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Paul Sanchez est revenu

Auteure d’une œuvre éclatée et exigeante, Patricia Mazuy signe avec Paul Sanchez est revenu ! un thriller atypique dans lequel l’atmosphère oscille entre tension pure et situations absurdes. Zita Hanrot y incarne une jeune gendarme obsédée par la traque d’un tueur qui aurait été aperçu dans le sud-est, dix ans après y avoir massacré sa famille. Laurent Lafitte campe ce psychopathe présumé, errant dans la ville et dormant à flanc de colline. Est-ce vraiment lui ce Paul Sanchez dont toute la région parle ?

Christophe Narbonne
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Come as you are

Cette adaptation d’un roman pour ados signé Emily M. Danforth nous entraîne en 1993 au coeur des Rocheuses à l’intérieur d’un singulier centre chrétien chargé de « guérir » de jeunes ados de leurs penchants homosexuels pour leur faire retrouver la voie de l’hétérosexualité. On y suit la jeune Cameron - dont le seul crime a été de tomber amoureuse d’une autre fille - et ses camarades d’infortune dont on piétine ainsi sans vergogne les premiers élans du cœur.

Thierry Chèze
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The Guilty

Un soir comme les autres au standard téléphonique de la police de Copenhague. Asger, un flic costaud, reçoit appel après appel jusqu'au moment où... Où on va s'arrêter là puisque The Guilty est le genre de film malin qui réserve son lot -fort conséquent- de surprises. Un petit film au parfum high concept, car on ne quittera jamais les deux pièces foides du commissariat, toute l'action passant par Asger, et ses appels téléphoniques incessants.

Sylvestre Picard
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Mon tissu préféré

L’histoire débute en 2011 à Damas dans un taxi partagé ; Nahla (Manal Issa) regarde la ville, perdue dans ses pensées ; les autres passagers lui demandent de fermer la vitre – il pleut, ils ont froid – mais la jeune femme refuse ; l’air sur son visage lui plaît, elle a besoin de respirer. Cette séquence semble placer Mon Tissu Préféré sur les rails du cinéma arabe tel qu’on le connaît, ceux de la chronique sociale et du récit d’émancipation.

Michaël Patin
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Fleuve noir

Zonca signe un film chaotique mais passionnant, dominé par la composition bigger than life de Vincent Cassel.

 

Christophe Narbonne
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Ant-Man et la guêpe

Après le cliffhanger d’Infinity War, on souffle un peu avec cette comédie ponctuée de scènes d’action originales.

Elodie Bardinet
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Zama

Le cinéma de l’argentine Lucrecia Martel, reconnu dans le monde entier (La Ciénaga, La Nina santa, La femme sans tête…) ausculte avec une âpreté matinée d’une sensualité troublante, les doutes d’hommes (un peu) et de femmes (surtout) sur le point de s’ébranler. Il y a chez elle, l’idée d’un mouvement sans cesse retardé mais dont l’inertie fragile va entraîner une implosion (La Ciénaga), un éveil au monde (La Nina Santa) voire un effacement soudain (La femme sans tête).

Thomas Baurez
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John McEnroe L'empire de la perfection

« C’est l’avantage de la terre battue, écrivait Serge Daney, elle crée de la fiction. ». Dans son étonnant documentaire, Julien Faraut mélange les genres et les sujets. En reprenant les images de Gil de Kermadec, pionnier du « cinéma d’instruction », et, parfois, les mots de celui qui fut rédacteur en chef des Cahiers du cinéma et chroniqueur tennis pour Libération, le réalisateur dresse un portrait à la fois méticuleux et drolatique de l’ancien n°1 mondial et grand colérique, le John McEnroe de 1984.

Perrine Quennesson
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Paranoïa

C'est presque un cliché, vieux comme Shock Corridor ou Vol au-dessus d'un nid de coucou : le héros se retrouve interné dans un asile psychiatrique alors qu'il est a priori sain d'esprit, puis entre dans un engrenage brouillant les frontières entre raison et folie. Sauf que Steven Soderbergh tire de ce canevas confortable une expérience retorse dont le spectateur, doucement “encamisolé”, est en fait le principal jouet.

Yal Sadat
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Paranoïa

C'est presque un cliché, vieux comme Shock Corridor ou Vol au-dessus d'un nid de coucou : le héros se retrouve interné dans un asile psychiatrique alors qu'il est a priori sain d'esprit, puis entre dans un engrenage brouillant les frontières entre raison et folie. Sauf que Steven Soderbergh tire de ce canevas confortable une expérience retorse dont le spectateur, doucement “encamisolé”, est en fait le principal jouet.

Yal Sadat
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Moi et le Che

« Entre nous, est-ce que j’ai une tête de traître ? », s’interroge Patrick Chesnais, vaguement soupçonné d’être celui qui aurait donné Che Guevara des décennies auparavant. Et le film de dessiner poussivement, entre les quatre murs d’un appartement, le portrait d’un vieux révolutionnaire à coup de répliques historico-philosophiques assommantes et d’humour décalé ringard (le singe comme conscience du héros, les déclarations face caméra). Reste Patrick Chesnais, toujours aussi délicieusement à côté de la plaque.

Christophe Narbonne
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The Strange Ones

Un ado et son grand frère (Alex Pettyfer, avec un rôle enfin à la hauteur de sa présence physique) errent dans l'arrière-pays américain, laissant derrière eux un drame sanglant. The Strange Ones est un tout petit film (quatre-vingt minutes bien taillées), aux dimensions esthétiques et thématiques semblables à un épisode contemporain de La Quatrième dimension : beaucoup de non-dits, de mensonges, de suggestions, de parano et de hors champ.

Sylvestre Picard
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Dogman

Matteo Garrone rejoue l’histoire de David et Goliath dans un coin d’Italie délabré. Impressionnant.

 

Frédéric Foubert
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Dark River

A la mort de leur père, Alice retrouve son frère Joe. La ferme familiale est en jeu, les tensions éclatent autour de l’héritage. Clio Barnard (Le géant égoïste) s’empare sans sentimentalisme de ce marronnier des crispations familiales qu’elle situe dans le Yorkshire agricole. Une terre dont elle vient et qu’elle filme admirablement. Si la difficile relation sœur/frère, deux asociaux, est l’épine dorsale du film, on retient surtout l’atmosphère étouffante de cette campagne belle et pourtant âpre.

Anouk Féral
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A la dérive

L'islandais Baltasar Kormákur a prouvé son efficacité avec quelques thrillers hollywoodiens relaxants (Contrebande2 GunsEverest). Le voilà embarqué dans une histoire (vraie) de naufrage où le couple Shailene Woodley et Sam Claflin se retrouvent perdus en plein Pacifique, à la merci de la famine et de la noyade.

Sylvestre Picard
affiche Mes frères
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Mes frères

Deux frères, anciennes gloires de la scène rock indé, vivent désormais reclus sur une île, pansant tant bien que mal leurs blessures : Rocco est gravement cardiaque et dépressif, Eddy ne parle plus. Il faut pourtant continuer à vivre pour Simon, le fils de Rocco… Doloriste au possible, ce premier film souffre d’un manque de hauteur et de nuances qui le rend par moments ridicule. Il n'est pas aidé par le jeu des acteurs, totalement en roue libre.

Christophe Narbonne
affiche L'île au Trésor
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L'île au trésor

L’île de loisirs de Cergy-Pontoise n’est pas un terrain vierge au cinéma : en 1987, Eric Rohmer y tournait L’ami de mon amie. Si L’île au trésor nourrit bien une filiation géographique avec le dernier volet du cycle Comédie et Proverbes, c’est surtout dans le marivaudage des Contes de juillet du même Brac (en salles le 24 juillet) que la patte rohmérienne se fait le plus ressentir. Mais revenons sur L’île. C’est dans cette oasis cerclée par l’Oise que les habitants de la banlieue parisienne et des alentours viennent s’offrir une parenthèse oisive.

Eric Vernay
3 L'île au trésor

L’île de loisirs de Cergy-Pontoise n’est pas un terrain vierge au cinéma : en 1987, Eric Rohmer y tournait L’ami de mon amie. Si L’île au trésor nourrit bien une filiation géographique avec le dernier volet du cycle Comédie et Proverbes, c’est surtout dans le marivaudage des Contes de juillet du même Brac (en salles le 24 juillet) que la patte rohmérienne se fait le plus ressentir. Mais revenons sur L’île. C’est dans cette oasis cerclée par l’Oise que les habitants de la banlieue parisienne et des alentours viennent s’offrir une parenthèse oisive.

Eric Vernay
affiche woman at war
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Woman at war

Woman at war s’ouvre sur l’image d’une femme dégommant au tir à l’arc les câbles électriques qui alimentent une usine. Seule contre l’industrialisation des Hautes Terres d’Islande. Organisée comme un boy-scout, elle va ensuite se planquer pour éviter les flics avant de reprendre sa vie bien tranquille de chef de chorale. Le long-métrage de Benedikt Erlingsson est un nouveau genre de film militant, du genre à vous faire rire avant de vous faire réfléchir. Le combat pour l’environnement passe après le burlesque des situations que traverse cette Don Quichotte de la mondialisation.

Sophie Benamon
Le dossier de Mona Lina Affiche
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Le dossier Mona Lina

Chroniqueur inlassable des relations tumultueuses entre Israël et les pays arabes, l’israélien Eran Riklis (La fiancée syrienne) aborde pour la première fois cette question par le prisme du film d’espionnage. Et raconte l’exfiltration de Mona, une Libanaise soupçonnée par le Hezbollah d’être une taupe des services secrets israéliens. Pour la protéger, le Mossad décide alors de l’envoyer en Allemagne et de lui façonner un nouveau visage. Et la cache dans un appartement sous la protection d’une de leurs agents, Naomi, le temps qu’elle se remette de l’opération.

Thierry Chèze
3 A la dérive

L'islandais Baltasar Kormákur a prouvé son efficacité avec quelques thrillers hollywoodiens relaxants (Contrebande2 GunsEverest). Le voilà embarqué dans une histoire (vraie) de naufrage où le couple Shailene Woodley et Sam Claflin se retrouvent perdus en plein Pacifique, à la merci de la famine et de la noyade.

Sylvestre Picard
affiche Les quatre soeurs
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Les Quatre soeurs

L’œuvre d’une vie. Comment qualifier autrement Shoah, ce documentaire- référence de près de 10 heures qui raconte avec une puissance et une pédagogie sans pareil l’extermination des Juifs pendant la seconde guerre mondiale ? Plus de 30 ans après sa sortie, son auteur, Claude Lanzmann continue à compléter ce monument à travers des récits, alors partiellement écartés du montage.

Thierry Chèze
Affiche Au poste !
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Au poste !

L’affiche rend hommage à Peur sur la ville avec Bébel, la photo beige renvoie à l’esthétique des polars seventies, mais Au Poste !, le film de Quentin Dupieux n’a rien d’un pastiche. L’auteur de Steak et Réalité part seulement du genre policier pour le déconstruire, craquant ses codes à sa façon, théâtrale et absurde. Si vous espérez des courses de bagnole, des gunfights ou à des femmes fatales, fuyez.

Eric Vernay
affiche Les Indestructibles 2
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Les indestructibles 2

Il y a plusieurs logiques à l’oeuvre dans les suites made in Pixar. Toy Story 2 avait parachevé le triomphe du premier, allant encore plus loin, plus haut, faisant plus fort que le film d’origine - déjà un sacré truc.

Pierre Lunn
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joueurs

La rencontre entre Ella, serveuse dans le bar de son père, et Abel, un nouvel employé, transpire la fièvre. Dans le premier quart d’heure de son premier film, Marie Monge capte parfaitement l’urgence du désir, son impérieuse nécessité en dépit de toute objectivité : Abel est un voyou, magnifique certes, mais un voyou qui détrousse la caisse d’Ella avant de l’ensorceler. Trompée mais séduite (à moins que ce ne soit l’inverse), Ella est l’incarnation d’une vie rangée qui réclame de la nouveauté et de l’imprévu.

Christophe Narbonne
affiche How to Talk to Girls at Parties
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How to talk to girls at parties

En 1977, Neil Gaiman n’avait pas encore écrit Sandman, ni American Gods, et n’était donc pas devenu l’un des hérauts geek les plus influents de la planète. Il avait 17 ans et se contentait de jouer dans un groupe de punk avec ses copains. Muni de ce minuscule indice biographique, le spectateur de How To Talk To Girls At Parties (HTTTGAP) n’a besoin que d’une trentaine de secondes pour comprendre que l’ado boutonneux qui sirote ici ses premières pintes en écoutant les Damned est une version rétrospectivement fantasmée de Gaiman himself.

Frédéric Foubert
affiche becassine
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Bécassine !

Bécassine en 2018, excepté un air de Chantal Goya, ça ne dit plus grand-chose aux moins de 50 ans (60?). La bonne Bretonne est passée de mode comme les sucres d’orge et les soldats de plomb. Son revival par Bruno Podalydès obéit néanmoins à une certaine logique de la part de cet admirateur de Tintin, sur qui l’œuvre popularisée par Caumery et Pinchon eut une influence manifeste – la ressemblance physique, la ligne claire, les personnages secondaires pittoresques.

Christophe Narbonne
Une prière avant l'aube - affiche
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Une prière avant l'aube

En 2007, dans Johnny Mad Dog, premier film de Jean-Stéphane Sauvaire, les enfants-soldats d’Ouganda trouvaient un pistolet mitrailleur israélien Uzi dans les décombres d’une rue. « Comme celui de Chuck Norris dans Delta Force », s’exclamait alors Johnny, le chef de la bande de jeunes guerriers. « Vigilance, donc ! Chuck Norris peut être là. Ou les Israéliens. » Les mômes de Johnny Mad Dog empruntaient une partie de leur culture et de leur façon d’être au monde aux films d’action les plus bourrins des années 80.

Sylvestre Picard
Have a Nice Day
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Have a nice day

« Le Pulp Fiction de l’animation chinoise », annonçait la phrase d’accroche du site Indiewire dans le dossier de presse de Have A Nice Day. Une promesse assez tordue pour donner envie de se ruer en salle… Et reconnaître que nos confrères américains ont le sens de la formule. Ce second long métrage de Liu Jian (après Piercing I en 2010), qui bénéficie d’une distribution française suite à un parcours sinueux en festivals, emprunte en effet plus d’un trait à l’univers de Tarantino.

Michaël Patin
affiche jerico
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Jericó, l'envol infini des jours

Perdue au milieu des vallées et des montagnes de Jericó, une petite bourgade en Colombie, Catalina Mesa part à la rencontre de ses femmes, mémoires vivantes du village. Pomponnées en permanence et casse-cou malgré leurs âges (l’une d’entre elle, 80 ans passé, part faire de la moto sans casque dans les montagnes), elles sont belles et éternelles. Tout y passe. De la religion à leurs enfants, en passant par leurs relations amoureuses, voire intimes, ces femmes parlent de tout et sans tabou.

Alexandre Bernard