Philippe Katerine dans Le Petit Spirou
La Belle Company / Apollo Films

Avec Eric et Ramzy, Dany Boon… l’acteur-chanteur enchaîne les rôles et est entré dans le monde des acteurs césarisés.

On le connaît surtout pour ses chansons décalées, pour lesquelles il fait figure d’ovni dans le paysage musical. Pour s’exprimer, Philippe Blanchard se cache sous le pseudo de Philippe Katerine, artiste déjanté qui ose chanter gros mots et textes insolites. C’est cet homme extravagant qui a aussi reçu un César du meilleur acteur dans un second rôle en 2019 pour Le Grand Bain. Philippe Katerine fait-il donc partie du cercle des acteurs de comédies françaises ?

Pour le savoir, il faut retourner aux origines. Musicales d’abord. Depuis 1992 et son premier album Les Mariages chinois et la Relecture, le chanteur expérimente. En musique, mais aussi dans la vie. Katerine est par exemple devenu projectionniste de cinéma rural itinérant. Il sort ensuite plusieurs disques, mais il doute de lui et de sa musique et admet même à l’époque que sa vie, c’est "23 ans d’échec". Il continue à composer, puis explose en 2005 avec son album Robots après tout, dont est extrait le titre qui a fait chanter toute une génération : "Louxor j’adore". De la même manière qu’il expérimente musicalement, Philippe Katerine va expérimenter à l’écran pour assouvir son autre passion : le cinéma.

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Il commence doucement mais sûrement en jouant dans Nom de code : Sacha en 2000, un court métrage de Thierry Jousse. Puis il se lance lui-même dans la réalisation d’un court (Un kilomètre à pied) et d’un long métrage (Peau de cochon). Les années 2010 marquent un tournant dans la jeune carrière d’acteur de Philippe Katerine. En jouant Boris Vian dans Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar, il se fait remarquer dans le milieu du cinéma. En 2011, il devient alors la tête d’affiche de Je suis un No Man’s Land, une comédie décalée de Thierry Jousse, où il joue un chanteur dont l’entourage va fortement lui compliquer la vie. La comédie à la française lui ouvre déjà les bras, mais cette fois plutôt dans des seconds rôles remarqués. Il devient le méchant de La Tour 2 contrôle infernale d’Eric Judor en 2016 en endossant le costume du colonel Colonel Janouniou, puis il rejoint Ramzy Bedia dans Hibou la même année. Il termine 2016 avec C’est quoi cette famille ?!, où il est l’un des parents d’une famille recomposée XXL à l’organisation compliquée.

Loin d’accepter tous les films, Philippe Katerine décide au coup de cœur. "Un film ça demande beaucoup d’énergie. Quand j’ai fini le scénario, il faut que je me dise : je ne peux pas ne pas le faire", a confié l’acteur-chanteur à France Bleu Loire-Atlantique. "Je choisis des rôles avec des choses que je n’ai jamais faites." Dans Le Grand Bain, il s’essaie alors à la natation synchronisée dans une équipe masculine composée de sept hommes qui cherchent à reprendre goût à la vie après des échecs ou des déceptions. Honnête et spontané, Philippe Katerine accompagne le succès du film (plus de 4 600 000 entrées en France) en s’attirant les félicitations pour son rôle de Thierry, le gardien de piscine. Jusqu’à la consécration. Pour ce rôle, Philippe Katerine reçoit le César 2019 du meilleur acteur dans un second rôle. “Bon… c’est n’importe quoi”, avait-il commenté à l’époque en recevant son prix. Même le César en main, le Philippe Blanchard peu sûr de lui faisait parfois son retour.

 

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Malgré son prix, l’acteur-chanteur reste fidèle à lui-même dans les films qui suivront en 2019. Dans Yves, il joue le manager d’un jeune rappeur devenu testeur de frigo connecté. Il retrouve Ramzy Bedia, Mathieu Amalric et son ex-compagne Jeanne Balibar en tant que préfet dans Merveilles à Montfermeil, où la municipalité met en œuvre une toute nouvelle politique assez déjantée. Dans Notre Dame, Katerine campe un premier adjoint à la mairie de Paris. Et il sera prochainement à l’affiche du Lion, avec Dany Boon, en tant que médecin d’un hôpital psychiatrique qui, pour retrouver sa fiancée qui a été enlevée, doit aider son patient, soit disant espion, à sortir.

Dans Le Lion, présenté hors compétition au Festival de l'Alpe d'Huez, Philippe Katerine devient un peu le Kad Merad qui accompagne Dany Boon et tente de le raisonner. Mais pour autant, ses co-stars de la comédie française, Philippe Katerine les fréquente déjà depuis un moment. Certes, le César pourrait bien lui offrir encore plus de rôles, d’une plus grande variété, mais Katerine semble continuer à vouloir faire ce qui lui plaît avant tout. "Dans un film, je veux avoir le moins de repères possibles", avait-il ajouté chez France Bleu. "Je ne connaissais pas du tout les films de Dany Boon, c’est ce qui m’a attiré." Déjanté, mais, finalement, assez sûr de ses choix, avec une vraie place dans le monde de la comédie.

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