40 ans de blockbusters hollywoodiens : Retour vers le futur (1985)

Retour vers le Futur

Le film culte de Robert Zemeckis revient ce soir sur NT1.

Mise à jour du 21 novembre 2017 : Durant l'été 2015, Première avait consacré un dossier aux 40 ans du blockbuster, en postant chaque jour un film marquant pour chaque année écoulée. Celui qui représente le mieux 1985 est rediffusé ce soir sur NT1 : Retour vers le futur. La chaîne le propose à 20h55, pour patienter jusqu'à la sortie d'Alliés, le nouvrau film de Robert Zemeckis. C'est l'occasion de faire un joli saut dans le temps.

Alliés : le bel ouvrage de Zemeckis

Actualité du 30 juillet 2015 : En 1985, la concurrence n’est qu’un tout petit reflet dans le rétroviseur de la DeLorean. Sylvester Stallone est pourtant solidement armé avec Rambo 2 et Rocky IV, mais rien n’y fait. Marty et Doc se taillent la part du lion avec 381 millions de dollars récoltés, dont 210 rien que sur le territoire américain. Retour vers le futur est le plus gros succès de l’année aux États-Unis.

Un film qui revient pourtant de loin, après avoir été refusé par pratiquement tous les studios dès 1981 : Universal considère que le script n’était pas assez sexy pour séduire les adolescents, Disney ne veut pas qu’une mère tombe amoureuse de son fils (pas trop dans les valeurs de la maison)… Bob Gale et Robert Zemeckis, coscénaristes, retravaillent le scénario par deux fois, sans plus succès.

Retour vers le futur : le titre auquel le monde a échappé

Ils se résignent finalement à faire appel à leur ami Steven Spielberg, en état de grâce à Hollywood, alors qu’ils auraient préféré réussir à monter le projet sans son aide. "On avait peur d’avoir la réputation d’être les deux mecs qui ne trouvaient du boulot que parce qu’ils étaient potes avec Steven Spielberg", avouera plus tard Gale. Zemeckis, qui vient de s’assurer les faveurs du public et de la profession avec À la poursuite du diamant vert, se sent certainement plus sûr de lui pour traiter d’égal à égal avec le réalisateur des Dents de la mer.

Universal accepte de financer le film en échange de quelques modifications dans l’histoire. Le producteur Sidney Sheinberg propose notamment de transformer le nom du Professeur Brown en Doc Brown et de remplacer le singe du personnage par un chien, qui deviendra donc Einstein, le premier être vivant à voyager dans le temps. Les caméras commencent à tourner en 1984, après une phase de casting compliquée. Mais au bout de quelques semaines, il devient évident qu’Eric Stoltz n’est pas taillé pour le rôle de Marty McFly. Pas un mauvais acteur, loin de là, mais pas assez drôle, détendu, pour incarner le personnage. Il faut le recaster, même si cela coûte la bagatelle de trois millions de dollars. En attendant de trouver une solution, l’équipe continue à filmer sans informer Stoltz qu’il va devoir partir prochainement et en profite pour faire les contrechamps des autres acteurs.

Retour vers le futur, Halloween, Wayne's World, Blade Runner : L’avant/après des lieux de tournage cultes

Gale, Zemeckis et Spielberg parviennent finalement à faire signer Michael J. Fox, qu’ils voulaient depuis le début mais qui était trop occupé par sa sitcom Sacrée Famille. Le contrat est signé et Fox se retrouve à retourner toutes les scènes de Stoltz. L’acteur entre alors dans la période la plus épuisante de toute sa carrière : la journée est consacrée à sa série et le soir venu, il enfile les fringues de Marty McFly. Un rythme fou qui durera durant plus de cent jours, jusqu’au clap de fin de Retour vers le futur, le 20 avril 1985. Le film a pris du retard et est repoussé à début juillet au lieu de mai. Il est monté dans l’urgence et sans relâche par Arthur Schmidt et Harry Keramidas, qui lui enlèvent huit minutes en tout de scènes par vraiment essentielles. 

Aujourd’hui encore, Retour vers le futur est de pratiquement chaque classement des meilleurs films de tous les temps. Un blockbuster indépassable (d’ailleurs encore jamais remaké ou rebooté, Zemeckis veille au grain) dans sa construction, son interprétation et son triple témoignage : on y découvre en même temps la jeunesse américaine de 1955, la vision idyllique de l’Amérique des années 80 sur la naissance de l’adolescence et la perception des États-Unis sur son propre présent de l’époque.

Une réflexion à peine déguisée sur le temps qui passe, les temps passés et la notion de transmission d’une génération à l’autre (la relation entre Doc et Marty ; celle de Marty avec ses proches), enrobée dans une histoire cool de voyage dans le passé. Et c’est justement parce que Retour vers le futur n’est pas qu’un blockbuster qu’il fonctionne si bien. Le long-métrage de Zemeckis est à la fois un film familial, une comédie romantique, un film fantastique, un teen movie d’une pureté incroyable ET un coming of age movie. Un mélange des genres qui aurait pu donner un gloubi-boulga niaiseux entre les mains d’autres que Gale et Zemeckis.

Michael J. Fox et Coldplay s'offrent un petit Retour vers le Futur

On fête cette année ses trente ans mais faisons le pari que Retour vers le futur n’aura toujours pas pris une seule ride quand il soufflera ses cinquante bougies. S’il est à l’épreuve du temps, c’est qu’on le regarde avec la nostalgie d’une époque révolue mais encore vibrante à l’écran, comme le film lui-même regarde les années 50 avec envie. Le mètre étalon du blockbuster intergénérationnel, resté intouché jusqu’ici.
François Léger

 


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