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Pré-nommé au César 2015 du Meilleur espoir masculin, Ahmed Dramé (21 ans) n’est pas qu’un jeune acteur qui n’en veut : il a également co-écrit Les Héritiers, inspiré de sa propre expérience.Les Héritiers est donc une histoire vraie. Vous avez vraiment gagné le concours ?Oui, deux fois ! La première en 2009 avec ma classe de seconde du lycée Léon Blum à Créteil… Et la deuxième avec le tournage du film en 2013.Ton personnage est présent, mais tu ne t’es pas donné le premier rôle…Normal. Le personnage principal était celui d’Ariane Ascaride. A l’écriture, l’idée c’était l’équilibre. De donner vie à un maximum de personnages, pour refléter la richesse du groupe…OK, mais tu t’es gardé une scène super : celle où tu imites Denzel Washington(ravi) C’est génial, ça, tout le monde m’en parle. Je suis devant mon ordi, et je refais une scène d’American Gangster. Je fais partie de ses plus grands fans. Tu peux pas savoir à quel point j’attendais la sortie d’Equalizer. J’ai même regardé sa série télé 80’s Hôpital St. Elsewhere, tu vois…Qu’est-ce qui te plaît chez lui ?Son talent, évidemment. Il a tourné dans des films… euh, commerciaux, parfois. Mais sa carrière est démente. Il joue toujours dans des films à message, des films qui provoquent des prises de conscience. Il est inspirant. Tout à l’heure, un mec me parlait des Petits princes et des Héritiers, que j’allais vers une carrière avec des films inspirants.C’est vraiment le genre de films que tu veux faire ?Je ne sais pas. Je viens de terminer L'Enquête, le prochain Nicolas Boukhrief. On a tourné du mois d’août au mois d’octobre. Je suis extrêmement fier de tourner avec le réalisateur du Convoyeur, je suis dingue de ce film. J’avais 11 ans quand je l’ai vu, le film était interdit aux moins de 12, je me suis faufilé… Pour un film français, c’était une réussite totale. Et dix ans plus tard, je me retrouve à avoir un rôle principal dans le prochain Boukhrief… Un film super violent, mais très fin. Je suis le plus jeune des acteurs principaux. J’ai hâte qu’il sorte, que je puisse montrer que je sais jouer autre chose.Rien à voir avec L’Enquête avec Gilles Lellouche.Ahah, non ! je viens d’apprendre que les deux films portaient le même titre. Non, nous c’est un thriller d’infiltration dans le milieu du djihadisme français.Tu continues à écrire ?Bien sûr. Toujours dans la même veine que Les Héritiers. Une comédie dramatique assez sérieuse, qui parle de l’espoir, qui traite de faits de société. Ce sera une histoire d’amour. C’est tout ce que je peux dire.Le titre ?Je sais pas si j’ai le droit de le dire. Mais c’est un très beau titre.Et la réalisation, tu y penses ?Je compte y passer. Mais il ne faut pas brûler les étapes. Je suis déjà fier d’avoir pu vendre le script des Héritiers à 21 ans. Mais il faut que je développe ma créativité.Tu as révisé sur le plateau ?Comme on a tourné dans ma ville, j’ai participé aux repérages, à l’embauche des acteurs avec la directrice de casting. mais une fois le tournage démarré j’étais un acteur, point barre, et je ne faisais plus que ça. Ceci dit, entre chaque prise, j’observais bien comment Marie-Castille Mention-Schaar, la réalisatrice, était en train de bosser. Je n’ai rien vu du montage.Quels cinéastes t’inspirent ?En ce moment, c’est un Canadien. Xavier DolanMommy m’a foutu par terre. Christopher Nolan avec Interstellar. Ouf. C’est vraiment hyper puissant. Winding Refn, aussi, j’ai aimé Only God Forgives. Mais c’est Dolan qui m’inspire le plus. Il a fait cinq films avant ses 26 ans, il a une expérience folle. C’est un modèle. J’étais le premier à me lever, à applaudir lors de la projo cannoise.Au-delà de sa jeunesse, qu’est-ce que tu aimes chez Dolan ?Sa mise en scène. Elle est parfaite. Elle te tue. Son utilisation de la musique… Son sens de la mise en scène est tellement fort que tu enlèves les acteurs et tu lui laisses shooter des objets, je suis sûr que ça serait dingue. Je suis un fanatique de belle mise en scène, de belle musique.Bande-annonce des Héritiers, aujourd'hui en salles :