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Red Sparrow

Dominika, danseuse étoile blessée sur scène, est recrutée par le KGB pour devenir un super-agent secret, afin d'embobiner un espion de la CIA sur le territoire russe. Trahisons, coups de feu secs, coups doubles et bien fourrés dans le glacis ex-soviétique : on est en terrain connu, mais la particularité frappante de Red Sparrow est de pousser les curseurs bien loin dans le rouge en tout ce qui concerne la nudité et la violence, filmés plein cadre, sans aucun fard.

Frédéric Foubert
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Pierre Lapin

Des oiseaux dans le ciel bleu éclatant de la campagne anglaise… c’est sur cette image que s’ouvre le film de Will Gluck (Easy Girl). Ils virevoltent et chantent une douce chanson au parfum bucolique. Alors qu’ils se posent dans une chorégraphie étudiée, ils se font dégommer façon strike par un Pierre Lapin pressé, en pleine course-poursuite avec un renard. Le ton est donné : que ceux qui attendent une adaptation délicate et courtoise comme une conversation entre deux British de l’œuvre millionnaire de Beatrix Potter passent leur chemin.

Perrine Quennesson
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Mobile Homes

C’est l’histoire d’une mère courage indigne. Un paradoxe qui fait le sel de ce premier long métrage, découvert à la Quinzaine des Réalisateurs. Elle s’appelle Al. Et avec son fils Bone et son compagnon Evan, elle sillonne ls routes américaines et canadiennes en espérant un jour enfin se poser, entamer une vie « normale », se sédentariser. Mais à force de jouer avec le feu en survivant de petits trafics (de coqs de combats), elle va mettre l’avenir et plus précisément la vie même de son gamin en jeu.

Thierry Chèze
1 À l'heure des souvenirs

Ritesh Batra possède cet art délicat de savoir raconter et partager des romances à l’écran. Un genre trop souvent considéré comme mineur mais qui, chez lui, tient du délice émotionnel permanent. On l’avait découvert avec The lunchbox. Il l’avait confirmé avec Nos âmes la nuit – porté par le superbe duo Robert Redford- Jane Fonda – distribué sur Netflix après sa présentation à Venise en septembre dernier. Et A l’heure des souvenirs enfonce brillamment le clou.

Thierry Chèze
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Percujam

Le groupe Percujam sillonne la France à la rencontre d’un public enthousiasmé par ces musiciens d’un genre particulier, pour moitié atteints d’autisme. Alexandre Messina les a suivis sur scène et dans le centre spécialisé où ils vivent, entourés d’éducateurs-musiciens qui appliquent une thérapie par l’art. Visiblement, ça marche pour tous ces jeunes qui semblent avoir dépassé leur handicap et trouvé une forme d’épanouissement.

Christophe Narbonne
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La mort de Staline

5 mars 1953. Staline s'effondre. Que faire ? se demandent les membres du Politburo autour de l'encombrant cadavre. Le massacre commence. La farce politique, hésitant entre parodie et satire, n’est pas au niveau de ce qu’on attend du brillant Armando Iannucci (The Thick of It, In the Loop, Veep): le portrait des dirigeants soviétiques (Steve Buscemi, Jeffrey Tambor…) est celui d'une galerie de gros incapables sympathiques, meurtriers de masse par accident plus que par calcul.

Sylvestre Picard
1
Mademoiselle Paradis

Située en 1777 dans la haute société viennoise, cette chronique du destin de Maria Theresia Paradis, jeune pianiste-compositrice aveugle à qui un médecin sulfureux tente de redonner la vue, n’est pas sans rappeler par sa reconstitution rococo le génial Amadeus de Milos Forman. À la différence que l’étouffement des salons aristocratiques, qui fait de l’héroïne un fragile instrument au service de sa famille et des cercles scientifiques, donne ici naissance à une potentielle mais éprouvante émancipation féminine.

Damien Leblanc
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Candelaria

C’est une histoire incroyablement gonflée et ne basculant pourtant jamais dans une quelconque provocation facile. Celle d’un couple de septuagénaires cubains, subissant au quotidien la crise économique violente qui étrangle leur pays au plus fort de l’embargo américain dans le milieu des années 90. Jusqu’au jour où le mari de ce couple rentre à la maison avec une caméra et décide de filmer leur intimité… et leurs ébats. Des petits films qui vont se vendre en douce comme des petits pains par l’entremise d’un petit voyou prêt à les faire chanter s’ils décidaient de s’arrêter.

Thierry Chèze
1
Un cheval nommé Éléphant

Un grand-père sur son lit de mort demande à ses petits-enfants, Lalo et Roberto, de libérer leur cheval. Tout droit venu du Chili, Un cheval nommé Éléphant, est sur le papier un véritable conte pour enfant. Ce n’est pas tout à fait le cas tant certains propos (grossiers) et images pourraient heurter la sensibilité des plus jeunes. L’histoire, simple, tient la route.

Alexandre Bernard
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Lutine

Isa, réalisatrice, décide tourner un documentaire ayant pour sujet le polyamour. Sauf qu’entre acteurs et vrais intervenants, les frontières se brouillent et le couple d’Isa tangue dangereusement… Drôle de film que Lutine, jamais vraiment certain de sa nature : docu-fiction ? Comédie ? Drame ? Isabelle Broué se met en scène dans cet objet indéfinissable, à la fois réflexion sur la création cinématographique (le scénario s’écrit en temps réel à l’écran, façon vrai-faux making-of) et les amours plurielles. Une idée intéressante sur le papier qui s’essouffle rapidement à l’écran.

François Léger
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Après l'ombre

Stéphane Mercurio poursuit son travail entamé à la télévision en 2011, avec A l'ombre de la République, sur les conséquences psychologiques et sanitaires de l'enfermement -carcéral en l'occurrence. La réalisatrice a suivi le metteur en scène Daniel Ruiz qui entreprend de monter un spectacle avec d'anciens détenus de longue peine, à partir de leurs témoignages sur la prison. Cette libération d'une parole longtemps muselée offre de beaux moments d'émotion que la caméra, empathique, enregistre à bonne distance. 

Christophe Narbonne
1
Après l'ombre

Stéphane Mercurio poursuit son travail entamé à la télévision en 2011, avec A l'ombre de la République, sur les conséquences psychologiques et sanitaires de l'enfermement -carcéral en l'occurrence. La réalisatrice a suivi le metteur en scène Daniel Ruiz qui entreprend de monter un spectacle avec d'anciens détenus de longue peine, à partir de leurs témoignages sur la prison. Cette libération d'une parole longtemps muselée offre de beaux moments d'émotion que la caméra, empathique, enregistre à bonne distance. 

Christophe Narbonne
1
The Rider

Ceux qui ont vu le précédent film de Chloé Zhao ne seront pas dépaysés. The Rider a été tourné dans la même réserve indienne de Pine Bridge, Dakota du Sud. La cinéaste se penche cette fois sur le milieu du rodéo, à travers le portrait de Brady Blackburn, un jeune spécialiste du bronc riding, la monte de cheval sauvage. Tombé dans le coma après une terrible chute, le cowboy de 20 ans a désormais une plaque de métal dans le crâne et l’interdiction de faire la seule chose qui le fait vibrer : chevaucher.

Eric Vernay
1
C'est assez bien d'être fou

Au volant d’un vieux camion des années 1970, Bilal, street artist, et Antoine, réalisateur, se sont lancés dans un voyage de plusieurs mois jusqu’aux confins de la Sibérie. C’est assez bien d’être fou est un road trip comme on a peu l’habitude d’en voir -il a été réalisé en 2013, bien avant Visages Villages auquel il peut faire penser. Au cœur de l’Europe de l’Est, les deux amis font la rencontre de personnages tous aussi atypiques les uns que les autres, qui leur racontent leur quotidien. Ils vivront également des situations qui marqueront à jamais leurs mémoires.

Alexandre Bernard
5
Ready Player One

On était un peu sceptique face au projet Ready Player One, surtout à cause du roman de Ernest Cline (Player One) et sa manière faussement cool de vanter toute la culture geek. Son petit best-seller était une célébration trop lisse et très vide de la nostalgie des années 80, une sacralisation des marques et des icônes qui virait à l’hyperconsumérisme.

Gael Golhen
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Madame Hyde

Madame Géquil (sic), prof de physique en banlieue, acquiert des pouvoirs pyrotechniques après une expérience dangereuse. C'est un film de superhéroïne qui pourrait presque dialoguer avec Split par sa vision des superpouvoirs comme une malédiction sociale et physique, mais c'est surtout un film d'auteur français qui porte incontestablement la marque d'un auteur dans le sens le plus suffisant du terme, avec son rythme bizarre, hyper littéraire (on a toutefois beaucoup de mal à retrouver la force du texte de Stevenson), voire intello prétentieux.

Sylvestre Picard
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Carnivores

Deux frères acteurs qui, pour leur premier long, racontent l’histoire de sœurs… actrices. Voilà comment résumer à grands traits le passage derrière la caméra de Jérémie et Yannick Rénier dans ce thriller heureusement plus retors qu’il ne peut y paraître de prime abord. Il y a d’un côté Mona (Leïla Bekhti), l’aînée, celle qui, la première a eu envie de devenir actrice, fait le Conservatoire et semblé atteindre son rêve.

Thierry Chèze
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Coby

Suzanne le sait, elle veut devenir un garçon. Mais avant de se rebaptiser officiellement Jake, comme les avatars des jeux vidéos de son enfance, elle aura un nom de transition : Coby. Ses parents acceptent bien la situation. Sa copine aussi. Quant à la violence du regard d’autrui qu’on s’attendait un peu à déplorer dans ce type de parcours transgenre en Amérique profonde, il ne survient qu’en sourdine, par le biais d’une courte anecdote à la chute victorieuse.

Eric Vernay
1
Frost

Sharunas Bartas appartient à cette catégorie de cinéastes qui aiment entretenir le flou autour de ses récits, donnant au spectateur un rôle actif. En l’occurrence que raconte Frost ? Le portrait d’un couple de jeunes Lituaniens en route pour une mission humanitaire en Ukraine ? Ou la chronique du conflit sanglant qui oppose depuis 2014 l’armée ukrainienne et les forces séparatistes pro-russes ? Sans doute, l’un et l’autre à la fois. Ou peut-être encore autre chose qui nous a échappé.

Thierry Chèze
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La tête à l'envers

Imaginez Buster Keaton avec la tête d’un universitaire et les cheveux roux de Louis CK et vous obtiendrez Josef Hader, clown blanc qui manie aussi bien la pantomime que le sarcasme et l’autodérision. Dans son premier film comme réalisateur, il s’est écrit un rôle sur mesure, celui d’un critique musical respecté viré brutalement pour cause de restructuration –et surtout de salaire trop élevé.

Christophe Narbonne
1
Vent du Nord

Vent du Nord débute comme un film social classique dans lequel Hervé, ouvrier et père de famille vivant dans le Nord-Pas-de-Calais, accepte sans broncher la délocalisation de son usine et songe à sa reconversion… avant que la narration ne prenne un tour inattendu en dévoilant quelques mois plus tard l’existence de Foued, jeune célibataire de la banlieue de Tunis qui a trouvé du travail dans l’usine relocalisée.

Damien Leblanc
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Jesús petit criminel

C’est un fait divers atroce qui a inspiré ce deuxième long métrage du chilien Fernando Guzzoni (le premier, Carne de pero, est resté inédit en France) : l’assassinat dans un jardin public de Santiago d’un jeune homosexuel par quatre meurtriers du même âge que lui, dont deux connaissaient bien la victime ! Un crime gratuit, que la police a longtemps cru lié au milieu néo-nazi, avant de découvrir la bien plus banale -et encore plus tragique- réalité.

Thierry Chèze
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Le collier rouge

Ne vous fiez pas à l’affiche, Le collier rouge n’est pas ce dont il a l’air : l’histoire d’une « amitié » entre un homme et un chien. Adapté du roman éponyme de Jean-Christophe Rufin, le film raconte le parcours d’un soldat pendant la première guerre mondiale sur le point d’être jugé pour un acte antipatriotique. Nicolas Duvauchelle est le héros insolent à la morgue frappée d’une gravité très touchante. Face à lui, François Cluzet est le militaire chargé de le juger. Nous sommes en 1919. Quatre ans de conflits ont transformé ces hommes.

Sophie Benamon
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Croc-Blanc

Il y a toujours la tentation de l'indulgence en voyant un film d'animation français : heureusement, ce Croc blanc-là veut faire pour de bon du cinéma d'animation pour grands enfants, en suivant assez bien la structure du roman de Jack London, mais en modifiant sa fin. Sans sacrifier à l'anthropomorphisme (les loups ne parlent pas) ni à l'humour facile (pas de sidekicks doublés par des stars comiques, pas de chansons).

Sylvestre Picard
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Les destinées d'Asher

Pour son premier film, l’ex professeur Matan Yair s’est intéressé à un sujet rarement abordé dans le très foisonnant cinéma israélien : les délaissés du système scolaire, ces ados issus des classes défavorisées, englués dans leurs problèmes de comportement qui finissent leur lycée sans avoir appris quoi que ce soit de l’école. Leur seule chance : intégrer une petite entreprise familiale. Asher est de ceux-là. Impulsif, presque illettré et plus porté à ouvrir sa gueule qu’un livre de classe, il canalise son énergie en aidant son père dans son business d’échafaudages.

Sophie Benamon
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Pacific Rim Uprising

L’humanité est une fois de plus menacée dans ce deuxième opus. Pour la sauver, Jake Pentecost (John Boyega) et une armée d’apprentis pilotes se lancent dans des combats tous spectaculaires, à l’aide de leurs super-robots badass. Le principe reste le même que celui du film réalisé par Guillermo del Toro en 2013. On retrouve avec plaisir Gipsy Danger (qui s’est refait une beauté pour l’occasion) ainsi que des petits nouveaux tous plus cool les uns que les autres, qui dévoilent de nouvelles armes et de nouveaux atouts.

Alexandre Bernard
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Vincent et moi

Entre 2012 et 2015, Edouard Cuel (avec Gaël Breton) a filmé le parcours de son fils trisomique pour l’accès au travail auquel il avait normalement droit. Ce documentaire montre avec humilité les réticences du monde professionnel, pas encore mûr pour accueillir les handicapés, et les obstacles légaux et administratifs auxquels les deux hommes ont été confrontés. Il témoigne surtout de l’amour infini d’un père pour son fils, et réciproquement. Vous n’êtes pas prêt d’oublier la scène où le premier craque, réconforté par le second... Vincent et Gaël, deux vrais héros au quotidien.

Christophe Narbonne
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Après la guerre

En 1985 le président français permet aux anciens activistes d’extrême-gauche italiens des années de plomb, d’éviter une extradition vers leurs pays d’origines pour peu qu’ils aient exprimé leur désengagement vis-à-vis de la cause. Baptisée pompeusement « doctrine Mitterrand », celle-ci sera remise en cause en 2002 avec l’autorisation d’extradition de l’écrivain Cesare Battisti, depuis réfugié au Brésil.

Thomas Baurez
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9 doigts

« Ne pas comprendre c’est la clé ». Cette phrase lancée dans le nouveau F.J. Ossang (Dharma guns) résume parfaitement le voyage cinématographique auquel ce dernier nous convie. Une balade pour laquelle il est recommandé de laisser tout esprit cartésien au vestiaire afin d’en savourer les tours et les détours. Au départ, se profile pourtant un film noir on ne peut plus classique. On y voit un homme tomber par hasard sur un paquet d’argent, s’en emparer avant de se faire courser par la bande cherchant à récupérer le magot.

Thierry Chèze
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The Captain - L'usurpateur

A travers l'histoire vraie d'un déserteur de 19 ans qui, usurpant l'identité d'un officier pendant les quinze derniers jours de la guerre, enclenche une succession d'atrocités, The Captain raconte rien moins que le fonctionnement du nazisme. Même si le système a été conçu au départ par une minorité, il s'appuie bel et bien sur l'ensemble de la population qui, consciemment ou non, par peur ou par intérêt, applique une logique guerrière primitive, transmise par une chaîne de commandement implacable.

Gérard Delorme