Alien Covenant, I Am not your Negro, Problemos : les films au cinéma cette semaine

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Ce qu’il faut voir ou pas cette semaine.

L’ÉVENEMENT

ALIEN COVENANT ★★★★☆
De Ridley Scott

L’essentiel
En se connectant à Blade Runner autant qu’à Alien, Covenant recèle une puissante réflexion sur l’art.

"Donner la recette" : dans notre interview publiée dans le dernier numéro de Première, Ridley Scott était très clair. Alien : Covenant est là pour donner la recette, pour livrer les clefs d'une franchise à celles et ceux qui feront des films après lui (pas moins de quatre autres Alien, paraît-il). Comme si on ne finissait pas par la connaître par cœur, cette recette, à force qu'on nous la serve à toutes les sauces depuis 1979. Des astronautes, une planète hostile, une sale bête qui les bouffe, et le tour est joué (le rigolo Life, sorti il y a quinze jours, est le dernier clone en date). Alors ? Alors Alien : Covenant est effectivement un remake d'Alien : Le 8ème passager.
Sylvestre Picard

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PREMIÈRE A AIMÉ

I AM NOT YOUR NEGRO ★★★★☆
De Raoul Peck

La rage, la voix, la couleur. La rage, la voix, la couleur sont celles de James Baldwin, écrivain dont la lucidité ravageuse et la colère mélancolique ont éclairé le mouvement des droits civiques des années 60. Le film que lui consacre Raoul Peck est moins un documentaire sur la condition noire aux États-Unis–comme le formidable Le 13e d’Ava DuVernay–qu’un traité sur l’Amérique ségrégationniste emballé dans une mise en scène impressionniste.
Gaël Golhen

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PREMIÈRE A PLUTÔT AIMÉ

PROBLEMOS ★★★☆☆
D’Éric Judor

Il y a dans ce titre, Problemos, comme une sorte de je-m’en-foutisme, de côté bricolé qui définit assez bien le film, portrait d’une communauté zadiste établie en rase campagne et luttant contre la construction d’un parc aquatique. À l’image de ses protagonistes, fringués comme des sacs et le cheveu gras, la mise en scène ne témoigne d’aucun effort particulier : la photo et le découpage sont gentiment paresseux. Oui, mais il y a Judor.
Christophe Narbonne

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MESSAGE FROM THE KING ★★★☆☆
De Fabrice du Welz

Immédiatement après son superbe Alléluia, Fabrice Du Welz, le réalisateur de Calvaire et Vinyan, a enchaîné avec ce projet hollywoodien aux antipodes de tout ce qu’il avait fait auparavant. Le risque était comparable à un saut dans le vide, mais Du Welz, comme Nicolas Winding Refn, carbure au danger. C’est pourquoi il ne lui a pas fallu longtemps pour accepter de tout lâcher et d’aller tourner sans filet à Los Angeles, une ville où il n’avait jamais mis les pieds.
Gérard Delorme

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LITTLE BOY ★★★☆☆
D’Alejandro Monteverde

À première vue, cette fable semi-tragique en temps de guerre a tout du mélo mignon (oui, c’est péjoratif) pour faire pleurer dans les chaumières. Pepper, un enfant de petite taille (ce qui lui vaut des moqueries et un harcèlement de la part du méchant de l’école), ne se remet pas de la mobilisation de son père. Nous sommes en pleine Seconde Guerre mondiale et les Américains d’origine japonaise sont haïs par la population. Ça tombe mal : il y en a un dans le village portuaire de Pepper, qui va se rapprocher de lui au risque d’amplifier son isolement. Victimes de la discrimination, unissez-vous ! Tel pourrait être le message simpliste de cette chronique de la haine ordinaire qui adopte heureusement le point de vue, naïf, de l’enfant. Cette approche typiquement spielbergienne, dénuée de cynisme, nécessite une mise à niveau du spectateur qui ne doit pas craindre la voix off sirupeuse, les bonnes intentions affichées et les quelques manquements du script–la taille de l’enfant n’est jamais réellement un enjeu fort. Car les qualités sont là : la description sentie de l’american way of life (drapeau, église, cookies), l’astucieuse réflexion sur le pouvoir de la croyance (et au-delà, de la fiction) enclenchée par un prêtre plus psychologue que dogmatique, la justesse des symboles dans les rapports taiseux entre le Japonais et l'enfant, le réalisme fantastique qui affleure... Une mélancolie têtue finit par infuser ce Little Boy, servi par un casting très homogène. 
Christophe Narbonne

OUTSIDER ★★★☆☆
De Philippe Falardeau

L’Outsider du titre, c’est Chuck Wepner, alias le « Bayonne Bleeder », petit boxeur du New Jersey qui rencontra la gloire (éphémère) un soir de 1975, lorsqu’il réussit l’exploit de tenir 15 rounds d’affilée face à Mohammed Ali, avant de s’incliner par K.O. technique, et inspira dans la foulée à Sylvester Stallone l’histoire de Rocky. Un sympathique underdog soudain projeté sous les feux de la rampe, emblème du type qui gagne même quand il perd… Liev Schreiber, éternel second couteau du cinéma US, s’est identifié à lui au point de porter ce biopic à bout de bras, le produisant, collaborant au script, interprétant le rôle principal. Un autoportrait ? C’est une piste d’autant plus crédible que Naomi Watts (ex-madame Schreiber à la ville) joue ici le rôle de la serveuse au cœur d’or qui finira par remettre dans le droit chemin le fighter cramé par les excès. Habité par des mythologies beaucoup plus grandes que lui (Ali, Rocky, le New Jersey de Springsteen et des Soprano…), le film, collection de saynètes où résonne le blues des lendemains de cuites, rythmé par des extraits déchirants de Requiem pour un champion (film de 1962 avec Anthony Quinn en proto-Balboa) n’a même pas besoin de viser haut pour sonner juste. Le schéma est connu (ascension, chute, rédemption), le décorum seventies ultra balisé, mais, après tout, on n’a pas toujours besoin de gagner le match pour s’offrir un instant d’éternité. Outsider est bien à l’image de Schreiber himself : modeste, bonhomme, terriblement attachant.
Frédéric Foubert 

MOLLY MONSTER ★★★☆☆
De Ted Sieger, Michael Ekblad et Matthias Bruhn

Molly, petit monstre jaune né dans des livres pour enfants qui ont connu un grand succès en Allemagne, s’apprête à devenir grande sœur. Impatiente de découvrir le bébé, elle lui tricote un bonnet avant d’apprendre qu’elle ne pourra lui offrir à sa naissance, car elle est trop petite pour accompagner ses parents sur l’île des œufs. Peu après leur départ, elle décide pourtant d’effectuer le voyage comme une grande, accompagnée de son ami Edison, qui la suit fidèlement même s’il est un peu jaloux du futur bébé. Avec ses dessins traditionnels, ses couleurs vives et ses chansons pleines de bon sentiment, Molly Monster amusera les plus petits, tout en leur enseignant l’importance de l’entraide, de la patience ou encore de la gentillesse à toute épreuve. Les plus grands, en revanche, s’ennuieront vite devant cette histoire simplissime. On est loin des Pixar, Dreamworks et autres productions animées qui s’adressent à tous les publics en jouant sur plusieurs niveaux d’interprétation. Malgré certains décors imaginatifs et une animation réussie capables de séduire les adultes, le film s’adresse principalement aux enfants de 4 à 8 ans. Passé cet âge, obstacles rencontrés par Molly lors de son « road trip » paraissent bien anecdotiques. 
Elodie Bardinet

14 ANS, PREMIER AMOUR ★★★☆☆
D’Andreï Zaïtsev

Alex vit seul avec sa mère dans un HLM. Comme tous les ados de 14 ans ou presque, il s'ennuie profondément à l'école et passe le plus clair de son temps à sécher avec ses copains. Même s'il ne connait encore rien aux choses de la vie, le jeune homme en pince pour Vika, une lycéenne d'un établissement voisin. Armé de son seul courage, il va tenter de l'aborder. Avec un côté beaucoup moins humoristique et plus cru, 14 ans premier amour se rapproche énormément des Beaux Gosses. Même description des affres du premier amour, même réalisme sentimental et surtout même regard sans fard sur la génération Facebook, cette jeunesse Y toujours plus conditionnée par son image sur les réseaux sociaux et première victime de l'hypersexualisation de notre société. 
François Rieux

LE CHRIST AVEUGLE ★★★☆☆
De Christopher Murray

Dans le désert chilien, un jeune homme qui a trouvé Dieu étant enfant décide qu’il va opérer un miracle sur son meilleur ami, blessé à la jambe. Il part pour une longue marche, pied nu, dans la pampa aride. En chemin, il se fait quelques ennemis mais rassemble surtout des disciples, qui voient en lui une figure christique capable de les sauver de la misère et de l’oubli. Il prend la parole à travers des récits, essentiellement ses propres souvenirs remaniés sous formes de paraboles laissées à l’interprétation de chacun - rappelant fortement divers épisodes des Evangiles. A son retour, alors que sa démarche lui sera renvoyée comme un « message » à destination des laissés-pour-compte, il sera finalement lui-même assailli par le doute. Le Christ aveugle est un conte sur la foi et la religion, le sens de la vie (ou son absence), magnifiquement shooté et élégamment mis en scène, dont les interrogations semblent être d’un autre temps jusqu’à ce qu’on réalise que, dans ce désert hostile du fin fond du Chili, le temps s’est peut-être arrêté et les habitants, tombés dans l’oubli.
Vanina Arrighi de Casanova

PREMIÈRE A MOYENNEMENT AIMÉ

SOUFFLER PLUS FORT QUE LA MER ★★☆☆☆
De Marine Place

Une famille de pêcheurs se résout à se séparer de son vieux rafiot contre une prime à la casse pour faire face à ses problèmes d’endettement. Pour son premier film, Marine Place s’attaque au problème des « petits métiers » qui ont fait la force du tissu économique français et qui disparaissent les uns après les autres. Pour l’héroïne, une fille prête à reprendre le flambeau familial, cet échec est familial, économique et existentiel : elle sera sans doute obligée de se reconstruire une vie en ville, loin de ses racines. Le constat, dûment établi, est amer et le film s’en fait l’écho à travers une interprétation et une mise en scène très peu spectaculaires, à la limite de la platitude. Le thème de la musique comme refuge (l’héroïne joue du sax face à la mer…) est ainsi traité à la façon d’un roman-photo de gare.
Christophe Narbonne

TAPIS ROUGE ★★☆☆☆
De Fred Baillif

A mi-chemin du documentaire, du projet associatif et de la fiction, ce premier film met en scène des jeunes d’un quartier de Lausanne qu’un éducateur décide d’emmener au Festival de Cannes pour y présenter un court métrage. En route, la joyeuse bande va être confrontée aux éternels problèmes de tension de la vie en groupe. Suivi d’un court métrage (inspiré des idées jetées dans le film), Tapis rouge s’apparente à un double-programme audacieux sur le papier, faisant se répondre fiction et réalité, formats court et long, rôles vécus et de composition. Le manque de moyens, l’amateurisme ponctuel de l’interprétation et la simplicité du script finissent cependant par plomber un peu le projet dont le capital sympathie est néanmoins manifeste.
Christophe Narbonne

LE CHANTEUR DE GAZA ★★☆☆☆
De Hany Abu-Assad

Cinéaste précieux (on lui doit Paradise now et Omar, deux films explosifs sur le conflit israélo-palestinien), Hany Abu-Assad s’égare un peu avec ce biopic hagiographique sur le gagnant palestinien, en 2013, d’Arab Idol, un concours de chant local. Sacrifiant aux règles larmoyantes du genre (drame personnel fondateur bien appuyé, absence de contrepoint), Le Chanteur de Gaza évoque un Slumdog Millionaire en mode télé-crochet. Ce n’est pas un compliment.
Christophe Narbonne

SOLEILS ★★☆☆☆
D'Olivier Delahaye et Dani Kouyaté

De l'esclavage à l'Apartheid, en passant par l'époque des Lumières, la charte de Mandé (sorte de déclaration des droits de l'Homme avant l'heure) et le XXème siècle... Dans ce road-movie d'apprentissage, les deux protagonistes principaux, un vieux sage et une jeune femme amnésique, traversent de part en part l'histoire du peuple Noir. Une histoire écrite dans le sang et faite d'oppression dont l'impact historique trouve ici un éclairage tout à fait lisible et enrichissant. Ce docu-fiction vaut plus par son aspect pédagogique que parsa mise en scène faiblarde et ses acteurs aux jeux bancals.
François Rieux

PREMIÈRE N’A PAS AIMÉ

VIVE LA CRISE ! ★☆☆☆☆
De Jean-François Davy

Difficile de détester ce film qui marque le retour aux affaires de l’incorrigible Jean-François Davy, réalisateur de films érotiques, producteur de Paul Vecchiali et de Claude Miller, distributeur de grands films d’auteur internationaux… Un personnage aux multiples facettes, capable du pire comme ici. Portrait d’une bande de marginaux dans la France de demain (alors gouvernée par Marine Le Pen…), Vive la crise ! est un nanar comme on n’en fait plus, à la mise en scène paresseuse et au casting plus-hétérogène-que-ça-tu-meurs. Pas étonnant d’y retrouver l’épicurien anar Jean-Claude Dreyfus associé à Jean-Marie Bigard, fascinant d’absence. Tous deux apportent le petit supplément d’âme nanardesque indispensable.
Christophe Narbonne

SAYONARA ★☆☆☆☆
De Kôji Fukada 

Après s’être aventuré en terres rohmeriennes (Au revoir, l’été) puis avoir proposé une variation sur le Théorème de Pasolini (Harmonium), Kôji Fukada s’empare aujourd’hui du thème très à la mode des rapports homme-machine dans ce huis-clos entre une femme agonisante et son androïde domestique. Dommage que l’étrangeté et l’ambition du projet (Sayônara se déroule dans un Japon totalement irradié après une catastrophe nucléaire, et met en scène un “véritable” androïde, Geminoid F, crédité au générique) s’étiolent au fil d’un récit aride, prévisible et aux éclats poétiques trop démonstratifs.
Frédéric Foubert

Et aussi

Plus jamais seul d’Alex Anwandter
Un avant-poste du progrès d’Hugo Vieira Da Silva
Une famille heureuse de Nana Ekvtimishvili
Inferno d’August Strindberg de Paul-Anthony Mille

Reprises

Mulholland Drive de David Lynch
Les Complexés de Dino Risi

 


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