All Or Nothing : interview
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Interview Mike Leigh
Leigh à la question.
Comment fait-il? Avec qui? Pourquoi? Petites réponses de Mike.
Par O. D. B.
Avez-vous travaillé sur All or Nothing comme sur vos films précédents, en laissant vos acteurs improviser et en ne leur dévoilant pas le scénario?
Mike Leigh : Oui, mes comédiens n’ont pas la possibilité de lire le scénario qui, de toute façon, évolue en permanence. Ils ne connaissent que la trame de leur propre partition. Mais, comme d’habitude, nous avons beaucoup répété durant des mois pour créer les personnages et inventer leurs relations.
Timothy Spall est décidément votre acteur fétiche. Vous avez travaillé avec lui sur Life Is Sweet, Secrets et Mensonges, Topsy-Turvy...
M. L. : Timothy et moi parlons le même langage. Il apporte, avec un minimum d’effets, quelque chose qui évoque la compassion. Tous les grands acteurs devraient être comme lui: un mélange de compétence absolue et d’humilité. C’est une belle personne et c’est sans doute pour cela qu’il est un bon acteur.
Vous aimez beaucoup les visages; votre caméra semble prendre un soin infini à filmer les nuances qui s’y expriment.
M. L. : Beaucoup de choses se lisent sur les visages. Si j’avais vécu à l’époque de Rembrandt, j’aurais probablement été peintre, portraitiste. Quand j’étais petit, à l’âge de 6 ans, je passais mon temps à dessiner. Mon père était très gêné par mes caricatures des adultes.
Votre film est produit par un Français, Alain Sarde. Aurait-il été possible de le financer uniquement avec des fonds anglais?
M. L. : C’est une question sans réponse... J’ai produit des films sans financements étrangers et ça n’a jamais rien changé à mon travail. Tout dépend de votre intégrité, de votre désir de travailler dans une direction précise. Plus généralement, il est toujours difficile de produire des films en Angleterre. Les jeunes cinéastes ont du mal, même si, finalement, leur situation est meilleure que celle des cinéastes de ma génération. Il y a vingt ans, nous ne pouvions réaliser des films que pour la télévision… La pression qui pèse sur leurs épaules est néanmoins considérable. Le problème des jeunes cinéastes anglais est précisément que leur langue est... l’anglais. La tentation est grande de leur demander de réaliser des sous-produits hollywoodiens.
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