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It Follows, titre parfait pour un deuxième long, tellement logique que ça paraît dingue que personne n’y ait pensé avant. Tout ce que vous aviez aimé dans The Myth of the American Sleepover, chronique soufflante de la pyjama party vue comme légende fondatrice de l’Amérique teenage, est à nouveau là. Comme au premier jour, comme la toute première fois.>>> Découvrez la bande annonce de It FollowsL’empathie folle pour une poignée de kids des suburbs de Detroit, le fantasme d’une autarcie adolescente dont les figures adultes seraient totalement exclues, les adieux à l’enfance vécus comme un été sans fin, et cette peur qui troue le bide quand on contemple l’imminence de son dépucelage… Tout y est, mais désormais servi par une métaphore horrifique à la fois limpide et filandreuse, puritaine et libertaire, où le sexe est vécu, alternativement et parfois en même temps, comme une malédiction et une délivrance. Métaphore elle-même coulée dans un réseau de citations carpenteriennes (des banlieues au crépuscule), de fétichisme lynchien (le velours rouge des cinés de quartier) et de flashs tourneuriens (une piscine à la fin). L’amour qu’on porte à It Follows ne se mesure pourtant pas franchement à ce que le film fait de ses emprunts à Halloween, Blue Velvet ou La Féline, plutôt à la façon dont il s’empare méthodiquement de tous les thèmes et motifs de Sleepover pour les pousser dans le rouge, et observer ensuite là où ça passe, et là où ça casse. Deux films, déjà une œuvre qui a fait le tour d’elle-même et ne demande maintenant qu’à aller voir ailleurs. David Robert Mitchell est un auteur à, hum… suivre, évidemment.Frédéric FoubertIt Follows de David Robert Mitchell avec Maika Monroe, Kair Gilchrist, Daniel Zovatto sort le 4 février dans nos salles.Voir aussi L'entretien avec David Robert Mitchell