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Le thème : Live and Let Die. Pour la première fois, John Barry laisse la place à un autre compositeur : LALD fut composé et chanté par le Beatle Paul MacCartney et produit par George Martin. Le thème (un morceau pop symphonique sublime) est d’une ampleur et d’une force mélodique insensées. Régulièrement mis en tête des tops des génériques des Bond, il explose les thèmes chantés par Shirley Bassey même si le pont en reggae ne fait pas l’unanimité. Pour l’anecdote rappelons que dans Goldfinger, Bond affirmait qu’il était malsain d’écouter les Beatles sans boules Quies. Pas rancunier…

 

 

 

James Bond contre… Dr Kananga (génial Yaphet Kotto) dictateur d’une petite ile caraibéenne dont les hommes éliminent au début du film trois agents 00. Bond, parti enquêter sur ces trois meurtres, découvre que Kananga est en fait un redoutable producteur d’héroïne. Kananga et son alter ego Mr Big cultivent des champs de pavot sur une petite île et veulent distribuer gratuitement leur drogue pour faire couler leur concurrent et développer l’addiction chez leurs consommateurs. Surtout, ces deux ( ?) vilains cachent leurs activités illicites en exploitant la peur du Vaudou et de l’occulte.

 

 

 

Le film : Adapté d’un des meilleurs romans de Ian Fleming, ce huitième 007 devait imposer un nouvel acteur dans le rôle. George Lazenby avait échoué malgré la réussite de Au service secret de sa majesté. Ici, James Bond renaît donc sous les traits de Roger Moore alors connu pour son interprétation de Simon Brett Templar aka Le Saint. Plus urbain et plus gentleman que Sean Connery, Moore campe un 007 plus léger, plus insouciant et moins hardboiled. Il recadre surtout le personnage qui s’était précédemment égaré dans une dérive américaine (remember ?). L’acteur et le ton plus léger collent également avec la mode ciné qui a radicalement changé : la blaxploitation marque fortement le film, avec un casting black impressionnant (Yaphet Kotto pré Truck Turner et pré Alien dans le rôle du méchant et Gloria Hendry toute droite issue de Black Caesar) et des rythmes afro envoûtants. Le résultat ? Décevant : à mi chemin entre le vaudeville miteux (les premières images montrant M surprenant Bond au lit avec une espionne de l’est) la relance de la franchise (nouveau Bond, nouvelles influences) et l’actioner comique raté (la poursuite dans le bayou et la présence de l’accablant shériff Pepper) VELM ne décolle jamais, mais explosa les recettes des précédents Bond. A part un prégénérique bis et anthologique (la fanfare vaudou qui se met à jouer jazz après avoir flingué les 00), VELM a pris un sacré coup de vieux.

 

 

 

007ème ciel : 4 fois (dont deux avec Rosy Carver)

 

 

 

Oh James ! Après la mollesse sexuelle de Connery dans Les Diamants sont éternels, Roger Moore tente d’établir un nouveau standard de séduction (et pourquoi pas de coucherie ?). Tout commence avec Mlle Caruso. Caruso (Madeline Smith) est la première Girl que rencontre Bond / Moore. Après être venue en aide à Bond, lors d’une mission à Rome, cette espionne italienne choisit de rester un peu auprès de 007 et de partager son lit. Bond rencontre ensuite Solitaire (Simone Latrelle de son vrai nom), une voyante dont le don réside surtout dans sa virginité. Esclave de Mr Big / Kananga, Solitaire va évidemment tomber amoureuse de Bond, coucher avec lui et perdre son don de voyance. Entre temps, Bond aura couché avec Rosie Carver, jolie black employée par la CIA mais qui travaille en fait pour Kananga. Elle a pour mission de tuer Bond, mais, menacé par 007 elle est tué par les épouvantails de Mr Big.

 

 

 

Bondologie :

Avec Vivre et laisser mourir, les producteurs voulaient vraiment se démarquer des Bond précédents. L'idée était de différencier Bond de Sean Connery, afin d’éviter un nouveau George Lazenby. Le Bond de Roger Moore :

- ne boit pas de vodka martini mais du bourbon

- reçoit ses ordres chez lui (comme dans le premier épisode, Dr. No)

- ne porte pas de chapeau

- ne fume pas de cigarettes, mais des cigares et ne reçoit pas de gadget (VELM est le seul Bond de la série dans lequel n’apparaît pas Q).

 

 

 

 

 

La réplique Bondienne :

James Bond (joué par Roger Moore) : "Bond, James Bond"