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Cannes ne se ressemble déjà plus. Le dernier jour du festival, se balader dans la rue d’Antibes avec son badge d’accred’, sacro-saint sésame, fait désormais un peu tâche. La masse de touristes ou d’habitants ont repris le contrôle de la ville. On n’entend plus le bruissement incessant de la foule de journalistes mais les mouettes. Cela dit, on pourrait les confondre avec la dernière poignée de critiques restés pour couvrir le palmarès, vu que celle-ci piaille à l’affut du moindre dernier ragot ou des rumeurs de palmarès. Dans la première catégorie, les ultimes festivaliers se marrent de la guéguerre entre les deux Isabelles, Huppert et Adjani. La deuxième n’a pas eu de bol : toute la semaine, les Guignols se sont terminés par une saynète ou à la manière du Kenny de South Park, elle se faisait dessouder avant d’arriver à monter les marches ; sa véritable apparition devrait virer court : Mme la présidente du jury aurait exigé que Adjani ne monte pas sur scène pour remettre comme prévu la Palme d’or, mais juste la Caméra d’or, et soit raccompagnée fissa à la porte. Quelque chose me dit qu’on n’est pas prêt de voir les deux actrices au casting d’un même film… Côté bruits de couloir concernant le Palmarès, deux tendances tiennent le cordeau : certains jurent que le copinage jouerait en la faveur du film de Michael Haneke, d’autres certifient que la côte du Lars Von Trier remonterait très haut, si haut qu’il décrocherait une seconde palme avec AntiChrist. Vérification dans une poignée d’heures, salle Lumière. Prévoir, si la seconde hypothèse s’avérait la bonne, une remise de palme dans une ambiance à la « vous-ne-m’aimez-pas, je-ne-vous-aime-pas-non-plus » façon Pialat quand Sous le soleil de Satan avait été récompensé… Pendant ce temps, Gaspar Noé est soulagé, si Soudain le vide est quasi-unanimement, comme c’était prévisible avant même la projection, détesté par la majorité des critiques, le réalisateur a retrouvé son père qui avait disparu quelques heures, le temps d’une escapade buissonnière. Sans doute ce qu’il y avait de mieux à faire en ces dernières heures de festival, où sans projections, l’ennui rôde… Au point qu’on se souvienne des deux derniers films présentés en competition : Map of the sounds of Tokyo et Visages. Juste le temps de se rémemorér à quel point ils sont oubliables…