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L'une met en scène Jérôme Kircher, l'autre Denis Lavant, deux comédiens magnifiques au sein d'une distribution non moins talentueuse sous la direction précise de Jacques Osinski.Marius von Mayenburg est un auteur allemand de 39 ans à l’écriture nerveuse et séduisante, et qui aborde souvent des thèmes d’actualité : l’enfance, la perte d’identité, la folie quotidienne des villes. De lui, on a vu en France Visage de feu et L’enfant froid. Avec Le Moche, le jeune auteur attaque au scalpel les thèmes de la séduction et des valeurs esthétiques dans un monde où tout se monnaye et s’échange. Lette, un employé modèle joué par Jérôme Kircher, doit présenter à de futurs acheteurs la dernière innovation de son entreprise d’ingénierie. Au dernier moment, il se voit souffler la place par un de ses collègues. La raison : son visage, laid, impossible à présenter. Qu’à cela ne tienne, un véritable manitou en chirurgie esthétique se trouve sur son chemin, qui lui refait entièrement la face. Le voilà qui réapparait en sexe symbole, sa femme ne peut plus le retenir, c’est une publicité de chirurgie plastique… Jacques Osinski, avec des comédiens épatants, réalise avec une simplicité déconcertante un petit bijou de théâtre qui en dit beaucoup sur notre réel. Humour ravageur, vivacité des dialogues et des changements de situation, le texte, joué à la perfection, est une satire cinglante du paraître. Beaucoup moins réussie est la seconde pièce, portée par un Denis Lavant irréprochable. Inspirée du Procès de Kafka, elle raconte l’errance nocturne d’un homme poursuivi par inconnus au désir cannibale. Les scènes, oniriques, effrayantes, s’enchaînent sans suspense, sans parvenir, malgré le talent des comédiens, à provoquer chez le spectateur l’envoûtement ni l’étrangeté du texte. Comme les loups de la pièce, on reste sur sa faim. Restez en donc au Moche et régalez-vous !Par Hélène Kuttner.>> Réservez vos places pour Le Moche !>> Réservez vos places pour Le Chien, la Nuit, le Couteau !