Du poisson gore, une palme d'or et de nouvelles créatures issues d'une planète lointaine : programme chargé pour les sorties de la semaine.Alors qu'il cartonne aux Etats-Unis, on pourra voir en salles des poissons tueurs dans Piranha 3D à partir d'aujourd'hui. Par ailleurs, si vous voulez restez dans le relief, l'édition spéciale d'Avatar est distribuée aujourd'hui partout en France, après des avant-premières dans certains cinémas. Distribué exclusivement en 3D, cette nouvelle version d'Avatar est composée de 8 à 9 minutes de montage supplémentaires. Simple coût marketing ou réel intérêt cinématographique ? Quoi qu'il en soit, il serait dommage de passer à coté de cette sortie si vous n'avez pas pu voir la première version. Avec aussi une palme d'or à l'affiche, Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) et une comédie très rock'n'roll, American Trip, cette semaine de reprise s'annonce très riche.Les films à ne pas rater : Choix numéro 1 : Piranha 3D d'Alexandre Aja, avec Ving Rhames, Richard Dreyfuss, Elisabeth ShueSynopsis : Alors que la ville de Lake Victoria s'apprête à recevoir des milliers d'étudiants pour le week-end de Pâques, un tremblement de terre secoue la ville et ouvre, sous le lac, une faille d'où des milliers de piranhas s'échappent. Inconscients du danger qui les guette, tous les étudiants font la fête sur le lac tandis que Julie, la shérif, découvre un premier corps dévoré... La journée va être d'autant plus longue pour elle que Jake, son fils, a délaissé la garde de ses jeunes frères et soeurs pour servir de guide à bord du bateau des sexy Wild Wild Girls !L'avis de Première : Piranha 3D. Il y a quelque chose de magique dans ce titre. Une promesse immédiate de plaisir coupable qu’Alexandre Aja va s’évertuer à tenir pendant chacune des 90 minutes qui composent son cinquième long métrage. (...) Aja est là pour emballer un grand manège aquatique postmoderne, où chaque comédien est prié d’arriver avec son bagage pop pour embarquer dans un hommage décomplexé au cinéma 80’s qui a bercé le cinéaste. Le mot d’ordre ? Du fun, du fun, et encore plus de fun. Une overdose de gore, de second degré et de bikinis (en 3D !) qui culmine avec une scène de massacre de presque 30 minutes assurée de rentrer dans les annales.Bande-annonce : Choix numéro 2 : Avatar édition spéciale, de James Cameron, avec Sam Worthington, Sigourney WeaverSynopsis : Jake Sully est un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant. Malgré sa paralysie, Jake est resté un combattant au plus profond de son être. Il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre. Parce que l’atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des « pilotes » humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l’ADN humain avec celui des Na’vi, les autochtones de Pandora. Sous sa forme d’avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d’infiltration auprès des Na’vi, devenus un obstacle trop conséquent à l’exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri, une très belle Na’vi, sauve la vie de Jake. Ce dernier est alors recueilli par son clan, et à travers de nombreuses épreuves et aventures, il va apprendre progressivement à devenir l’un des leurs. Alors que la relation entre Jake et la réticente Neytiri s’approfondit, Jake en vient à respecter le mode de vie des Na’vi et finit par trouver sa place parmi eux. Reste pour lui à affronter l’ultime épreuve en les menant dans une bataille épique qui devra sceller le destin de tout un monde.L'avis de Première : Alors oui, on a vu Avatar . Et oui, c’est bien CA le futur du cinéma. Avec son immersion 3D révolutionnaire, son expérience visuelle sidérante qui représente vraiment une rupture, Avatar risque de tout bouleverser… mais surtout les spectateurs. Au-delà du discours socio-écolo évident, au-delà de la performance technologique, Avatar est d’abord un pur film de SF dont la plus intéressante partie réside dans la découverte de l’univers des Na’avis. Cameron , nerd scientifique déploie un univers absolument stupéfiant. Comme une vieille couverture de roman SF fifties qui se prendrait vie devant nos yeux, le film nous fait découvrir la jungle luxuriante de Pandora, ses montagnes en apesanteur (merci Miyazaki ), ses créatures entre dinosaures et monstres mythologiques… La différence c’est que pour une fois, on n’est plus spectateurs, mais acteurs. Alors, Avatar, fantasme de SF ? Ce serait trop simple et trop réducteur. Car Avatar ressemble à s’y méprendre à un manga live. Tout y évoque le graphisme surstylisé des « animés » et Cameron cite allègrement Miyazaki ou Oshii . Avatar ressemble aussi à un jeu vidéo. Mais Avatar c’est aussi un pur western; un des space opera les plus dingues qui renvoie le Star Wars de 77 dans les cartons de notre vieille cave; une love story et un film initiatique… Bref, Avatar est un film-somme. Une entreprise totale qui rappelle que le roi Cameron a toujours été un nerd impérial à la viscéralité bourrine, un cinéaste hi tech avec un côté prolo nouveau riche qui est le seul à pouvoir défier les col bleus des studios et les rois du marketing pour signer ça. Ca ? On y revient forcément… Une love story, des combats aériens et terrestres, une épopée digne de David Lean, Asimov ou Homère. Avatar est un bijou de cinéma.Bande-annonce : Choix numéro 3 : Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), d'Apichatpong Weerasethakul, avec Thanapat Saisaymar, Sakda Kaewbuadee Synopsis : Oncle Boonmee souffre d'une insuffisance rénale. Comme il pratique avec passion le yoga, il est très conscient de son corps. Il sait qu'il va mourir dans 48 heures. Il appelle ses parents éloignés et leur demande de le ramener de l'hôpital pour qu'il puisse mourir à la maison. Là-bas ils sont accueillis par le fantôme de sa défunte épouse, qui est réapparue pour s'occuper de lui. Son fils mort revient aussi de la jungle sous la forme d'un singe. Le fils s'est accouplé avec une créature connue sous le nom de "fantôme singe" et a vécu avec elle dans les arbres pendant 15 ans. Ce film est sélectionné en compétition officielle pour le 63ème Festival de Cannes et obtient la Palme d'Or.L'avis de Première : Oncle Boonmee... est sans conteste l'œuvre la plus accessible d'Apichatpong Weerasethakul. Elle fonctionne comme un film à sketches abordant les vies antérieures de Boonmee en tant que buffle ou princesse. Si le rythme peut irriter, cette indolence est néanmoins nécessaire pour pouvoir s’enfoncer dans une jungle existentielle pas si touffue que ça pour peu qu’on la situe au carrefour entre l’animisme d’un Miyazaki et la science-fiction minimaliste d’un Tarkovski. Les adeptes du zen seront sans doute les plus réceptifs à ce récit karmique épluchant les différentes écorces d’une vie afin de permettre à un mourant de se réconcilier avec le monde. Weerasethakul lui offre une superbe extrême-onction, tout en apaisements, transformant la mort en un autre âge des possibles. Très loin du casse-tête annoncé, Oncle Boonmee..., avec son émouvante leçon de spiritualité et son aventure humaine hors du commun, a tout d’une réécriture personnelle du Livre de la jungle.Bande-annonce : Choix numéro 4 : American Trip, de Nicholas Stoller avec Russell Brand , Jonah Hill , Rose ByrneSynopsis : Les mésaventures d'un stagiaire de maison de disques ayant pour mission d'escorter une légende du rock totalement ingérable de Londres à Hollywood, pour un concert destiné à relancer sa carrière internationale.L'avis de Première : Au programme, le cocktail attendu de sexe, drogues et rock’n’roll, servi avec une générosité et un manque d’inhibition bienvenus. Le film ne risque pas de gagner le Prix de l’Éducation nationale, mais on n’est pas là pour ça : Russell Brand fait un numéro de génie qui n’a rien à envier à celui de Sacha Baron Cohen dans Borat. Et, comme dans les véritables réussites du genre, il y a assez de répliques, de situations, de gags et de caméos pour donner envie de revoir le film plusieurs fois. Il y en aura toujours à qui American Trip ne plaira pas. À une époque, on leur disait : "Si vous trouvez la musique trop forte, c’est que vous êtes trop vieux". Aujourd’hui, on les reconnaît : ils ne sont pas forcément vieux mais mettent des boules Quiès pendant les concerts.Bande-annonce : Le film à éviter : Be Bad !, de Miguel Arteta, avec Michael Cera , Portia Doubleday , Steve BuscemiSynopsis : Les aventures sentimentalo-rocambolesques de Nick Twisp, un adolescent amoureux, inexpérimenté et maladroit, lancé sur les traces de la fille de ses rêves...L'avis de Première : Adaptation ciné d’un faux journal intime signé C.D. Payne, Be Bad ! se révèle être une comédie correcte malgré son synopsis d’énième film de dépucelage. François Dillinger, cet alter ego malintentionné, constitue le véritable ressort comique de l’histoire. Autre ombre au tableau : les quelques guests du casting (Steve Buscemi, Zach Galifianakis...), éclipsés par ce double emploi schizo de Michael Cera (Juno, SuperGrave), qui confirme tout le bien qu’on pensait déjà de lui.Bande-annonce : Pour les autres sorties de la semaine, c'est ici !