Affiche Bliss

Bliss : interview

Interview : Drew Barrymore parle de Bliss

04/01/2010 - 17h02
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Interview : Drew Barrymore parle de Bliss

Dans quel état d’esprit avez-vous abordé le tournage de ce premier film ?

Drew Barrymore : J’étais ultrapréparée. Tous les plans étaient soigneusement listés, storyboardés...
Il m’est arrivé de travailler avec des réalisateurs débutants dont certains n’avaient pas la moindre idée de ce qu’ils étaient en train de faire. Il n’y a rien de moins sexy que l’indécision.

Vous êtes-vous retrouvée dans l’histoire de cette lycéenne qui rejette le chemin que sa mère a tracé pour elle ?

D.B : Bien sûr. J’ai moi-même entretenu des rapports tumultueux avec ma mère. Mon expérience personnelle a largement influencé le scénario, même si ma relation avec ma mère n’a pas forcément connu la même conclusion que celle du film... J’ai voulu injecter un maximum de vérité dans les
personnages. Je déteste les archétypes, rien n’est aussi simple qu’on ne le croit. Quand j’avais 20 ans, j’étais obsédée par les happy ends. Maintenant que j’ai passé la trentaine, profiter d’une bonne journée me suffit.

Votre mère a-t-elle vu le film ?

D.B : Je n’en ai aucune idée.

Comme le personnage de Bliss, joué par Ellen Page, avez-vous eu à lutter pour trouver votre place pendant votre adolescence ?

D.B : Oh, oui... J’ai vécu l’enfer à l’école. J’étais la gamine grassouillette qui se faisait tabasser à la récré. Mais ce sont ces gens-là qui deviennent cool plus tard. J’ai rencontré une tonne de mecs et de filles canon qui sont ennuyeux à mourir. Ils n’ont jamais eu à faire le moindre effort. Je reste persuadée que les gens drôles, au tempérament artistique, sont ceux qui se faisaient malmener à l’école. Ça vous rend plus humain.

Est-il facile de se faire des amis à Hollywood ?

D.B : Sans problème. J’ai un détecteur de connerie à toute épreuve.

L’envie de réaliser vous est-elle venue récemment ?

D.B : Non. À 6 ans, je donnais déjà des scénarios à lire à mon parrain. Je me suis échauffée toute ma vie pour le jour où je passerais derrière la
caméra. Ce n’est pas forcément en sprintant que l’on remporte la course. J’ai passé beaucoup de temps à observer les réalisateurs avec lesquels
je bossais, puis je me suis lancée dans la production... Mais rien ne prépare réellement à l’ampleur de la tâche. Ce film, j’y ai mis mes tripes pendant trois ans, sept jours par semaine, vingt heures par jour.

J’imagine que vous ne pratiquiez pas le roller avant de tourner le film...

D.B : Pas du tout. Je me suis immergée dans le monde du roller derby, cette culture très particulière, et
j’ai suivi un entraînement drastique avec les autres actrices...

Des bleus ?

D.B : De la tête aux pieds. Les assurances m’ont forcée à faire un nombre incalculable d’analyses. On m’a même
posé une sonde anale. Je ne rigole pas. Urines, sang, ils ont tout testé. Quand vous êtes réalisatrice, actrice, et
que vous avez des cascades à accomplir, c’est la procédure. Ça n’empêche que c’était très étrange.

Un remède de choix pour les blessures ?

D.B : Du baume à l’arnica. Et des sacs de glace.

Un petit whisky, des fois ?

Non. Ça, j’en prends pour les blessures morales. (Rire.)

Vous jouez, vous produisez, vous réalisez... Que vous reste-t-il à accomplir ?

Donner naissance à un bébé extraterrestre ?

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