DR

Ça arrive parfois. Généralement en milieu de festival. Après avoir dévoré les longs-métrages de la sélection officielle, tout en se repaissant des soirées qui tombaient à portée de main, on finit par être lessivé, essoré, repassé, pendue à un ceintre. Mais on n’est qu’à mi-parcours et le Tarantino est projeté le lendemain matin à la séance de 8h30. Ça arrive parfois. On n’est alors pas fichu de se lever et de traîner ses petites fesses jusqu’à la salle du film qui est annoncé comme un des évènements incontournables de cette édition.Comme tout le monde, on avait vu la bande-annonce où le lieutenant Brad Pitt haranguait ses soldats et les motivait à casser du nazi (“Nous déchaînerons notre cruauté envers les nazis et de là, nous leurs feront comprendront qui nous sommes.”). Comme tout le monde, on était alléché à l’idée d’une mission sanglante en plein milieu de la seconde guerre mondiale (“Ils en auront la nausé, ils parleront de nous, ils nous craindront”). Mais comme tout les pieds tendres du festival, on n’a pu qu’entendre les échos de la projo presse.Pourtant, même s’il est toujours préférable de vérifier par soi-même (je ne désespère pas), force est de constater que les propos entendus attisent la curiosité plus que tout. C’est unanime, on parle plus de la composition d’un Général Allemand que celle de Brad, visiblement réduite à 15mn. On parle d’un film de table où les méchants et les gentils parlent jusqu’à plus soif. En gros, l’action promise a été expurgé au profit d’une pièce de théâtre de 2h40. On parle d’un remontage pour dégraisser un peu le tout. Maggie Cheung n’est plus là. Léa Seydoux a un rôle d’un plan. Michael Fassbender est génial. Papy fait de la résistance n’est jamais très loin dans les références citées par les critiques.Ca fait peur et, en même temps, cette dichotomie entre le fantasme né de la bande-annonce et le rapport subectif des confrères est sûrement ce qu’il y a de plus motivant ces derniers jours.Je veux voir ces Bâtards peu glorieux !