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Les pires films de 2014

Les pires films de 2014

On a dit adieu à 2014 et, pour éviter la nostalgie, souvenons-nous de ce que l?année cinéma avait produit de pire. Des déceptions aux attentats artistiques purs et simples en passant par les films dont on se fout mais qui prennent pour tous les autres, voici, avec ce qu?il faut de méchanceté et de mauvaise fois, le meilleur du pire de 2014.

Welcome to New York d'Abel Ferrara

« Regardez le tomber » nous enjoignait l?affiche qui invitait d?emblée le spectateur à se mettre dans la position malsaine du voyeur. Nauséabond, le film d?Abel Ferrara shooté avec les pieds n?était même pas à la hauteur de sa tagline bassement racoleuse : nulle chute dans ce marasme qui montre d?abord l?homme et ses vices, puis le fait traverser la honte et l?humiliation avec une indifférence à toute épreuve. Mais une succession de séquences et phrases chocs destinées à nourrir la charogne. Gérard Depardieu surnageait quand même dans cette boue pas plus glorieuse qu?un mauvais reportage télé.

Nymphomaniac - Vol.1 de Lars Von Trier

Si on n?espérait pas découvrir sous le marathon porno de 5h30 le chef d??uvre du cinéaste danois, on attendait un certain niveau de la part de <strong>Lars Von Trier</strong>. Laid, bête et sordide, ce traité (masculin) sur la sexualité féminine qui aligne les séquences choc et les scènes de cul tristes tente de délivrer une morale. Qu?on a vite arrêté de chercher.<strong>Vous détesterez aussi</strong> : <em>Nymphomaniac Vol. 2</em>

3 Days to Kill de McG

Un homme d?action, un terroriste, une ado, Paris et sa Tour Eiffel dans tous les plans? Pas de doute, on est dans une production Besson. Dans laquelle <strong>Kevin Costner</strong> en guise de <strong>Liam Neeson</strong> est venu s?égarer pour prouver qu?il en avait encore sous le capot. Un genre de variante comique de <em>Taken</em>.<strong>Vous détesterez aussi</strong> : Sabotage de <strong>David Ayer</strong>.

Sous les jupes des filles d'Audrey Dana

En un seul geste, Audrey Dana a voulu embrasser l?ensemble de la gente féminine, dresser le portrait de TOUTES les femmes à la fois dans ce qui aurait été la comédie de meufs ultime. Massacre ! Dana confond humour et vulgarité et son film s?écroule sous le poids d?archétypes consternants qu?on croyait d?un autre âge. Quelques mois après Les Gazelles, la comédie de Mona Achache sortie dans une relative indifférence quand elle laissait pourtant entrevoir un avenir meilleur pour le genre, Sous les jupes des filles et son casting pléthorique dont peu arrivent à se sortir a fait un carton. On s?insurge.

Les trois frères, le retour de Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus

On y a cru, un moment, à cette promesse de voir réunis pour un baroud d?honneur ceux qui furent un temps (le début des années 90) les mecs les plus drôles de France. Autant dire que le retour des triplés a fait mal. Pas dans le bon sens. Incapable de retrouver l?équilibre miraculeux du premier Trois frères - son sens de la vanne inouï, son feeling de road trip mélo -, Les Trois frères, le retour n?était qu?une enfilade de pseudo-blagues sinistres complètement déconnectées de son époque (la vision de la banlieue, mon Dieu), du cinéma et de l?humour tout court. Ce qui a fait le plus mal, c?est l?aigreur du film - et de leurs auteurs, incapables d?encaisser les mauvaises critiques reçues par le film à sa sortie et qui agitèrent le drapeau démago du « public a raison ».

Transcendance de Wally Pfister

Le chef opérateur de <strong>Christopher Nolan</strong> a tenté le grand saut en passant à la réalisation avec un thriller techno hanté par l?influence de son mentor. Et s?est loupé à l?atterrissage. En retard de 30 ans, le scénario paresseux, confus voire carrément grotesque, fait de <strong>Johnny Depp</strong> un être dématérialisé, ce qui est peut être la seule métaphore valable du film : l?acteur n?a aucune consistance dans cet essai maladroit sur l?intelligence artificielle.<strong>Vous détesterez aussi</strong> : Lucy de Luc Besson, énorme hit mondial mais à peu près aussi grosse arnaque, où l?on croise également <strong>Morgan Freeman</strong> débitant machinalement des discours pseudo-scientifiques aberrants.

Les Yeux jaunes des crocodiles de Cécile Telerman

Deux héroïnes outrageusement archétypales (la pauvre fille un peu moche, un peu gauche, mais gentille et sa s?ur, très belle et très désirée mais un peu salope), une mise en scène éculée, une atmosphère vaudevillesque qui sent la naphtaline, le tout adapté d?un best-seller de <strong>Katherine Pancol</strong> avec le manque de finesse, de réalisme et de consistance qui la caractérise : consternant. Pour être honnête, on choisit ces <em>Yeux jaunes</em> comme symptôme d?un cinéma français sans ambition et en roue libre et le film prend pour tous les autres.<strong>Vous détesterez aussi</strong> : Tu veux ou tu veux pas de <strong>Tonie Marshall</strong>, versant romantique de la relation cliché entre deux êtres qui s?opposent. Avec le même <strong>Patrick Bruel</strong>.

Grace de Monaco d'Olivier Dahan

Il avait de l?or dans les mains et en a fait de la bouillie. <strong>Kidman</strong> pour incarner Kelly, la possibilité d?une réflexion sur le métier d?actrice, ou a minima d?un grand biopic prestigieux taillé pour faire l?ouverture de Cannes : <strong>Olivier Dahan</strong> a tout loupé. Le grand biopic est resserré sur une période à l?insignifiance historique absolue, Kidman n?explore jamais les possibilités d?un rôle qu?elle effleure à peine et rate son comeback dans les grandes largeurs, quant à une piste théorique qui tenterait de réfléchir à son sujet, on n?en a pas trouvé trace.   

Eden de Mia Hansen-Love

La promesse était sans doute trop difficile à tenir, l?ambition réelle trop éloignée de celle qu?on a voulu lui prêter : mais le film de <strong>Mia Hansen-Love</strong> vendu comme l?histoire d?une génération à travers sa musique n?est pas plus que le portrait d?un mec (son frère DJ) à l?épaisseur romanesque quasi nulle et de ses déboires sentimentaux. Un des plus gros malentendus de l'année.

Last Days of Summer de Jason Reitman

Ca fait longtemps qu'on a lâché l'affaire <strong>Jason Reitman</strong>, incapable de résoudre la tension paradoxale née de sa misanthropie profonde et de son désir de faire un grand feel good movie (bref, rééditer le coup de <em>Juno</em>). Ce n'est pas avec Last Days of Summer, huis-clos bâclé et paresseux où Reitman tente tout et n'importe quoi (Kazan, Malick, Spielberg et Tennessee Williams sont convoqués), que Jason réussira son coup une fois de plus. Le pompon : sa séquence sur la cuisson d'une tarte aux pommes par un taulard en cavale shootée façon Escapades de Petitrenaud, qui nous amènera tranquillement à une morale de fast food. C'est ce que retient le héros de cette affaire : ouvrir une pâtisserie. Evidemment. <strong>Vous détesterez aussi</strong> : Men, Women and Children du même <strong>Jason Reitman</strong>.

On a dit adieu à 2014 et, pour éviter la nostalgie, souvenons-nous de ce que l’année cinéma avait produit de pire. Des déceptions aux attentats artistiques purs et simples en passant par les films dont on se fout mais qui prennent pour tous les autres, voici, avec ce qu’il faut de méchanceté et de mauvaise fois, le meilleur du pire de 2014.