Family Film affiche
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Family film

L’explosion de la famille Ricoré. Avec la froideur d’un Yorgos Lanthimos (mais sans le malaise), la rugosité d’un Ruben Östlund (mais sans l’humour) et la pudeur d’un Joachim Trier, le deuxième film du Slovène Olmo Omerzu est une bombe à fragmentation familiale qui se désagrège au ralenti. Tout est dit dans son titre. Family Film est un long métrage dans une famille, sur la famille. Celle nucléaire en l’occurence d’Erik et Anna, dont les parents, des bourgeois CSP+ de Prague, partent faire un voyage en bateau quelques semaines avant Noël, les laissant seuls.

Perrine Quennesson
heureux comme lazzaro affiche
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Heureux comme Lazzaro

Le spectateur est d’emblée plongé dans une nuit épaisse. Des hommes s’approchent d’une maison et se mettent à chanter une sérénade. A l’intérieur, une famille. La caméra attend le lever du jour et part visiter la baraque décrépie. Cette maison, et le pays qui l’environne, c’est l’Italie éternelle, pauvre et insouciante, où cette drôle de colonie survit à l’écart du monde.

Gael Golhen
affiche Un amour impossible
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Un amour impossible

Cinéaste des amours empêchés et de la féminité dans tous ses états, Catherine Corsini avait sans le savoir pris date avec Christine Angot dont elle adapte Un amour impossible, récit de la relation fusionnelle entre une mère et sa fille avec, planant au-dessus d’elles, l’ombre maléfique de l’amant et géniteur absent. Subtilement photographié par Jeanne Lapoirie, le film s’inscrit à première vue dans le genre “qualité française” avec sa reconstitution impeccable, sa voix off littéraire et son grand sujet.

Christophe Narbonne
The Spy Gone North affiche
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The spy gone north

Il existe bel et bien deux versions de ce film là. La particularité, c’est qu’elles sont rigoureusement identiques. Récit d’espionnage 90’s auscultant comment les rapports entre les deux Corées se sont soudainement réchauffés (puis immédiatement refroidis) via l’entremise d’un agent infiltré, The spy gone north pouvait encore s’envisager il y a quelques mois comme la métaphore d’un échec perpétuel, un film-spirale autour d’un dialogue impossible.

François Grelet
Samouni Road affiche
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Samouni Road

Installée dans la périphérie rurale de Gaza depuis des décennies, la famille Samouni a subi un véritable cataclysme en 2009. Vingt-neuf de ses membres se sont fait abattre par l’armée israélienne. Leurs champs, leurs maisons, leurs arbres ont disparu.

Eric Vernay
Sale temps à l’Hotel El Royale affiche
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Sale temps à l'hôtel El Royale

Six ans après l'excellent La Cabane dans les bois (2012), film d'horreur à (très, très gros) twist qui déterrait avec bonheur les monstres de la pop culture (comme Cloverfield qu'il a co-écrit), on attendait beaucoup du deuxième film de Drew Goddard, d'autant que le pitch était tellement classique qu'il en était alléchant : dans les années 60, un prêtre, un VRP en aspirateurs, une jeune hippie et une chanteuse de soul noire se retrouvent dans un motel à la gloire passée situé pile sur la frontière entre Californie et Nevada.

Sylvestre Picard
Nous, Tikopia affiche
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Nous, Tikopia

« Tikopia n’existe pas, elle n’est pas sur la carte ! », s’exclame un bambin. Stupeur chez cet écolier, se rendant compte que la minuscule île qu’il habite est perdue en plein milieu du Pacifique et n’apparaît pas sur le globe de sa classe. Nous, Tikopia est un documentaire à plusieurs voix, immersion dans une tribu inconnue peuplant une île majestueuse. Le réalisateur y dissèque minutieusement les us et coutumes de ces autochtones bloqués entre les traditions millénaires et l’arrivée lente de la technologie.

François Rieux
Affiche Un homme pressé
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Un homme pressé

Il y a quelque chose relevant de la mise en abyme dans le fait de confier à Fabrice Luchini, maître de l’éloquence et du bon mot, le rôle d’un homme d’affaires perdant l’usage correct de la langue à la suite d’un AVC. Empêché, l’acteur bredouille, parle en verlan (une habitude chez lui, certes), remplace un mot par un autre (grossier de préférence, c’est plus comique)... Le résultat est dans un premier temps efficace mais l’argument finit par tourner en rond, voire par irriter -l’abus de verlan est mauvais pour la santé du spectateur.

Christophe Narbonne
En liberté !
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En liberté!

« Voilà, c’est fini !» Bien qu’amusante, la première phrase d’En Liberté!, sonne le glas d’un mythe. Celui de Santi (Vincent Elbaz) super flic dont la veuve Yvonne (Adèle Haenel), elle aussi inspectrice, réalise qu’il n’était qu’un ripou.

Eric Vernay
Silvio et les autres
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Silvio et les autres

Commençons par là : Silvio et les autres est l’anti-Caïman. En 2006, alors que le Cavaliere était politiquement ruiné, Moretti dépouillait le bouffon de sa faconde, de son cabotinage, et dénonçait la froide mécanique de sa tyrannie.

Gael Golhen
Affiche le grand bal
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Le Grand Bal

« Le cinéma est une allégorie de nos vies, et nos vies sont elles-mêmes du cinéma », nous dit Laetitia Carton dans l’entretien qu’elle nous a accordé. C’est exactement le sentiment qui nous habitait quand on a découvert Le Grand Bal à Cannes. Tout à coup, des préoccupations qui semblaient à l’opposé des nôtres – quoi de plus éloigné du glamour de la Croisette que les danses traditionnelles ? – devenaient des métaphores actives de nos expériences festivalières – la quête de l’air du temps, l’addiction à l’extase, la ritualité et l’épuisement.

Michaël Patin
affiche Seule la vie
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Seule la vie...

C’est peu de dire qu’on attendait le retour au cinéma de Dan Fogelman, dans la foulée de la superbe série This is us. Au point d’avoir un peu oublié que Danny Collins, le premier long de celui qui fut aussi le scénariste de Cars, n’a pas laissé une trace impérissable dans la carrière de son interprète principal, Al Pacino… Mais la mémoire sélective peut avoir du bon tant les premières minutes de ce Seule la vie paraissent un délice de comédie romantique sucrée juste ce qu’il faut.

Thierry Chèze
Affiche Chacun pour tous
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Chacun pour tous

Plutôt adaptation que remake, Chacun pour tous s’inspire d’un scandale qui éclaboussa les Jeux Paralympiques de Sydney et qui a déjà donné lieu à une comédie espagnole, Champions : en 2000, le coach de l’équipe de basket espagnole de déficients mentaux, faute de moyens, engagea de vrais athlètes, sains d’esprit, mélangés à quelques handicapés.

Christophe Narbonne
Les Habilleuses
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Les habilleuses

Les Habilleuses documente le projet de six étudiantes voulant venir en aide aux plus démunis. Futures habilleuses ou costumières, elles décident de confectionner des vêtements adaptés aux besoins des personnes vivant dans la rue. Le résultat s’apparente à un long reportage télé, le genre de documentaires diffusés le week-end après le journal de 13h. Compilation de banalités sur la pauvreté et la solidarité, le film ne parvient pas à se défaire du regard naïf de ses jeunes protagonistes.

Maxime Grandgeorge
Black Indians
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Black Indians

En marge des célébrations de Mardi Gras, auxquelles les gens de couleur n’étaient pas conviés au XIXème siècle, les Afro-Américains et les Afro-Amérindiens de la Nouvelle-Orléans ont créé leur propre carnaval. Plus d’un siècle et demi plus tard, ils se réunissent encore chaque année pour rendre hommage à leurs frères et sœurs amérindiens, en mémoire de l’oppression qui les a rassemblés.

Maxime Grandgeorge
Touch me not
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Touch me not

Ours d’Or à Berlin, ce singulier premier long métrage roumain entreprend de mêler fiction et documentaire autour des notions d’intimité et de sexualité à travers une série de personn(ag)es mal à l’aise avec les notions de « toucher » et « être touché » – au sens propre comme figuré : une quinqua incapable du moindre contact physique, un homme ayant perdu toute pilosité dans sa jeune adolescence, un handicapé revendiquant son droit à la sexualité.

Thierry Chèze
On l'appelait Roda affiche
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On l'appelait Roda

Etienne Roda-Gil, c’est d’abord un corps. Un physique de vieux lion hirsute, vêtu d’un perfecto en cuir. Une cigarette toujours au bord des lèvres. Puis un esprit. Raffiné et rebelle, calme et tempétueux, d’une sensibilité que l’on pressent à vif. Tout chez cet homme respire le vécu, l’authenticité.  « Roda » était (il est mort en 2004 à l’âge de 62 ans) une plume de l’ombre qui a mis ses lumières sur d’autres, parolier de Julien Clerc (Ce n’est rien), Vanessa Paradis (Joe le taxi) ou encore Claude François (Alexandrie, Alexandra).

Thomas Baurez
Six portraits XL
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Six portraits XL 2 : Jacquotte et Daniel

Alain Cavalier est devenu un filmeur.

Thomas Baurez
Bohemian Rhapsody
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Bohemian Rhapsody

Si on ne sait pas trop quoi penser de Bohemian Rhapsody en sortant de la salle, c'est sans doute parce que le film ne sait pas non plus trop quoi dire. Est-ce le biopic de Freddie Mercury ? En partie. Le récit du concert du Live Aid en 1985 ? Un peu mais pas que ça. L'histoire du groupe Queen ? Des fois mais pas vraiment. Le coming out de Mercury ? Pas trop ça non plus.

Sylvestre Picard
AFFICHE
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Chair de poule 2 : Les Fantômes d'Halloween

Il y a trois ans, le premier Chair de poule séduisait par son propos rigolo, gentiment méta : les monstres des bouquins de R.L. Stine surgissent de la fiction pour foutre le bordel dans une petite ville américaine. Une bonne surprise, surtout que Jack Black incarnait Stine et donnait au film une solide base comique. La suite, Les Fantômes d'Halloween, ne fait guère d'efforts pour renouveler la sauce malgré son script co-signé Rob Lieber (auteur du magnifiquement délirant Pierre Lapin).

Sylvestre Picard
affiche dakini
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Dakini

Kinley, détective bhoutanais, enquête sur la disparition d’une nonne bouddhiste dans la montagne. Il tombe sous le charme de Choden, sa seule suspecte, considérée par les villageois comme une sorcière, et part dans la forêt à ses côtés. Saura-t-il résister à cette femme fatale apparemment inoffensive et passer outre les superstitions villageoises pour faire toute la lumière sur cette affaire ? Dechen Roder, l’une des rares femmes cinéastes du Bhoutan, signe un premier long-métrage énigmatique et plutôt convaincant.

Maxime Grandgeorge
affiche Bamse au pays des voleurs
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Bamse, au pays des voleurs

Bamse, l’ours qui a bercé l’enfance de plusieurs générations de jeunes Suédois, débarque en France pour de nouvelles aventures. Bamse est l’ours le plus fort du monde grâce au "miel du tonnerre" que lui prépare sa grand-mère. Sa gentillesse rayonne sur tout le village et ses habitants. Tous, sauf un. Jaloux du petit ours, Renard kidnappe la grand-mère pour lui soutirer la recette du miel magique et sème la panique dans la ville. Accompagné de Saut-de-puce le lapin et de Carapace la tortue, Bamse est prêt à tout pour sauver grand-mère, quitte à braver l’effrayante forêt des trolls.

Maxime Grandgeorge
The Predator affiche
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The Predator

En 1987, Predator dépassait son statut initial de sympathique série B grâce à sa construction originale, ses punchlines lancées par un Arnold Schwarzenegger en grande forme, sa violence assumée, et bien sûr sa créature énigmatique, visuellement impressionnante, qui a tellement intrigué les spectateurs qu’elle a eu droit à plusieurs suites et spin-offs donnant plus ou moins de détails sur son origine et ses motivations.

Elodie Bardinet
First Man
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First Man : le premier homme sur la Lune

Damien Chazelle sera donc ce cinéaste-là : le cinéaste des derniers regards, dans lesquels les films re-défilent en accéléré, comme la vie au moment du dernier soupir. Dans le bar de Whiplash, c’était ça ; puis dans le club de jazz de La La Land ; et encore dans le finale saisissant de First Man, des deux côtés de la vitre en plexiglass : des gens qui se regardent, mari, femme, amant, amante, bourreau, victime, qui font les comptes et prennent la mesure de ce qui les sépare, de ce qui les unit, de tout ce qui a été, et de tout ce qui ne sera plus.

Guillaume Bonnet
AFFICHE
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The house that Jack built

À l’exception de sa période chrétienne marquée par Breaking the Waves, la filmographie de Lars von Trier révèle une vision peu indulgente à l’égard du genre humain.

Gérard Delorme
affiche Le jeu
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Le Jeu

Le temps d’une soirée festive, trois couples (et leur pote célibataire) décident, par défi, de jouer la transparence en disposant leurs smartphones au milieu d’une table. Chaque appel ou notification quelconque sera partagé avec les autres... L’unité de temps et de lieu, le pitch diabolique (virant au ré-règlement de comptes entre amis) et le casting rassembleur évoquent irrésistiblement Le Prénom auquel cette comédie high concept se mesure sans fausse modestie.

Chrsitophe Narbonne
Yéti & Compagnie affiche
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Yéti & Compagnie

Ne vous fiez pas à son titre français qui surfe sur la vague des Monstres & Cie (très bien !) ou Cigognes et Compagnie (moins bien !). Les références de ce Yeti & Cie sont plutôt à chercher du côté de son titre original (Small Foot) car il s’agit d’une variante de Happy Feet. Le film est produit par Glenn Ficarra et John Requa (le duo derrière Crazy, Stupid, Love) et se concentre sur un jeune Yeti dont le monde tourne autour d’une mythologie à laquelle il croit dur comme fer.

Sophie Benamon
Le Procès contre Mandela et les autres - affiche
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Le procès contre Mandela et les autres

Entre octobre 1963 et juin1964, s’est tenu le procès de Rivonia en Afrique du Sud. Les accusés : Nelson Mandela et les leaders de l’ANC–le parti anti-apartheid- et ceux qui les aidaient. Ces hommes, des noirs, des blancs, un indien, risquaient la mort. Ils ont tenu tête contre le racisme d’Etat. Six d’entre eux seront condamnés à la prison à perpétuité. Ils ne recouvreront la liberté que 36 ans plus tard. De ces heures de réquisitoires et d’interrogatoires, il n’y a aucune image, mais l’intégralité des actes a été enregistrée.

Sophie Benamon
Capharnaüm
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Capharnaüm

L’argument du film est dingo : un enfant de douze ans assigne ses parents en justice pour lui avoir donné la vie ! Et Nadine Labaki, réalisatrice de l’acclamé Caramel, de dérouler le fil d’une existence chaotique, passée dans la rue où le petit Zain tente de gagner de l’argent, aussitôt reversé à ses parents, Thénardier des temps modernes.

Christophe Narbonne
Wine Calling affiche
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Wine Calling

Bruno Sauvard propose ici une plongée dans le côté punk et rebelle du monde viticole, de ces femmes et hommes qui ont décidé depuis quelques années d’inventer le vin qu’ils avaient envie de boire. 100% naturel et sans artifice. Plus qu’un vin bio, un vin libre dans tous les sens du terme ! L’occasion d’une galerie de personnages haut en couleur et de récits de passionnés qui s’adresse tout autant aux profanes qu’aux passionnés.

Thierry Chèze