40 ans de blockbusters hollywoodiens : Spider-Man (2002)

Spider-Man

Le film de Sam Raimi revient ce soir sur NT1.

Nous profitons de la rediffusion de Spider-Man à partir de 21h sur NT1 pour partager à nouveau notre décryptage du film -et de sa création- publiée une première fois durant l'été 2015. Nous fêtions alors 40 ans de blockbusters.

Notre dossier 40 ans de blockbusters

Dans les années 80/90, l'adaptation de Spider-Man au cinéma était devenue une vaste blague. Les droits du personnage emblématique des comics Marvel ont changé de main on ne sait plus combien de fois (Roger Corman, Cannon Films, Carolco Pictures, MGM...). D'innombrables idées de scripts ont vu le jour, dont une de James Cameron, qui aurait pu réaliser le film. Ce dernier, très motivé par le projet, ira même jusqu'à proposer une version alternative pour tenter de dégripper la machine. En 1991, le réalisateur écrit 47 pages qui résument sa vision de l'origin story de Spider-Man, avec de nombreux éléments piqués à ses prédécesseurs et Electro et l'Homme-Sable en méchants. Le point culminant du film aurait été un combat en haut du World Trade Center, avec Peter Parker dévoilant son identité à Mary Jane. Cameron se fait plaisir sur les jurons et invente même une scène où Spidey et MJ font l'amour sur le pont de Brooklyn. Dans cette variante du scénario, le Tisseur a déjà des lance-toile organiques.

Entre deux Columbia Pictures, propriété de Sony Pictures, qui cherche à mettre la main sur les droits depuis 1989, réussit à se les procurer grâce à un deal avec MGM, récupérant au passage tous les scripts. Le studio annonce que James Cameron ne réalisera pas le film et que son scénario ne sera pas utilisé. Sony hésite entre Roland Emmerich, Tony Scott, Chris Columbus, Ang Lee, David Fincher, Jan de Bont et M. Night Shyamalan pour passer derrière la caméra. Après une période d'incertitude, c'est finalement Sam Raimi qui est choisi en janvier 2000, notamment pour sa passion des comics et du personnage. La sortie de Spider-Man est prévue à l'été 2001. 

Le scénariste David Koepp est chargé de l'adaptation et reprend l'air de rien pas mal de choses du script de Cameron, mais décide de faire du Bouffon Vert le méchant principal, avec Octopus en second bad guy. Raimi estime de son côté que la relation "père-fils" entre Norman Osborn et Peter Parker est bien plus intéressante et Scott Rosenberg est embauché pour réécrire la draft de Koepp. L'idée du lance-toile organique est une constante entre ces différentes versions, le réalisateur étant persuadé que le public n'y croirait pas si Parker inventait un système mécanique.

Le tournage prend du retard, la date de sortie est repoussée au 3 mai 2002 aux États-Unis (l'année du 40e anniversaire du personnage) et les caméras commencent à tourner le 8 janvier 2001. Si à l'époque de James Cameron, des acteurs comme Leonardo DiCaprio, Edward Furlong, Freddie Prinze Jr, Chris Klein, Wes Bentley et Heath Ledger sont envisagés pour jouer Peter Parker, c'est Tobey Maguire qui hérite du rôle, avec le succès qu'on lui connaît. Scott Speedman, Jay Rodan et James Franco avaient également passé des auditions sous l'ère Raimi, Franco finissant par devenir Harry Osborne.

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À quelques mois de l'arrivée de Spider-Man sur grand écran, l'impensable se produit avec les attentats du 11 septembre. Sony décide alors de retourner certaines scènes et enlève numériquement toute image des tours du World Trade Center. Un poster teaser montrant le Tisseur au milieu des bâtiments emblématiques de New York est également rappelé, tout comme un trailer (réalisé avec des images qui n'auraient de toute façon pas été dans le films) où l'hélicoptère de braqueurs de banques se retrouve coincé dans la toile de Spider-Man, tendue entre les deux tours. Il reste visible sur YouTube, Internet n'ayant jamais de trou de mémoire :

Après des années de development hell, Spider-Man est enfin dans les salles et le public lui fait un accueil spectaculaire avec 821 millions de dollars au box-office mondial, dont 403 rien qu'aux États-Unis (sur le territoire, il fait mieux que Le Seigneur des Anneaux : Les Deux Tours, Star Wars Épisode II et Harry Potter et la Chambre des secrets). Un succès colossal pour le super-héros le plus connu de la planète. À quelques exceptions près, la critique reconnaît la performance de Maguire et le talent de Raimi. À l'époque, Première écrivait que "le film nous rassure sur la capacité du cinéma américain à se renouveler tout en exploitant des formules éprouvées". Comme X-Men l'année d'avant, Spider-Man prouve que les super-héros sont arrivés à maturité pour le grand écran.

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Le film connaîtra deux suites aux succès similaires, Spider-Man 3 réussissant même à dépasser ses aînés avec 890 millions de dollars récoltés, et ce malgré des critiques mitigées. Sony rebootera la franchise quelques années plus tard avec The Amazing Spider-Man 1 et 2, qui ne seront pas les plus grosses réussites artistiques du studio. Désormais l'avenir de Spidey est en partie entre les mains de Marvel Studios, qui s'est chargé d'introduire une nouvelle version du personnage (sous les traits du jeune Tom Holland) dans Captain America 3, avant de donner au Monte-en-l'air un autre film solo en 2017. De retour à la maison, Spider-Man pourrait bien en profiter pour recommencer à nous faire rêver. Il était temps, ses fans ont assez souffert ces dernières années.

François Léger

D'autres blockbusters décryptés ici :

Pirates des Caraïbes : Le Secret du coffre maudit (2006)

Les Gardiens de la Galaxie (2014)


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