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Le Majordome (The Butler) a été le succès du week-end outre-Atlantique. Le film de Lee Daniels, qui relate la longue carrière d'Eugene Allen (renommé Cecil Gaines à l'écran), un homme qui servit 34 ans à la Maison Blanche et connut huit présidents américains, a rapporté 25 millions de dollars en trois jours. C'est plus que les recettes de Kick-Ass 2 et Jobs au démarrage ! Et c'est un énorme carton quand on sait que le tournage a coûté environ 30 millions de billets verts.Ce succès va faire des heureux, selon le Hollywood Reporter, qui révélait récemment que Le Majordome avait été produit par 41 personnes différentes. Vous pensiez que la société d'Harvey Weinstein s'était chargée de tout ? En fait, la Weinstein Company s'est occupée de la promotion américaine du film, et non de son financement en amont. Avant de filmer la moindre scène, le réalisateur a dû réunir un certain budget et pour cela, il a été aidé par des personnes venues d'univers très différents.Tout a commencé en 2011, révèle le magazine américain. Laura Ziskin et Pam Williams ont adoré l'idée du projet de Daniels, mais la première productrice est décédée en juin, laissant le réalisateur paniqué. Elle avait déjà attiré sur le projet Sheila et Robert Johnson, les fondateurs de la Black Network Television, une chaîne du petit écran dédié au public afro-américain. « A Hollywood, personne ne veut soutenir un tel film, justifie ce dernier, mais quand j'ai lu le scénario de Danny Strong, je l'ai adoré. Je l'ai relu et je savais qu'il fallait les aider à le financer. »Ils ont alors rencontré Lee Daniels, qui a accepté de collaborer avec eux, et ont versé 2,7 millions de dollars dans le projet. Sheila a ensuite cherché des investisseurs, en particulier des Afro-Américains : « J'ai voulu créer un précédent. Ce n'était pas évident, mais on a essayé. » Elle a d'abord fait signer son propre fils, Brett Johnson, qui a créé sa marque de chaussures, ainsi qu'Earl W. Stafford, un philanthrope américain célèbre pour avoir emmené 400 personnes défavorisées au discours d'inauguration de Barack Obama en 2009.A la mort de Laura Ziskin, Lee Daniels et sa partenaire sur The Butler, Hilary Shor, ont demandé à Cassian Elwes, un producteur indépendant, s'il pouvait se joindre à eux sur ce film historique. L'homme avait déjà travaillé avec sur Paperboy et a accepté de nouveau. Forest Whitaker, qui incarne le personnage principal du film, a également mis la main à la poche. En revanche, Oprah Winfrey, qui joue sa femme, n'aurait pas participé au financement, précise la source.Len Blavatnik, un milliardaire né en Ukraine, a ensuite accepté d'ajouter 6 millions de dollars, en collaboration avec Icon U.K. un distributeur de films britannique. Puis Stuart Ford, à la tête de la boîte de production IM Global, a été chargé de présenter le projet à Cannes, au moment où Lee Daniels y présentait Paperboy. Il a réuni sur place 6 millions d'euros de plus, mais 'seulement' concernant des droits de distribution à l'étranger. Puis Michael Finley, un ancien joueur de basket de la NBA a participé au financement du film, tout comme Buddy Patrick, un homme soutenant des films tournés en Louisiane, via sa société Windy Hill Pictures. Sans compter de nombreux anonymes, qui ont versé des sommes plus ou moins conséquentes et sont cités au générique du Majordome.Et voilà comment Daniels a pu réunir un casting aussi impressionnant : Whitaker, Winfrey, Lenny Kravitz, Terrence Howard, David Oyelowo, Mariah Carey, Jane Fonda, John Cusack ou encore Robin Williams font tous partie de l'aventure. Une fois le tournage démarré, en septembre 2012, le réalisateur n'était pourtant pas au bout de ses surprises : il a dû faire face à quelques retards, à cause d'une météo capricieuse. C'est comme ça que son budget est passé de 25 à 30 millions de dollars. Mais vu le nombre de soutiens, la somme a vite été réunie et près d'un an plus tard, Le majordome est dans les salles américaines, où il se rembourse à la vitesse grand V.« On ne peut pas dire que ce soit un film indépendant lambda, conclue David Glasser, qui travaille pour la Weinstein Company. L'implication des investisseurs était énorme : ils voulaient vraiment que le film se fasse. Avec Harvey, on a dore quand des inconnus se réunissent pour donner vie à des projets tels que celui-là. ». « C'est vrai, ajoute Daniels. Ils ont misé sur mon long-métrage alors que les gros studios ne l'auraient pas fait. On pourrait en faire un film... de l'histoire de ce film ! ».PHOTOS - Révisez l’histoire américaine avec Le Majordome de Lee DanielsLee Daniels vs. Warner Bros : la guerre des titres