
© Dans Cosmopolis, Pattinson veut mourir, dans Sur la Route, Stewart veut jouir. Les deux stars de Twilight se réinventent en choisissant des chemins radicalement différents.
Pattinson devient un antihéros
Un as de la finance avec une gueule de posterboy circule dans une limousine teintée à la recherche de son enfance perdue. A un moment donné du film, il se fait flinguer dessus et part en direction du shooter, espérant, au fond, croiser quelqu’un qui lui logera une balle dans son cerveau malade. Plus tard, il s'en tirera une dans la main, manière de vérifier par lui-même qu’il éprouve encore quelque chose.
Dans Cosmopolis, Robert Pattinson reste un vampire, mais pas le héros romantique et glamour que la planète entière a appris à aduler. Plutôt un vampire qui aurait tout le sang qu’il veut à sa disposition et pour cette seule raison n’en désirerait plus aucun. Un vampire de la finance aussi qui suce le fric et l'énergie des gens qu'il croise…
Tout le monde attendait que Cronenberg projette sans ménagement Pattinson dans l’âge adulte, personne ne sera déçu. Tel un enfant gâté subitement devenu orphelin, Pattinson, aka Eric Packer, ne peut voir le monde que comme un chaos, et son existence comme un vide abyssal. Pour devenir adulte, il doit tout perdre et pour se sentir vivre il doit souffrir. Pour en finir avec ce qu’il était Pattinson devient un antihéros total, teste ses limites autodestructrices, joue avec le feu en espérant s’y bruler. C’est tout le génie de Cronenberg d’avoir réussi à littéralement capter l’acteur à ce moment là de sa carrière.
Stewart devient une bombe sexuelle
De l’autre côté du spectre, libérée de son rôle d’icône pour bluette asexuée, Kristen Stewart abandonne Twilight comme une étudiante de première année quitte le domicile : peu de bagages et une grosse envie de s’éclater, enfin. Dans Sur la Route, Stewart s’assure que ses capacités de séduction sont bien celles qu’elle espérait. La scène de danse torride avec Garrett Hedlund / Dean Moriarty où la tension sexuelle est à son comble convaincra ceux qui en douteraient que Kristen Stewart est une bombe. Walter Salles lui a confié le rôle mythique de l'initiatrice, le vecteur de la sexualité dans la bande de la beat generation : bonne pioche, sa sensualité brûlante éclabousse l'écran. Elle expliquait récemment qu’elle avait ressenti le besoin de se mettre à nu dans le film de Walter Salles pour justement tester ses limites.
Pattinson se tire dessus, Stewart se fout à poil. L’un joue dans l’adaptation malade d’un roman de la déréliction signé Don de Lillo, écrivain de l’angoisse et de l’émotion retenue. L’autre se fait un road-movie initiatique, adapté du livre symbole de l’utopie libertaire des beatnik.
Et après ? Après les enfants, bienvenue dans l’âge adulte.
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