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Le film cerveau

Shining (Stanley Kubrick, 1980)

S'il n'en est pas l'inventeur, le terme de « film cerveau » a pratiquement été inventé pour <em>Stanley Kubrick</em>. Avec <em>Shining</em>, qu'on peut voir comme une contamination sur l'espace des cauchemars de son personnage, les hallucinations deviennent réalité. L'environnement mute en territoire psychanalytique. L'hypnose, motif constant de ce cinéma obsédé par la puissance primitive du muet, se déploie à l'écran et pour un spectateur sidéré.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>

Matrix (Andy et Larry Wachowski, 1999)

L'asservissement de l'homme par la machine n'est qu'un gadget narratif dans <em>Matrix</em>. Un prétexte autorisant la création d'un monde moins séparé du réel qu'il en serait la simulation. Pour les frères Wachowski compte moins le virtuel que la virtualité. Tout le film est à cette image, intégrant dans sa texture même et sa relecture transversale du cinéma l'idée que la technique cache les possibles de l'homme. Il en est, en quelque sorte, une vision au cortex.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>

Ne vous retournez pas (Nicholas Roeg, 1973)

Rêve et cinéma, une histoire presque aussi vieille que l'invention des frères Lumières corrigée par Méliès. Depuis les splendeurs du muet (<em>Murnau</em>, <em>Dreyer</em>, <em>Griffith</em> etc.) on n'a cessé d'évoquer la dimension hallucinatoire du film. Plus en lien direct avec les labyrinthes oniriques, <em>Ne vous retournez pas</em> de <em>Nicholas Roeg</em> (influencé par <em>Borges</em> depuis son précédent <em>Performance</em>) imagine un cauchemar vénitien et hivernal de toute beauté.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>

Mulholland Drive (David Lynch, 2001)

Les palimpsestes oniriques de <em>David Lynch</em> ne demandent plus aucun commentaire. Ils n'appellent désormais qu'à un silence religieux et égal à la méditation proposée par ce cinéma invitant à la gnose. Voilés d'une gaze laissant vagabonder l'esprit vers des contrées ésotériques, les films de Lynch ont trop fait parler des images dont on voudrait garder le mystère. Ainsi de <em>Mulholland Drive</em>, rêverie hollywoodienne, américaine, féminine.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>

Mon oncle d'Amérique (Alain Resnais, 1980)

Nul autre plus qu'<em>Alain Resnais</em> n'a été célébré pour les vertus cérébrales de son cinéma. Chez lui, les labyrinthes mnésiques dessinent une infinité de strates temporelles, de renversements spatiaux, de compositions fragmentées, de constructions polyphoniques où les pièces s'agencent en synapses. Preuve explicite de cet intérêt pour le cerveau, <em>Mon oncle d'Amérique</em>, étonnante mise en fiction des expériences du neurobiologiste Henri Laborit.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>

Le Locataire (Roman Polanski, 1976)

La filmographie de <em>Roman Polanski</em> est pavée de films cerveaux, paranoïaques, aux espaces anxiogènes et incertains (<em>Répulsion</em>, <em>Rosemary's Baby</em>, <em>Le Pianiste</em>). De tous, <em>Le Locataire</em> est peut-être le plus radical : Polanski, derrière et devant la caméra, invente un film proche du délire hallucinatoire où la folie contaminant l'espace produit un pur cauchemar social et du quotidien.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>

Shutter Island (Martin Scorsese, 2010)

Butinant d'un genre à l'autre depuis dix ans, le catholique cinéphile <em>Martin Scorsese</em> s'attaque au thriller horrifique avec <em>Shutter Island</em>. <em>Hitchock</em>, <em>Fuller</em>, <em>William Peter Blatty</em>, <em>Polanski</em> et <em>Kubrick</em> sont de la partie, aidant le cinéaste dans la conception d'une île cerveau, la fabrication d'un circuit mental, paranoïaque, débordant progressivement vers le surgissement du trauma. De ce film à <em>Inception</em>, <em>leonardo dicaprio</em> fera le lien en semblant poursuivre son rôle.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>

Fight Club (David Fincher, 1999)

Montages elliptiques, collures vibrantes, images brouillées, visions psychotiques, narration stratifiée en couches de mémoire, espace modulaire, tout cet appareil stylistique et d'écriture tentant de coller au haut du front a fait le bonheur des <em>christopher nolan</em>, <em>darren aronofsky</em>, <em>michel gondry</em> et gaspar noé. Autre film cerveau, le légendaire <em>Fight Club</em>, point de vue schizo sur un monde dégénéré et observé avec cynisme par le grand <em>David Fincher</em>, cinéaste des boucles temporelles.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>

Paprika (Satoshi Kon, 2006)

Dernier génie du cinéma d'animation japonais, <em>Satoshi Kon</em> n'a cessé de déconstruire la réalité, l'ouvrir vers des virtualités accroissant l'imaginaire et notre perception du réel. D'un film théorique à l'autre, il a bâti une philosophie de l'image où la contamination sert de matrice. Avec <em>Paprika</em>, film testament, Kon explore le rêve, Internet et la propagation de la fiction dans un monde ou celle-ci doit être délimitée/contrôlée pour encore faire sens.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>

Memento/The Dark Knigh/Inception (Christopher Nolan)

Avant <em>The Dark Knight</em>, film cerné, prison mentale entrechoquant des pièces de récits tel un dialogue exténuant sur la justice et son ordre moral, <em>Christopher Nolan</em> s'était d'abord rendu populaire avec <em>Memento</em>. Thriller bergsonien en rewind, Memento a fondé tout son concept sur la mémoire et notre perception du réel. Gimmick narratif de scénariste, ce procédé participera à installer l'axiome nolanien : le pouvoir des illusions, qu'il expose encore dans <em>Le Prestige</em> et, surtout, dans <em>Inception</em>. Thriller cérébral au scénario très complexe, Inception imbrique à un niveau rarement atteint rêve et réalité, selon la même structure de poupées russes que Memento, mais avec une efficacité et une virtuosité encore plus redoutables.Critique, photos et vidéos d'<em>Inception</em>Jérôme Dittmar

Film cerveau, rêvé, hallucinogène ; contamination de la fiction dans le réel, illusion réaliste, monde virtuel, autant de thèmes ou genres similaires que le cinéma se coltine depuis sa naissance, de l'avant garde des années 20 en passant par Hitchcock jusqu'à Kubrick, Resnais, Lynch, Polanski, Gondry, Fincher et Christopher Nolan. Pour la sortie d'Inception, micro liste non exhaustive mais choisie d'un cinéma mental.