EXCLU - Christophe Barratier : “Le trailer US de La Guerre des Boutons n'est pas si aberrant que ça"

 La semaine dernière, la bande-annonce américaine de  La Guerre des boutons enflammait le web. Alors que Christophe Barratier avait réalisé un film familial avec des gamins en culottes courtes armés de lance-pierres, à grand renfort de grosses voix et de violons larmoyants, le trailer US semblait promettre un nouveau Soldat Ryan. Passée la stupeur, que s’est-il passé ? Doit-on crier à la trahison ? Barratier nous explique les coulisses de la distribution US de son film : “Votre étonnement ne me surprend pas. Mais ça fait déjà un moment que je parle du positionnement de La Guerre des boutons américain avec Harvey Weinstein. Le problème c’est que le film aux US ne sera distribué que sous-titré. Evidemment, c’est un film dit “famille” à la base; mais sous-titré, ça change la donne... Même si ça paraît fou, aux Etats-Unis, La Guerre des boutons doit rentrer dans les salles dites d’auteur et du coup, le distributeur doit cibler un public plus adulte. Ce que tente de faire cette bande-annonce. On en a longuement discuté avec Harvey Weinstein qui me rappelait que pour les américains, la résistance fait partie de la mythologie française, ça intéresse les gens. Et il a choisi de mettre l’accent sur cette partie de l’histoire pour la promotion. C’est un paradoxe, mais ce n’est pas si aberrant que ça, parce que, au fond, si l’accent a été mis sur ce qu’il y a de plus sombre dans le film, sur la guerre et la résistance, c’est finalement ce que j’avais voulu rajouter par rapport au film original...  Parler de trahison n’a pas beaucoup de sens. A partir du moment où on vend un film aux US, on peut se raconter toutes les histoires qu’on veut, on peut jouer les midinettes, mais il ne nous appartient plus. Surtout avec un type comme Weinstein en face. Travailler avec lui, c’est le show ! C’est un spectacle... C’est une bête de travail, il est d’une précision diabolique et rien ne lui échappe. Mais sa rapidité, sa vision sont au fond rassurantes pour un cinéaste. Il m’a demandé quelques coupes - pour donner plus de rythme - que j’ai effectuées. Franchement, il connait son affaire; il a acheté le film assez cher et il aime le cinéma. Du coup, je ne vois pas pourquoi je refuserais de coopérer avec lui. Evidemment, en France, on est moins dans le marketing, on ne se pose pas toutes ces questions, en tout cas, pas comme ça... Mais à partir du moment où tu acceptes de vendre ton film, tu joues le jeu. Je vous rappelle que Les Choristes avait été PG 13 (parce qu’il il y avait quelques gros mots); alors cette bande-annonce ne m’étonne pas plus que ça”.      Propos recueillis par Gaël GolhenVoici la bande annonce en question :  

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