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Les pires films mystiques

Martyrs de Pascal Laugier

Si ça fait mal c'est forcément que ça doit être un peu spirituel. Depuis <em>Sade</em>, ou plutôt Jésus Christ, la souffrance est synonyme d'expérience mystique. Naïf mais volontaire, <em>Pascal Laugier</em> a ainsi conçu <em>Martyrs</em> comme le summum du film de torture, tout ça pour qu'une secte d'ophtalmologistes du troisième âge atteigne le nirvana devant le corps d'une fille battue au point de ne plus ressentir la douleur. Film faussement radical et grandiloquent, Martyrs ou le <em>Salo</em> du geek sevré aux films d'exploitation nazis.Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lents Les cinéastes les plus fous  

The Fountain de Darren Aronofsky

Puisque le cinéma adolescent et sadique d'<em>darren aronofsky</em> est celui du supplice, tous les moyens sont bons pour mettre ses personnages obsessionnels sur des chemins de croix. Avec <em>The Fountain</em>, il culmine, enfermant <em>Hugh Jackman</em> et <em>Rachel Weisz</em> dans un trip métaphysique abracadabrant et fumeux où se mélangent spiritualisme naïf, banalités effarantes et histoire d'amour sacrifiée. D'une prétention hallucinante, comme d'habitude chez Aronofsky, le film est devenu un modèle d'ésotérisme New Age confus et mal dégrossi.Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lents Les cinéastes les plus fous  

La ligne verte de Frank Darabont

Sans qu'on puisse l'expliquer, <em>La Ligne verte</em> fait désormais l'objet d'un culte invraisemblable. Adaptation de <em>Stephen King</em> par le sympathique <em>Frank Darabont</em>, le film laisse pourtant peu de place au malentendu sur sa nature de grand nanar à prétention métaphysique. Lourd et long pensum sur la peine de mort à la mise en scène boursouflée, La ligne verte fait surtout peur en versant dans un folklore mystico-fantastique pris comme philosophie. Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lents Les cinéastes les plus fous  

21 grammes d'Alejandro Gonzalez Innaritu

Le monde est complexe mais <em>alejandro gonzalez inarritu</em> a tout compris. C'est pratique. Si <em>21 Grammes</em> n'a pas d'arbre de vie ni de scènes de lévitation transcendantale, il règle la question du destin dans le fracas assourdissant d'un accident de voiture. Au burin tel un carrossier de la vie et du cinéma, le catholique mexicain, expert en tragédie cosmique, s'acharne à dire que le poids de l'âme pèse lourd. Une manière de résumer les choses à la pesée dont le film fait son marché, puisque on a rarement, sinon dans <em>Babel</em>, vu autant de démonstration de force pour démontrer les vertus roublardes de l'effet papillon qui lui sert de concept.Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lents Les cinéastes les plus fous  

Breaking the Waves de Lars Von Trier

<em>Hitchcock</em> prenait un plaisir pervers à manipuler ses petites créatures pour les fourrer dans des sales coups. <em>Argento</em> les crucifiait dans un déluge d'images baroques sophistiquées. <em>Lars Von Trier</em>, comme son cousin <em>darren aronofsky</em>, est juste un salaud, un vrai. Les trajectoires transcendantales de ses héroïnes sacrifiées ne visent que son bon plaisir sadique de cinéaste tortionnaire. Comme plus tard <em>Dogville</em> ou le vite oublié <em>Dancer in The Dark</em>, <em>Breaking the Waves</em> cherche la vérité sous la jupe des filles, en les traînant dans la boue.Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lents Les cinéastes les plus fous  

Lovely Bones de Peter Jackson

Le rôliste est par définition ouvert à l'onirisme, la magie, les religions et tout ce qui est aux racines de la fantasy définies par <em>Tolkien</em>. Si les références de <em>Peter Jackson</em> se déployèrent alors naturellement dans Le Seigneur des Anneaux, et plus tôt dans Créatures célestes, quand arrive Lovely Bones, ça coince. En voulant créer un conte obscur sur le deuil et la monstruosité tapie dans le coeur des banlieues américaines, le cinéaste s'embourbe dans un gloubiboulga métaphysique et moral à l'imagerie d'un kitsch hallucinant. Entre mauvais goût et thèses ésotériques impossibles, même avec candeur, Jackson s'est perdu.Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lents Les cinéastes les plus fous  

Au-delà de nos rêves de Vincent Ward

La bondieuserie ne s'arrête pas qu'à une effigie en plastique de la Vierge. On en fait aussi des films. Par exemple <em>Au-delà de nos rêves</em>, objet atypique et suicidaire où <em>Robin Williams</em> voyage dans les tableaux de sa veuve après la mort. Enchaînant les visions de l'enfer et du paradis dans leurs représentations les plus codifiées, le film est un curieux mélange de laideur et de naïveté absolue, que seule épargne une fascinante volonté de tout transformer en image. Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lents Les cinéastes les plus fous   

La Passion du Christ de Mel Gibson

Le film religieux est un genre. Sur lequel il n'y a rien d'écrit ou presque, sans doute parce qu'il y a peu à juger de son style, généralement effacé derrière le récit, et que sur le fond, l'histoire est connue depuis des siècles. Cinéma du métaphysique par excellence, le cinéma religieux est donc d'abord littéraire, l'image est presque secondaire. Petite exception, <em>La Passion du Christ</em> de <em>Mel Gibson</em>, qui transforme le calvaire de Jésus vers la croix en trip doloriste, sommet d'acharnement bourrin visant l'extase dans les tripes.Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lents Les cinéastes les plus fous  

L'effet papillon de Eric Bress et J. Mackye Gruber

La théorie de l'effet papillon équivaut à celle des probabilités et des conséquences. Comme il y autant de mouvements du monde possible, il y autant de réalités. Partant de là, le film s'amuse et redécouvre le cinéma en multipliant les nouveaux destins conçus tels des inflexions de montage. Le principe est mignon, le résultat médiocre mais sympathique. Comme prétendant au podium du pire film métaphysique, <em>L'Effet papillon</em> n'est donc pas le plus méritant. Il reste toutefois un beau petit exemple de théorie scientifique transformée en grigri résumant le monde d'une expression.Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lents Les cinéastes les plus fous  

Prédictions d'Alex Proyas

Malgré ses gros pâtés de scientisme new age et ses grands élans kabbalistiques incontrôlés, <em>Prédictions</em> n'est pas le pire du film mystique. Il est même plutôt sympathique une fois mis un peu de côté ses rêveries, ou plutôt considérées comme le mignon carburant d'un cinéma de SF qui turbine éternellement à l'angoisse. Disons, plutôt, que si sur le fond Prédictions rejoint la file des nanars aux visions illuminées, sur la forme, <em>alex proyas</em> dessine une belle série B, avec à la clé des scènes catastrophes d'une mise en scène époustouflante.Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lentsLes cinéastes les plus fous Jérôme Dittmar  

The Tree of Life de Terrence Malick

L'épopée cosmogonique selon <em>terrence malick</em> donne lieu à des images souvent sidérantes. Mais cet initimidant hymne à la nature et à la communion avec les éléments semble bizarrement fermé sur lui-même. <em>The Tree of Life</em> n'atteint jamais le sublime des <em>Moissons du ciel</em>, ou du <em>Nouveau monde</em>, offrant à la vision son flanc le plus caricatural, entre [people_restrictif]Yann Arthus-Bertrand[/people] et un panthéisme pesant, limite New Age. Cruelle vision que cet Arbre de vie inanimé. Lire la critique de The Tree of Life Voir aussi : Les cinéastes les plus lentsLes cinéastes les plus fous  

Parce que Dieu n'est pas tout à fait mort et qu'il est métaphysique par essence, il n'y avait pas de raison que le cinéma ne soit pas un refuge aux plus glissantes fantasmagories ésotériques. Pour la sortie du très attendu The Tree of Life qui, avec son titre symbolique et ses affiches de nouvelle aumônerie provinciale, sent bon le retour du sens de la vie résumée plus vite que 2001, il était temps de faire la petite liste (contemporaine) d'un non genre qui a vu la Vierge.