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Les Noces rebelles : interview

Interview : Kate Winslet, actrice à tout prix !

19/01/2009 - 00h00
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Interview : Kate Winslet, actrice à tout prix !

Enfin ! Enfin la consécration. Kate Winslet a reçu le Golden Globe de la meilleure actrice dramatique pour Les Noces Rebelles un film essentiel dans sa filmographie.
Voilà onze ans que l’on attendait ça ! Que Kate Winslet retrouve enfin Leonardo DiCaprio, son amour de jeunesse au cinéma qui les a propulsés tous les deux en haut de l’affiche. L’attente a été longue, mais le retour est fracassant. Dans ces Noces rebelles, ils campent désormais un couple marié, dont l’union, sans être un naufrage, tangue sérieusement. Une histoire magnifique qui justifie pleinement de donner la parole à une actrice rare, douée (avec, à 33 ans, cinq nominations à l’Oscar) et filmée pour la première fois par son réalisateur de mari à la ville, Sam Mendes. Si rare qu’elle n’a pas trouvé le temps de venir nous rencontrer en chair et en os. C’est donc au téléphone, depuis New York où elle vit la moitié du temps, qu’elle s’est confiée. Allô, Kate ?

Par Véronique Le Bris

Comment se sont passées vos retrouvailles avec Leonardo, onze ans après Titanic (3D) ?
J’attendais ce moment avec impatience ! J’avais très envie de retravailler avec Leo, et j’avoue que dès les répétitions, le fait de se retrouver dans la même pièce, de partager à nouveau un film était formidable. Quand j’ai eu le scénario des Noces rebelles entre les mains, il y a cinq ans, la première personne qui m’est venue à l’esprit pour jouer Frank était Leo. Mais ce n’était qu’un rêve. Plus tard, quand mon mari, Sam Mendes, s’est proposé pour réaliser le film, je lui ai alors demandé à quel acteur il pensait pour Frank. « Le seul que j’envisage est Leo », m’a-t-il répondu. J’étais tellement heureuse qu’il y pense lui aussi ! Je ne lui avais rien suggéré car il fallait absolument que cette décision émane du réalisateur lui-même.

Entre Leo et vous, que s’est-il passé en onze ans ?
Évidemment, lui comme moi avons beaucoup changé depuis Titanic. Durant ces onze années, nous sommes toujours restés amis. Je savais donc que nous avions toujours confiance l’un dans l’autre et que nos vies respectives nous aideraient à approfondir nos rôles de Frank et d’April, qu’il n’y aurait pas de mur entre nous justement grâce à cette histoire commune, à notre vieille complicité, à notre longue amitié. Je peux dire aujourd’hui que ce fut à nouveau une excellente expérience, et je suis vraiment ravie que nous ayons pu nous retrouver ainsi.

Vous êtes-vous donné rendez-vous dans dix ans ?
Non, pas encore. Mais j’adorerais renouveler l’expérience car nous travaillons de manière très similaire.

C’est aussi la première fois que vous êtes dirigée par votre mari...
Je n’avais jamais travaillé avec lui, ni au théâtre ni au cinéma. Ce qui ne veut pas dire que nous n’en avions pas envie. Mais nous savions que pour que cela se fasse, il fallait que nous soyons passionnés par un même sujet. Et, honnêtement, ce n’est jamais arrivé avant que nous lisions, chacun de notre côté, Les Noces rebelles. Là, il est devenu évident que c’était le bon projet, le plus intense pour nous deux.

Qu’avez-vous d’abord découvert, le livre ou le scénario ?
Le script, mais j’ai aussi lu le livre, La Fenêtre panoramique de Richard Yates, que j’adore. Je dois dire que le scénario est très fidèle au roman. Le scénariste (Justin Haythe) et Sam n’ont rien changé à l’histoire centrale, ils n’ont laissé tomber aucun élément de la narration, tout en la concentrant pour en faire un film. Plus encore, cela a été un travail de coopération entre nous tous. En tant qu’homme de théâtre, Sam est profondément respectueux des acteurs. Leur opinion durant les répétitions ou sur le plateau compte. Nous avons donc pu lui proposer de reprendre certains dialogues du livre plutôt que ceux du scénario parce que nous les trouvions plus adéquats ou plus dynamiques.

En quoi April, cette femme pleine d’énergie et de rêves finalement piégée par une vie ordinaire et conventionnelle, vous ressemble-t-elle ?
Je suis très différente d’elle. Mais c’est toujours un immense défi pour une actrice, et aussi l’intérêt principal de son métier, de jouer un personnage qui n’a rien à voir avec soi. April me touche parce qu’elle n’a pas pu choisir sa vie, parce qu’elle est déterminée à vivre ses passions et à essayer d’être heureuse. Je ne suis pas comme elle. Je suis une personne très positive avec une famille formidable et un métier que j’adore ; je peux exprimer quasiment chaque jour ce que je suis... J’ai donc dû chercher à comprendre qui est vraiment April, ce qui l’anime si profondément, ce qu’elle attend de son mariage à une époque où les choix étaient extrêmement limités. Je tenais à mettre
en évidence que, comme April et quels qu’en soient les risques, il faut se battre pour son propre bonheur, et qu’elle le fait avec un héroïsme et une force incroyables, même si elle est brisée à l’intérieur d’elle-même. Jamais je n’avais rencontré dans un rôle une combinaison d’émotions aussi contradictoires. Ce qui imposait que j’utilise une palette de jeu particulièrement riche. Je me devais de rendre justice à un tel personnage.

Le film est situé dans l’Amérique des années 1950. En quoi est-il universel, selon vous ?
À cette époque, la société américaine était très polie, conventionnelle, conformiste, et attachait beaucoup d’importance aux apparences. Dans le film, ce contexte s’efface au fur et à mesure qu’on se concentre sur les deux personnages principaux, étranglés dans ce qu’ils essaient d’être au sein de leur couple puisqu’ils ne pensent jamais à se séparer. Comme eux, on se réveille tous un jour en se disant : « Est-ce vraiment la vie dont j’ai rêvé, la vie dont j’ai envie ? En étant honnête avec moi-même, puis-je réellement le prétendre ? Et que puis-je faire, sinon ? » C’est en cela que ce film est universel. Il pose des questions fondamentales et montre très bien que la vie est un long, génial mais difficile voyage.

En quoi le fait qu’April veuille être actrice signifie-t-il quelque chose ?
C’était déjà dans le livre, qui commence, comme le film d’ailleurs, sur ce gros malentendu : elle voulait être comédienne, mais, très ironiquement, sans doute n’a-t-elle jamais été une bonne actrice, et peut-être son désir n’a-t-il jamais été qu’un rêve. Je devais réussir à faire passer cette passion et cette frustration puisqu’elles mettent aussi en évidence cette idée de rêves non accomplis. April est très déçue, elle n’a pas pu poursuivre son projet parce qu’elle est devenue épouse et mère. Quand elle s’en rend compte, c’est absolument terrible !

Et vous, avez-vous encore un rêve ?
Celui de vivre une vraie vie – pas seulement au cinéma – qui soit la plus imprévisible possible. Cela explique qu’après Le Liseur de Stephen Daldry, que j’ai tourné à la suite des Noces rebelles et qui devrait bientôt sortir, je ne me sois toujours pas engagée sur un autre film. J’attends qu’un projet me surprenne.

Est-ce pour cela que vous êtes une actrice rare, tant par le nombre de vos films que par votre présence discrète dans les médias ?
Il y a différents types d’actrices. Moi, je refuse d’être une célébrité. J’adore mon métier, mais je tiens à rester mystérieuse. De la même manière, dans mon travail, je ne m’engage qu’avec prudence. Je refuse d’en faire trop.

Mamma mia ! a presque coulé Titanic au box-office anglais. Qu’en dites-vous ?
Que ces chiffres ne signifient rien pour moi, que je n’ai absolument pas le sens de la compétition et que j’adore Mamma mia !

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