement affecté par le traumatisme résultant du divorce de ses parents. Même la façon de traiter les années 60 est révélatrice : Spielberg les a traversées sans s’y impliquer, de même qu’Abagnale n’a fait que profiter de l’esprit d’innocence qui avait encore cours et permettait à un escroc de faire passer l’habit pour le moine. (…) Il y a une dimension rédemptrice dans ce film qui ressemble à une confession ("Je suis un escroc et j’aime ça") en même temps que son auteur demande pardon pour ses excès passés. On aurait du mal à ne pas lui accorder l’indulgence, comme on a du mal à résister aux escroqueries acrobatiques de Leo/Abagnale."

Bande-annonce d'Arrête-moi si tu peux, à revoir à 21h sur C8 :