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Il n’était pas que le Chekov de Star Trek. Loin de là.

Il est parti un peu bêtement, à cause d’un accident de voiture dans l’allée de sa maison. Anton Yelchin, qui avait fêté ses 27 ans en mars dernier, restera essentiellement connu pour son rôle de Chekov dans le reboot de la saga Star Trek au cinéma. Mais le jeune acteur a connu une carrière riche, sous la direction de Nick Cassavetes, Jim Jarmusch ou Jodie Foster. 

Notre interview d’Anton Yelchin sur le tournage de Star Trek 3 : "Les fans ont toujours été hyper cash avec moi"

Alpha Dog (2007)
À peine majeur à l’époque, il bouffe tout le monde dans Alpha Dog de Nick Cassavetes. Il y incarne Zack, qui se fait kidnapper par une petite bande de Los Angeles parce que son frère (Ben Foster) lui doit l’argent d’un petit trafic de drogue. Yelchin y est génial en gamin à fleur de peau, émerveillé par la découverte de l’alcool et des filles, rendant vite floue sa nature d’otage… jusqu’à ce que tout parte en vrille. Un marqueur dans sa carrière, le film qui commencera à lui ouvrir les portes d’Hollywood.

Terminator : Renaissance (2009)
Son premier blockbuster, et paradoxalement le film qui aurait pu mettre un frein à ses ambitions. McG peine à faire honneur à la franchise (à relativiser depuis la sortie de Terminator Genisys) et Yelchin hérite du costard un peu trop grand pour lui d’un Kyle Reese adolescent. L’acteur s’en sort tout de même avec les honneurs et se fait remarquer par le milieu. En parallèle, il fait son entrée dans Star Trek avec J.J. Abrams, aux commandes. 

Le Complexe du castor (2011)
On sait que Le Complexe du castor c'est l'histoire de Mel Gibson, qui après une tentative de suicide communique avec le monde par une marionnette de castor. Mais c'est aussi l'histoire de son fils, Porter (Yelchin), qui essaie de séduire Norah (Jennifer Lawrence) en lui écrivant son discours de fin d'année de lycée. Et le film devient par-dessus tout l'histoire de la réconciliation du père et du fils, et le contraste entre la gueule brisée de Mad Mel et celle d'ado tourmenté d'Anton prend alors une dimension immense. 

 

Like Crazy (2011)
Une Anglaise et un Américain essaient de s'aimer entre Londres et Los Angeles malgré la distance. Petite romance Sundance (où elle a raflé le Grand prix), Like Crazy n'est pas aussi crazy que son titre mais la relation affolante et incandescence entre Anton Yelchin et Felicity Jones tient de ce genre de petit miracle d'alchimie, lumineux et évident, comme si deux de vos meilleurs potes se mettaient ensemble et que ça vous rendait tout simplement heureux.

Star Trek Into Darkness (2013)
Après un premier Star Trek où il façonne le nouveau Chekov dans l’ombre de ses confrères, Anton gagne en maturité et en temps d’exposition à l’écran dès la suite, Into Darkness. Propulsé remplaçant temporaire de Scotty, son personnage à l’accent russe se fait plus essentiel à l’intrigue, alors que Yelchin apprend à éviter la caricature. Un rôle presque anecdotique dans sa carrière, mais celui qui aura logiquement le plus marqué le grand public. Il livrera sa prestation finale dans Star Trek Sans Limites, le 17 août prochain.

Only Lovers Left Alive (2014) 
En 2014, il décroche un rôle secondaire dans Only Lovers Left Alive, un grand Jarmusch. Une histoire de vampires crépusculaire, dans lequel le jeune Anton Yelchin joue Ian, sorte de go-to-guy du personnage de Tom Hiddleston, à qui il fournit d’antiques guitares. Avec ses cheveux longs et sa tête d’ado éternel en descente d’héroïne, il réussit à s’imposer dans toutes ses scènes, insufflant de la vie au milieu d’une morbidité pesante. Un petit exploit face à un Hiddleston en état de grâce, grandiose en rêveur dandyesque au charisme brut. 

 

Green Room (2015)
Les jeunes membres d'un groupe de punk se retrouvent coincés dans l'arrière-salle d'un bar de bikers par une bande de nazis (très) énervés. Le grand méchant néo-nazi est joué par un certain Patrick Stewart, alias Jean-Luc Picard dans Star Trek : The Next Generation, mais surtout Yelchin montrait encore son talent - comme dans Star Trek - pour s'intégrer à un ensemble cast sans l'écraser ou jouer une toute autre partition que le reste du groupe. On assiste dans Green Room à la transformation terrifiante d'un jeune guitariste discret qui va peu à peu riffer sur les notes de l'ultra-violence à force de subir les pires épreuves (voir la scène dite "de l'avant-bras").