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Pour se faire entendre dans un conflit avec les studios, les principaux réseaux de salles américaines menacent de ne pas sortir le dernier Harry Potter.Un nouveau bras de fer s’engage à Hollywood : les principaux studios (Universal, Sony, Warner Bros. et 20th Century Fox) viennent de signer un accord pour un service premium de VOD : il sera possible à partir de ce mois-ci de pouvoir louer à domicile leurs films les plus importants deux mois après leurs sortie en salles, pour 30 dollars la séance. La NATO (National Association of Theater Owners), regroupement des circuits nationaux de salles, voit cette concurrence d’un très mauvais œil et menace pour faire pression de boycotter la sortie des blockbusters de cet été, à commencer par le dernier Harry Potter. Les salles craignent en effet de voir leurs revenus mécaniquement se restreindre – plus un film reste longtemps à l’affiche, plus le pourcentage de l’exploitant sur ses recettes augmente. Les studios rétorquant qu’il est désormais d’usage qu’un film fasse 50% de son box-office pendant ses deux premières semaines d’exploitations, la NATO a sorti son joker.Il s’était révélé payant lors de la sortie d’Alice au pays des merveilles : de nombreuses salles américaines, mais aussi européennes – ne pas oublier qu’aujourd’hui la majorité des recettes d’un film hollywoodien vient de l’étranger…- avaient fait usage de la même menace auprès de Disney qui avait planifié une sortie DVD du film de Tim Burton dans des délais réduits. Le studio avait alors rapidement négocié une sortie normale. Si les termes n’ont jamais été révélés, on peut supposer qu’il s’est agi d’un pourcentage plus élevé dès le départ. Disney n’aura pas à entrer dans le conflit cette fois-ci : avec Paramount, ils ont refusé ce programme de VOD, estimant qu’il favoriserait la piraterie de leurs films. Un choix qui pèse forcément dans la balance des exploitants : en cas de boycott, si Paramount sort un film la même semaine que Warner ou Sony, le premier serait forcément favorisé… On peut toutefois se demander si la NATO ne tente pas un énorme coup de bluff . Qui peut penser que l’été 2011, parmi les plus chargés en blockbusters qui sont tous de gros succès potentiels, les salles vont se priver d’une telle masse financière ?