Twilight – Chapitre 4 : Révélation 1ère partie (3D)

Twilight - Chapitre 4 : Révélation 1ère partie : interview

Twilight 4 : l'interview de Robert Pattinson

15/12/2011 - 00h00
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Combien de temps a duré le tournage des deux parties de Révélation ?

Huit mois !


Kristen, pour ne pas la citer, nous a parlé de six...

J’ai dû rester plus longtemps. (Rire.)


Y avait-il des matins où tu te réveillais en te disant : « Je n’en reviens pas qu’on soit toujours en train de tourner ce film » ?

Carrément. On a quand même passé deux mois entiers à tourner dans la même pièce devant un immense fond vert.


J’espère au moins qu’il s’agissait de la scène de sexe.

Même pas ! Celle-là, on l’a mise en boîte en une journée. Non, c’était des moments où il ne se passe rien. On était cloîtrés dans cette espèce de caisson vert, avec de la fausse neige qui recouvrait le sol, et on passait nos journées sans presque dire un mot, à se regarder dans le blanc des yeux en ayant l’air le plus intense possible.


Personne ne t’a dit que tu étais le cobaye d’une expérience ?

Voilà, c’est ça : « On va vous mettre dans cette pièce toute verte pendant huit semaines, et on verra qui craquera le premier. » (Rire.)


Bill Condon venait-il tous les jours avec son Oscar sous le bras ?

Non, ce n’est pas son genre. Par contre, je crois qu’il n’avait pas vraiment pris la mesure de ce dans quoi il s’était embarqué... Mais c’est quelqu’un qui ne stresse jamais ou, en tout cas, qui est très doué pour le cacher. C’était marrant, d’ailleurs. Tout le monde venait le voir en hurlant : « Bill, tu as vu ça ? C’est n’importe quoi ! » Il regardait alors son interlocuteur, lui répondait : « Je sais, c’est dingue ! » et, la seconde d’après, il avait disparu.


C’est un moyen comme un autre de régler les problèmes.

Il fallait le voir : « Je suis totalement d’accord avec toi, c’est un désastre ! », puis il se volatilisait pour le reste de la journée. Bill est hyper drôle et il a injecté un peu de ce sens de l’humour dans Révélation. La saga n’est pas vraiment réputée pour son côté fun et les précédents réalisateurs semblaient très attachés à cette dimension torturée. Le premier tiers de ce dernier chapitre est tout l’inverse : léger, détendu...


Les premières images de la bande-annonce semblent en effet étrangement ensoleillées...

Bill est aussi un excellent scénariste. Comme Chris Weitz, qui l’avait un peu osé avant lui sur Tentation, il n’a pas eu peur de dévier du livre par moments. Sur n’importe quel autre film, lorsqu’une réplique ne fonctionne pas, on la change lors du tournage pour faire en sorte que ça marche. Mais ça a toujours été impossible sur Twilight. Dès que j’étais mal à l’aise avec un dialogue, on me répondait : « Il faut absolument que tu dises ça, c’est écrit dans le bouquin ! » Bill, lui, n’hésitait pas à trancher : « OK, on adapte. C’est mon film, après tout... » (Rire.)


Et là, tu viens d’énerver plusieurs millions de fans.

Tant pis ! Ça me fait d’ailleurs penser à un truc que j’ai vu récemment en tombant sur la photo d’une fille qui s’était fait tatouer la célèbre phrase sur le lion et l’agneau (« Et le lion s’éprit de l’agneau »)... J’ai regardé par deux fois, et je me suis rendu compte qu’elle s’était trompée dans la formulation et avait inscrit : « Et l’agneau s’éprit du lion » ! T’imagines ? Être fan au point de te faire graver une réplique sur la peau pour le restant de tes jours, et ce n’est même pas la bonne ?


Dans les trois premiers films, il était surtout question de réprimer sa sexualité. Là, c’est carrément la fête : des bains de minuit, des scènes de sexe où le lit finit par céder, une grossesse accélérée... Je ne suis pas sûr d’être prêt à encaisser tout ça d’un coup.

Ça me faisait aussi un peu peur, pour être honnête ! Quand j’ai entendu parler du dernier livre et qu’on m’a dit : « Tu vas voir, ils n’arrêtent pas de coucher ensemble, parfois violemment, Jacob tombe amoureux du bébé... », j’ai complètement halluciné. Résumé comme ça, on dirait que c’est l’histoire la plus barrée de tous les temps. Mais, à la lecture, c’est nettement moins choquant. Pour ceux qui ne connaissent pas les romans, je suis persuadé que ce film sera de loin le plus intéressant de la série. On n’est plus dans le fantastique pour ados mais dans un drame bizarre qui s’aventure parfois vers l’horreur. Il y a des scènes où Bella ressemble vraiment à un alien. Dans la partie du film où le bébé la ronge de l’intérieur, elle est complètement émaciée, livide. Kristen devait porter un maquillage affreux et, quand je la voyais en arrivant sur le plateau, je demandais aux gens de l’équipe : « Vous êtes sûrs qu’on est en train de tourner Twilight ? Ce n’est pas censé être inoffensif et tout public ? »


Ça va plaire à David Cronenberg (Pattinson vient de tourner avec lui l’adaptation de “Cosmopolis”, de Don DeLillo).

Je pense qu’il va apprécier certaines scènes, comme celle où je pratique une césarienne avec les dents en mordant à travers le placenta. Ça n’aurait pas détonné dans l’un de ses premiers longs métrages. Sauf que lui l’aurait filmée en gros plan, évidemment.


Avec Révélation, je pense que vous allez conquérir un nouveau public, à commencer par ceux qui vont se déplacer juste pour voir à quel point l’intrigue est tordue...

Ils vont en avoir pour leur argent ! C’est hilarant. Aucun film de cette ampleur n’ose jamais prendre ce genre de risques. Mais puisque les scènes les plus folles marquent à chaque fois un tournant dans l’intrigue et sont indispensables à la narration, il était impossible d’adapter le livre sans les inclure. On se regardait tous les jours en se disant : « Je crois qu’on n’a pas le choix, il va falloir tourner tous ces trucs bizarres. » Il n’était pas question d’édulcorer quoi que ce soit.


Tu es donc devenu un pro de la césarienne buccale ?

C’est sans doute le truc le plus drôle que j’ai jamais eu à faire. Je relevais la tête et j’étais couvert de fromage blanc ou de je ne sais quelle substance ils avaient mis là-dedans. Avant de tourner la scène, Stephenie Meyer, une sage-femme, Kristen et moi avons eu une discussion avec un médecin pour déterminer à quel endroit il faudrait mordre si une telle situation se présentait dans la réalité. Le docteur nous a regardés, un peu perplexe, avant de répondre : « Euh, je ne pense pas que ce soit faisable dans la vraie vie. » (Rire.)


J’ai de plus en plus envie de voir le film...

Je suis impatient de le voir moi aussi. Je vais probablement pleurer de rire en le regardant !


Arrête-moi si je me trompe, mais j’ai l’impression que l’hystérie provoquée par la franchise est un peu retombée, que tu peux plus qu’avant mener une vie normale...

Pas encore, non. À Los Angeles, je dispose d’à peu près quarante secondes à partir du moment où j’arrive quelque part avant qu’on me demande un autographe. Tout ça à cause de Twitter. Si ce site n’existait pas, je serais beaucoup plus tranquille. Quand je croise le regard de quelqu’un qui s’empresse de dégainer son portable, je sais pertinemment que c’est foutu et que je vais passer une bonne partie de la journée à devoir semer des gens. C’est très agaçant.


Il paraît que tu as provoqué une émeute au Brésil, où a été tournée la lune de miel...

Oui, on a causé une mini-émeute à l’aéroport qui a failli nous faire arrêter. Je ne sais pas pourquoi, d’ailleurs, mais c’était assez flippant. Le type de l’immigration m’a fait un plan du genre : « Tu es chez moi ici et on va jouer selon mes règles. » Tout ce que tu voudras, laisse-moi juste quitter l’aéroport ! (Rire.)


À quoi ressemblait l’ambiance lors du dernier jour de tournage de Révélation, au moment de dire adieu à quatre ans de Twilight ?

Nous étions au Canada pour le dernier jour de prises de vues avec l’équipe au complet. Une journée ordinaire sur le plateau de Twilight : on tournait en pleine nuit par un froid de canard, il pleuvait... Lorsque le premier assistant a annoncé le clap de fin, tout le monde s’est enfui dans sa caravane sans même penser à boire un coup ! Mais mon dernier jour à proprement parler est arrivé un peu plus tard, et il a été magnifique. Une partie de l’équipe s’était reformée pour filmer des plans additionnels aux Caraïbes. Il y avait juste Kristen et moi, pas le moindre stress... On tournait dans la mer et je n’avais donc pas à me faire maquiller ni à porter des lentilles de contact. Il faisait une chaleur d’enfer et, à la fin des prises, on a tous bu un cocktail sur la plage en regardant le soleil se lever. Je me suis alors demandé pourquoi nous n’avions pas fait que ça depuis quatre ans. Tous les moments difficiles se sont soudainement évaporés.

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