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Gilles Jacob sort de l’ombre ! En publiant ses mémoires, le directeur du Festival de Cannes, probablement l’homme le plus discret du cinéma, dévoile les coulisses de sa vie et donc, du Festival. Car comme il le dit lui-même, il a deux vies : l’une biologique, l’autre cinématographique, qui se rencontrent, se nourrissent, se mêlent et se confondent. Dans La vie passera comme un rêve, Gilles Jacob laisse son amour pour le cinéma et ceux qui le font l’emporter, par le biais d’une plume maîtrisée, drôle et émouvante. Le livre fourmille de détails sur le Festival de Cannes. Du visionnage des films à leur sélection, de l’organisation de l’événement à l’envoi des invitations, tout est expliqué. Le tout avec quelques révélations sur les stars qui, elles aussi, font leur festival. Le lecteur découvre qu’Adjani souhaitait faire manger des radis et poivrons aux membres de son jury et qu’en cas de tremblement de terre à Los Angeles, mieux vaut être aux côtés de Clint Eastwood qui, classe oblige, reste d’un sang froid à tout épreuve. On pleure avec l’auteur à l’enterrement de Truffaut et Fellini, on souffre comme lui lors des négociations avec les Russes et on espère autant que lui que la réunion des lauréats de la Palme d’or pour le 50ème anniversaire du festival se déroulera sans accro. Accro que le directeur tenta en vain d’éviter lorsqu’il accrocha la rosette d’officier des Arts et des Lettres à la poitrine de Sharon Stone (« Imaginez une peu qu’à cet instant crucial une goutte de sang perlât… », confesse-t-il). Rédigé par un ancien critique cinéma, ce livre, au casting extraordinaire, se dévore. Et même s’il révèle quelques rouages (moins glamour) du Festival, il nous approche un peu plus du 7ème art et nous fait rêver. Comme un film. Par Caroline Vasserot La vie passera comme un rêve de Gilles Jacobéd. Robert Laffont380 pages21 €disponible en libraire