L'échange : entretien avec Angelina Jolie et Clint Eastwood

22/05/2008 - 15h25
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Depuis que le panda fou est parti faire du kung-fu ailleurs et que l’aventurier maniaque du fouet a repris le large, les marches cannoises retrouvent enfin un peu de sérieux. Clint Eastwood présente son dernier film l’Echange dans lequel Angelina Jolie voit son fils disparaître. Mais l’enfant que la police lui rend n’est pas le sien. Un rôle sur mesure pour la maman la plus célèbre d’Hollywood.
Par Karl Rozemeyer adaptation Delphine Drieu la Rochelle

 

Quand on adapte l’histoire vraie d’un combat pour la justice, n’y a-t-il pas le risque de perdre la force des émotions ?
Clint Eastwood : Il semblerait que tous les vingt à trente ans, il y ait une sorte de petite révolution au sein de la police de Los Angeles, plusieurs agents ayant été impliqués dans de sordides histoires de corruption. Notre histoire se situe en 1928, une autre période noire, et il est évident qu’au lieu d’avoir envoyé quelqu’un sur le terrain, la plainte de cette mère a été tout simplement classée.

 

Angelina, qu’est-ce qui vous a attiré dans ce rôle ?
Angelina Jolie : L’instinct maternel sans aucun doute. Je me suis demandé ce qui se passerait si cela m’arrivait. Quelle serait ma douleur, ma frustration ? Cependant j’ai dû trouver autre chose car au même moment, j’ai perdu ma mère quelques mois avant le début du tournage et elle ressemblait vraiment beaucoup à Christine, mon personnage. Travailler sur Christine m’a permis de passer à nouveau un peu de temps avec ma mère et m’a aidé à cicatriser.

Le film peut-il trouver un écho aujourd’hui ?
C.E. : Mon but était de recréer une situation qui soit typique de cette époque. Cependant, qui sait ? L’histoire pourrait très bien se répéter. Mais il y a tout de même eu des changements dans la structure de LAPD. Des bons comme des mauvais. Mais à l’époque, cette femme s’est retrouvée seule contre tous, même après avoir été internée à tort dans un asile psychiatrique.
A.J. : Le film traite évidemment des dysfonctionnements de la police de Los Angeles en ce temps-là, mais il y a toujours eu des gens pour se battre contre un gouvernement qui les opprime. On voit ça tous les jours en allumant la télé.

C’est l’autorité en général qui vous pose problème ?
C.E. : J’aime la remettre en question, c’est vrai. Mais il faut bien avouer qu’on choisit ces histoires en fonction de leur tension dramatique. Ça n’a aucun sens de raconter une histoire où il n’y a pas de conflit et où il ne se passe rien.
Dans Mystic River , vous parliez déjà d’un enfant en danger.
C.E. : Parce qu’une menace qui pèse au-dessus de la tête d’un enfant, c’est le paroxysme du drame. L’histoire de cet enfant, à qui une organisation criminelle vole sa vie et sa santé mentale, est une tragédie extrême.

 

Pourquoi ne pas avoir voulu jouer dans votre propre film ?
C.E. : Tout simplement parce qu’il n’y avait pas de rôle pour moi dedans. Je suis trop vieux pour être un des rôles masculins. Avec l’âge, c’est inévitable, je passe plus de temps derrière la caméra.
Pourtant la rumeur annonce que vous reviendriez dans la peau de Dirty Harry.
C.E. : Eh bien c’est faux.
A.J. : En fait, c’est moi qui vais reprendre le rôle
C.E. : Dirty Harriette revient en chasseur de reliques ! Non sérieusement soyons réalistes. A mon âge, Dirty Harry ne serait certainement pas en fonction dans un commissariat.

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