40 ans de blockbusters hollywoodiens : Shrek 2 (2004)

Shrek 2

Le film d'animation de Dreamworks reviendra ce soir sur France 4.

La 14e chaîne s'est lancée dans un cycle Shrek. Une semaine après le film original, place à sa suite, qui a notamment marqué les esprits pour son super nouveau personnage : le Chat Potté. Rendez-vous à 21h pour le (re)voir sur le petit écran. Patientons avec notre sujet "40 ans de blockbusters", concocté durant l'été 2015.

Un reboot pour Shrek

En 2004, un chat roux faisait les yeux doux à Shrek, envoûtant par la même occasion des millions de spectateurs. Si le premier volet a révolutionné à sa manière l'animation en numérique, en se moquant de manière maligne des grands classiques de son concurrent Disney, Shrek 2 fût le vrai succès de la saga. 919 millions de dollars amassés dans le monde, c'était le plus gros carton de l'année, déjà, mais aussi le 3e dans l'histoire de l'animation, derrière Le Roi Lion (de Disney, sorti dix ans plus tôt) et Le Monde de Nemo de Pixar, qui récoltait 936 millions de billets vers en 2003. Aucun épisode de la franchise n'a fait mieux. Le premier Shrek avait failli passer les 500 millions de dollars, ce qui était déjà énorme en 2001, le n°3 a frôlé les 800 millions en 2007, le 4 a passé les 750 millions trois ans plus tard et le spin-off consacré au Chat Potté les 550 en 2011. 

Le carton plein de Shrek 2 au box-office n'est évidemment pas pour rien dans la construction de cette saga, Dreamworks ayant bien retenu les leçons de Disney (offrir des suites et/ou des spin-offs à ses films à succès). Sauf que là où le studio aux grandes oreilles a sorti Le Roi Lion 2, Le Retour de Jafar ou La Petite Sirène directement en VHS, puis en DVD, la firme de Jeffrey Katzenberg osait envahir le grand écran, à un rythme très régulier, avec son ogre attachant. Avant lui, le studio n'avait pas de franchise, et même après, elle n'a jamais connu un tel succès que Shrek 2 avec ses Madagascar ou ses Kung-Fu Panda. Notons d'ailleurs que Shrek a dès le départ été pensé comme une saga, puisque ce deuxième épisode est entré en production au tout début des années 2000, avant même la sortie du premier volet. Les doubleurs stars (Mike Myers, Eddie Murphy, Cameron Diaz...) ont signé un contrat de plusieurs films, tout comme les réalisateurs.

Alain Chabat : "Shrek est un ogre très très sensible"

Chiffres mis à part, Shrek 2 est une suite réussie. Peut-être pas remplie d'autant de scènes cultes que le premier volet, mais débordant tout de même d'excellents jeux de mots, d'idées intelligentes et de nombreuses références hollywoodiennes - de Spider-Man au Seigneur des Anneaux ou Flashdance et King-Kong, tout y passe. Après avoir affronté Lord Farquaad et conquis le coeur de Fiona, Shrek vit tranquillement avec sa dulcinée. Elle a choisi de conserver son apparence d'ogresse, ce qui ne plait pas à ses parents. Le nouveau challenge est là : échapper aux pièges du père et de la "Bonne Fée" qui tentent de les séparer, quitte à prendre forme humaine (Shrek est-il aussi attachant en homme ? La question divise). Ils espèrent que Fiona oubliera Shrek et épousera un Prince Charmant digne de ce nom. 

L'idée est simple, et elle sera reprise dans les autres épisodes, le héros devant sans cesse tout faire pour conserver l'amour de sa belle ogresse. Elle permet de continuer à jouer avec les contes classiques, en écorchant bien évidemment la réputation des héros de notre enfance. Dans cet épisode, Pinocchio révèle par exemple qu'il aime porter des strings roses, tout en parodiant Mission : Impossible.

Certaines blagues de ce type s'adresse directement aux adultes, ce qui faisait déjà la particularité du premier, même si Shrek 2 conserve des côtés enfantins. L'âne est toujours aussi présent, le Chat Potté est tour à tour héroïque et attachant, certaines répliques font autant rire les grands que les petits ("Le papatissier !") et cette suite est plus rythmée. Remplie de tubes, aussi. L'épisode original avait déjà fait ce choix d'intégrer des morceaux célèbres dans sa BO, plutôt que d'inventer des chansons de princesses comme chez Disney ("Hallelujah" par Rufus Wainright, "Bad Reputation" de Joan Jett... l'ensemble évoque plus la comédie pour ados que le conte de fées !). La suite reprend exactement ce concept, mais avec des titres plus éclectiques, tout en multipliant les scènes de danse, évidemment remplies de clins d'oeil à des comédiens musicales :

Globalement, la construction de cette suite est calquée sur le modèle du premier. La fin festive était déjà là, mais pour le n°2, l'équipe a misé sur l'amplification. Comme dans de nombreuses séquelles, Shrek 2 est plus fou, plus dansant, réalisé avec plus de moyens, il y a plus de personnages, plus d'action... Est-ce cette démesure qui aura raison de ses prix ? Nommé à l'Oscar du meilleur film d'animation, Shrek 2 se fait voler la statuette par Les Indestructibles de Pixar, là où le premier volet avait raflé la mise en 2002. Il est cependant intéressant de souligner qu'il avait dépassé le cadre du "film d'animation" lorsqu'il a été sélectionné en compétition officielle à Cannes, ce qui est très rare pour une franchise animée. 

Shrek représente bien une nouvelle sorte de franchise animée née dans les années 2000, pensée dès le départ comme une potentielle saga. Blue Sky a misé sur ce même principe un peu plus tard avec les Âge de Glace, puis Illumination a pris le pas avec ses Minions, mais c'est bel et bien Dreamworks qui a lancé ce concept. Parfois, le studio s'est d'ailleurs fait avoir à son propre jeu, en sortant des productions trop proches de films concurrents, comme Monstres contre Aliens, bien en dessous de la qualité d'un Monstres et cie, ou Les Cinq Légendes, qui aurait pu avoir de multiples suites mais n'a pas assez marché pour être décliné ainsi. Shrek illustre aussi les limites d'une telle démarche. Peu à peu, la qualité des films s'est amenuisée. Même si toutes les suites ont eu plus de succès au box-office que le premier du nom, les critiques étaient aussi de plus en plus négatives. Le Chat Potté a eu beau essayer de nous attendrir avec son spin-off, il n'était malheureusement pas aussi en forme que lors de sa première apparition au cinéma... 

Elodie Bardinet (@Eb_prem)

D'autres films cultes du dossier 40 ans de blockbuster :

Retour vers le futur (1985)

Le Roi lion (1994)

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