1. Première
    par Isabelle Danel

    Un film de Chantal Akerman ne peut pas être banal. Après son suicide fin 2015, No Home Movie referme, hélas, son œuvre. Son dernier film s’ouvre sur le plan fixe d’un arbre secoué par le vent, tandis qu’au loin des voitures rejoignent une ville d’Orient. Il se clôt sur la porte d’une chambre bruxelloise, derrière laquelle s’échappent des sanglots. Exigeant et minimaliste, tourné avec une petite caméra à l’image approximative et au son idoine, ce documentaire centré sur sa mère est un pêlemêle. Il évoque la guerre et les pogroms, les mouvements du monde, la communication, la famille, la place de chacun, la féminité. Paroles et silences, non-dits et résurgences… On pense à Jeanne Dielman... Une vie de rien, si grande pourtant.

  2. Première
    par Christophe Narbonne

    Après le faux plan-séquence unique (Birdman), le survival ultime, l’expérience plastique la plus démente que vous verrez cette année. Chaque nouveau film d’Iñárittu convoque l’hyperbole, comme si le réalisateur mexicain se faisait un devoir de renverser la planète cinéma dès qu’il passe derrière la caméra. Et ça marche puisqu’il est encore une fois le favori des Oscars. D’emblée, le ton est donné : une attaque d’Indiens visant un camp de base de trappeurs, filmée en plan-séquence au plus près des chasseurs, donne le vertige. Le phénoménal combat qui suit contre un ours (tellement réaliste qu’il a valu à ses spécialistes en images de synthèse une nomination dans la catégorie meilleurs effets spéciaux) laisse groggy. Sale et amoché, bavant et éructant, Leonardo DiCaprio rampe dans la neige pour avoir son Oscar et atteindre ce traître de Tom Hardy, personnage moins manichéen qu’il n’y paraît. Mais on s’en fout, on est devant un véritable survival doublé d’un revenge movie bien crade comme on les aime. Frissons assurés, grand spectacle garanti. Il ne manque rien à The Revenant, sinon, peut- être, une conscience moins affichée de sa propre grandeur, par ailleurs indiscutable.

  3. Première
    par Hendy Bicaise

    Fusi, 43 ans, vit chez sa mère et joue encore aux petits soldats. Physiquement, ce grand garçon occupe facilement tout l’espace, mais Dagur Kari donne surtout à voir le vide qui l’entoure. Il le comble quand Fusi laisse entrer une femme dans sa vie pour la première fois. La tendresse du réalisateur de Noi Albinoi s’exprime ici par une approche patiente de la comédie romantique, pour ne pas effrayer son héros qui découvre la séduction. La romance s’avère cependant presque accessoire tant le portrait atypique de Fusi se suffi t à lui-même. Cette montagne d’altruisme et de bienveillance mériterait un spin-off télévisé pour demeurer encore quelque temps dans nos vies

  4. Première
    par Sylvestre Picard

    Ce serait très réducteur de ramener Pattaya à un Kaïra réchauffé sauce thaïlandaise. Sortis du béton de Melun, ses héros restent dans l’univers parodique de Gastambide, à la fois familier et hallucinant. On regarde à la télé Enquête abusive et L’Île des gros. Les kaïras prennent Inch’allah Airlines où les stewards servent des kebabs... Pas donneur de leçon pour un baht, Franck Gastambide ne cherche, et ce dès l’ouverture (les gags sur la burqa), qu’à pousser le curseur "vannes hystériques" dans le rouge et ne le laisse presque jamais en sortir grâce à un art consommé de la surenchère psyché. Comme un Very Bad Trip 2 sous acides – si, si, c’est possible. C’est tout simplement à pleurer de rire. 

  5. Première
    par Christophe Narbonne

    Renforcée par le choix d’un sujet voisin, la présence répétée de Sareh Bayat au générique et le distributeur français commun, la proximité du premier long métrage d’Ida Panahandeh avec Une Séparation d’Asghar Farhadi n’est pas qu’une vue de l’esprit. Elle saute tellement aux yeux qu’il faut prendre du recul pour mesurer les différences entre les deux films qui forment une sorte de dyptique sur la condition de la femme iranienne – de l’épouse, plus précisément. Nahid pourrait ainsi être la suite directe d’Une Séparation : l’enfant a choisi de vivre avec sa mère (un rôle que ne jouait cependant pas Sareh Bayat dans le chef-d’œuvre de Farhadi), une nouvelle vie commence pour ces deux êtres fragilisés par les événements. Un garçon, plus jeune et ingérable, remplace la pré-adolescente sensible, et à l’ex-mari relativement sensé se substitue un être électrique, ancien drogué en phase balbutiante de réhabilitation. Mais contrairement à Une Séparation, qui recouvrait tout le spectre social, religieux et politique de l’Iran avec son intrigue à multiples tiroirs et ses nombreux personnages, chacun porteur d’une parole et d’une conviction, Nahid est entièrement focalisé sur l’héroïne dont le comportement et la dérive intime sont dictés par ses rapports tronqués aux autres. Elle se fâche avec son fils qui lui en veut de ne pas chercher à le comprendre ; elle attise la vengeance de son ex-mari par son mépris ; elle met en danger sa nouvelle histoire d’amour parce qu’elle finit par douter d’elle-même et des hommes. Nahid n’a de prise sur rien et c’est là que repose sa tragédie. Son sort étant dans les mains du patriarcat, elle s’enfonce dans une forme de déni, motivée par l’orgueil et une surestimation de sa capacité à maîtriser son destin. Au final, comme Farhadi, Ida Panahandeh ne condamne personne et clôt son beau film sur un plan d’ensemble énigmatique, shooté par une caméra de surveillance. Tout un symbole. 

  6. Première
    par Hendy Bicaise

    Après ses thrillers musclés R et Northwest, Michael Noer opère un virage inattendu avec cette romance dans une maison de retraite qui voit Lily, dont le mari est victime d’un AVC, s’éprendre d’un autre homme. Entre l’univers codifié, le découpage énergique et les dangers latents, pénétrer dans cette Chambre d’en face n’est finalement pas de tout repos.

  7. Première
    par Eric Vernay

    Le voyage intérieur d’une jeune femme en vacances dans une villa andalouse, en 2048. Pensé comme un "drame psychologique contemplatif", pour reprendre l’expression du cinéaste, le film déconstruit tellement sa narration qu’il finit par s’égarer dans un délire arty davantage hermétique que troublant. 

  8. Première
    par Isabelle Danel

    À l’est de la République démocratique du Congo, au Kivu, le docteur Mukwege guérit les âmes en recousant les corps violés, vandalisés des petites filles et des femmes, premières victimes des conflits. Maladroit par la forme, ce documentaire qui se place entre le portrait d’un saint et la dénonciation des ignominies guerrières, est cependant essentiel. 

  9. Première
    par Eric Vernay

    Dans un Brésil aux tonalités blafardes, une amitié entre adolescents se transforme en romance. Une zone grise captée de manière trop scolaire (flou systématique, caméra à l’épaule) et trop attendue (cheveux bleus post-La Vie d’Adèle désignant l’altérité homosexuelle) pour susciter le trouble, malgré quelques scènes assez sensibles. 

  10. Première
    par Eric Vernay

    Trois garçons, une fille, une falaise, et beaucoup de possibilités de se jeter à l’eau – aux sens propre comme au figuré – dans ce teen movie tourné aux bords du lac Supérieur, au Canada. C’est un premier film sur les premières fois (émois amoureux, rites initiatiques et recherche de modèles virils) construit selon une succession d’instantanés "clippés" sur une musique entraînante. C’est vif, plutôt drôle, d’une séduisante légèreté. Au risque d’être trop superficiel ? C’est ce que semble se dire le réalisateur, qui ne tarde pas à charger la barque narrative d’un basculement forcément dramatique et le recours symbolique lourdaud à des insectes. Dommage. Reste un trio d’acteurs particulièrement attachants

  11. Première
    par Isabelle Danel

    Pour son deuxième long métrage après Né quelque part (2012), Mohamed Hamidi tisse à nouveau des ponts entre l’Algérie et la France dans cette comédie itinérante, naïve et revigorante. Paysan algérien, Fatah est moqué par les villageois pour son attachement à sa vache Jacqueline. Invité au salon de l’Agriculture à Paris, il débarque à Marseille et se met en route, à pied, pour la capitale. Face à Jamel Debbouze (irrésistible) et Lambert Wilson (impeccable), Fatsah Bouyahmed est formidable de simplicité et de drôlerie. Joliment écrit et riche d’idées originales, cette fable sur la dignité en forme de lumineux road-movie ne propose que des rencontres positives. Ça nous change ! I

  12. Première
    par Hendy Bicaise

    Selon ses détracteurs, tous les films de Hong Sang-soo se ressemblent. Ses admirateurs, eux, préfèrent y voir une évolution lente et subtile. Le cinéaste coréen ne se pose pas toutes ces questions et poursuit son étude des comportements humains. Avec ce film, il s’invente un énième alter ego : Cheon-soo, réalisateur à succès qui s’éprend d’une jeune peintre. Le film répète la même rencontre deux fois de suite, avec le comportement de Cheon-soo comme seule variable. Beau parleur pendant une heure, il laisse ensuite s’exprimer ses sentiments. Plus optimiste que jamais, Hong Sang-soo livre une démonstration réjouissante des vertus de l’honnêteté dans la parade amoureuse.

  13. Première
    par Frédéric Foubert

    C’est l’histoire d’une fille qui meurt beaucoup trop jeune, à 30 ans ; et du deuil de son petit copain et de sa sœur. Ça s’appelle Ce sentiment de l’été, mais on ne peut pas s’empêcher d’entendre "ce sentiment de l’était". Mikhaël Hers parle du poids toujours trop lourd des souvenirs, traque ce moment indéfinissable où le deuil s’arrête enfin et où la vie reprend son cours. Cela pourrait presque être un double inversé d’Oslo, 31 août (même acteur, même spleen chic et éthéré, mais trajet contraire des ténèbres à la lumière). Infusé de références anglo-saxonnes, d’envies d’ailleurs (de Berlin à New York), le film ressemble à une pop song fragile, pas taillée pour les charts : léger, gracieux, sacrément entêtant.

  14. Première
    par Eric Vernay

    Tempête sous un crâne de jeune fille frustrée. Quand elle ne pratique pas la flûte traversière au conservatoire, l’héroïne joue du pipeau : pour parvenir à ses fins, Rose n’hésite pas à lâcher quelques bobards. Elle a du désir (inassouvi) à revendre et un rapport tourmenté à sa famille : un besoin adolescent de révolte renvoyant illico au Maurice Pialat d’À nos amours, totem français du coming of age movie rugueux, que la cinéaste franco-polonaise prend soin d’esquiver dans ce premier long métrage. Au naturalisme brut de décoffrage attendu se substitue un geste fluide, élégant, tout en ellipses et en maîtrise. La composition précise des plans, associée à une B.O. électro obsessionnelle (une ligne de guitare et des synthétiseurs analogiques, dans la filiation des atmosphères horrifiques de John Carpenter), donne un effet de distance atemporel, accentué par les fringues 90s et la photo automnale aux accents 70s. Cela n’enraie en rien l’âpreté des relations et le bouillonnement sentimental à l’œuvre entre les personnages superbement incarnés par de jeunes acteurs. Au contraire : vectrice d’introspection et de tension, cette gangue formelle subtilement stylisée agit comme un couvercle maintenant ses eaux intérieures en ébullition. Électrisante découverte.

  15. Première
    par Bernard Achour

    Un film qui se regarde… et se hume. Trente-cinq ans après John Waters et les pastilles à sniffer de Polyester, un dispositif électronique diffuse dans la salle des fragrances d’ambre gris ou de safran. Amusant, mais pas suffisant : ce documentaire sur notre rapport aux odeurs, visuellement bien plat et thématiquement confus, s’avère, hélas, assez banal.

  16. Première
    par Christophe Narbonne

    Créateur de la série télévisée Gomorra, Claudio Cupellini signe un premier film un peu maladroit. Ce récit d’une passion destructrice entre deux personnages gouvernés par leur violence frise en effet, parfois, la caricature (on est loin de l’intensité baroque de 37°2 le matin), mais contient quelques beaux moments de pure mise en scène. Cupellini a manifestement du potentiel. Il lui reste à trouver un(e) bon(ne) scénariste. 

  17. Première
    par Mathias Averty

    Ce road-trip farfelu de deux vieux révolutionnaires (Jean-Marc Rouillan et Noël Godin) à travers le monde militant ne provoquera peut-être pas Le Grand Soir. Cependant, sa galerie d’irréductibles idéalistes lui donne un charme assez unique. 

  18. Première
    par Damien Leblanc

    Scénariste des Mystères de Lisbonne, Carlos Saboga filme ici le Portugal de 1942, où un inspecteur de police cache chez lui deux réfugiés français. Ce huis clos insiste sur la lueur des derniers désirs en temps de guerre, mais l’idée s’incarne trop froidement à l’écran.

  19. Première
    par Isabelle Danel

    À la fois autobiographique et fantasmé, ce long métrage qui retrace l’arrivée à Paris, dans les 90s, d’une Libanaise de 18 ans venue faire ses études et découvrir la liberté, ne manque pas d’envergure. Mais à vouloir trop en faire, en multipliant les rencontres symboliques et les écarts entre choix politiques (de l’extrême-droite à l’extrême-gauche) cette fiction d’apprentissage tombe dans de trop nombreux écueils pour convaincre totalement. La ravissante débutante Manal Issa, au jeu parfois maladroit, fait ce qu’elle peut face à Paul Hamy ou Vincent Lacoste. Heureusement, Dominique Blanc, extraordinaire en charismatique professeur d’art, imprègne le film d’une force qui fait défaut le reste du temps

  20. Première
    par Eric Vernay

    Donner un visage à l’Irak, c’est l’objectif que s’est fixé Abbas Fahdel en filmant ses proches à Bagdad entre 2002 et 2003, avant et après l’invasion américaine. Le film (plus de cinq heures trente) dévoile un pays complexe, intime, surprenant, loin des clichés véhiculés par les journaux télévisés ou la propagande locale. Peu porté sur le spectaculaire, notamment dans la première partie consacrée à l’imminence de la guerre (où l’on se pose des questions comme : – Si les États-Unis attaquent demain, à quoi bon réviser mon examen ?), ce documentaire fleuve dégage pourtant une puissance tragique folle. Elle émane de son regard immersif, plein d’intelligence et d’empathie. 

  21. Première
    par Vanina Arrighi de Casanova

    De ce fait divers qui a marqué l’Argentine, Pablo Trapero tire une tragi-comédie à la mise en scène flamboyante (il n’a jamais autant utilisé le plan-séquence). Il filme une entreprise familiale diabolique soudée par une solidarité jusqu’au-boutiste, soumise à l’autorité du père et nourrie par l’incompréhensible passivité de la mère. Chez les Puccio, on dîne en affectant d’ignorer les cris d’une victime enfermée dans la cave – symbole d’une réalité ahurissante où enlèvements et meurtres perturbent à peine le train-train quotidien. Ce n’est pas tant l’organisation mafieuse et le sous-texte politique (nous sommes à la fin des années de plomb) qui intéressent le cinéaste, que la relation père-fils perverse entre Alejandro et son père (fabuleux Guillermo Francella) charismatique et démoniaque. Un film dérangeant qui interroge le libre-arbitre, doublé de l’étonnant portrait d’un monstre.

  22. Première
    par Sylvestre Picard

    Trois lycéens et l’écrivain R.L. Stine affrontent les monstres sortis des pages des manuscrits des romans d’horreur pour ados Chair de poule qui ravagent leur petite ville. Quelle belle idée de départ. Jolie pirouette méta, qui promet du Amblin 2.0 : les tourments adolescents, l’étrangeté du voisinage, l’aventure banlieusarde, le "monster of the week"... Sur le papier, du moins. Si le résultat n’est pas aussi excitant que le laissent supposer ses prémices, cette relecture frénétique de la mythologie horrifique américaine reste un joli moment de fun grâce à des monstres très réussis (des nains de jardin maléfiques au design soigné). Et Jack Black est parfait, comme d’habitude. 

  23. Première
    par Isabelle Danel

    Ce fait d’hier questionne la folie de la guerre et la puissance de la foi avec un regard résolument moderne : cela pourrait être aujourd’hui dans un autre pays, pétri d’autres croyances. Cinéaste de la transgression (Nettoyage à sec, Perfect Mothers), Anne Fontaine s’inspire d’une histoire vraie et tisse avec Pascal Bonitzer un script intense. Les Innocentes rend palpable le face-à- face d’une femme libre, médecin, communiste, et d’une congrégation de bénédictines vouées à Dieu et à l’isolement, confrontées à la barbarie, à la maternité, à une nécessaire ouverture au monde. S’y déploient avec élégance des décors épurés, un travail sur la couleur et les noirs et blancs, le tout baigné par une lumière douce et inquiétante signée de la très grande chef opératrice Caroline Champetier. Le film envoûte et emporte, jusqu’au final inattendu, humaniste, revigorant. 

  24. Première
    par Bernard Achour

    C’est avec une surprise d’abord réticente, puis assumée, qu’on s’est laissé embarquer par cette énième adaptation (série, manga, cinéma, théâtre, à quand le jeu vidéo ?) de l’increvable classique de la littérature girly. Aucune audace à l’horizon : Heidi est toujours la pauvre petite orpheline "choupinette" confiée à un grand-père bougon et à une richissime famille. Mais dans le registre du premier degré illustratif et luxueux, rien, si ce n’est un académisme d’un autre âge, n’empêche fondamentalement de sourire (un peu) et de s’émouvoir (pas beaucoup plus). Certes pas au point de se transformer en une fillette de huit ans. Quoique…

  25. Première
    par Eric Vernay

    Un ado dérobe un fusil dans les bois. Non loin de là, une famille endeuillée peine à trouver le calme qu’elle était venue chercher à la campagne. Sous le regard indifférent de la nature, les non-dits tentent de sortir de leur chrysalide à travers d’étranges dialogues philosophiques. On n’est clairement pas là pour s’amuser, d’autant que le film est autobiographique : Bartas évoque ici la disparition de son épouse, se filmant lui-même et sa fille. Pourtant, son cinéma n’est pas pesant. Il dévoile les visages comme des paysages (et vice versa), dans toute leur minéralité. Ce qui fait à la fois le mystère tenace de ce drame impressionniste, et sa limite, jamais loin de la coquetterie arty

  26. Première
    par Isabelle Danel

    Si Nouvelle Vague roumaine il y a, Corneliu Porumboiu (Caméra d’Or avec 12 h 08 à l’est de Bucarest, en 2006) en est l’un des plus versatiles et passionnants représentants. À chaque film, il vit le cinéma comme rêve et comme constat : son cinquième opus, entre conte enfantin mâtiné de burlesque et portrait de son pays, creuse encore plus ce sillon. Un père de famille qui lit chaque soir à son fils Les Aventures de Robin des Bois, accepte d’aider un voisin endetté à déterrer un hypothétique trésor enfoui avant l’ère communiste. Classique en apparence, la mise en scène restitue avec minutie et invention l’art d’aller au fond des choses, y compris celles qui fâchent. Avec une bonne dose de dérision

  27. Première
    par Isabelle Danel

    Inspectrice de police dans le New Jersey, Laurel n’a jamais avoué son amour des femmes jusqu’à sa rencontre avec la jeune Stacie. Elles s’installent ensemble, mais Laurel se découvre atteinte d’un cancer incurable. Elle décide alors de se battre contre sa hiérarchie afin que sa compagne touche sa pension après son décès. Inspiré d’une histoire vraie (le combat, au début des années 2000, de Laurel et Stacie pour que les droits des homosexuels soient reconnus), le film de Peter Sollett enfonce tous les clous. Le mélo change de ton avec l’arrivée de Steve Carell, hilarant en militant gay, déracinant la fiction du réel. Julianne Moore et Ellen Page sont parfaites. Si un peu de finesse dans la mise en scène n’aurait pas nui, le sujet reste indispensable. 

  28. Première
    par Damien Leblanc

    Racontant le retour d’un paysan auprès de son fils malade, la Caméra d’or du dernier Festival de Cannes dépeint les ravages de l’industrie sucrière sur fond de drame familial. Mais le formalisme du cinéaste, qui multiplie de pesants plans-séquences, étouffe vite les protagonistes. 

  29. Première
    par Bernard Achour

    Il y a une énergie folle, dans cette chronique sur la jeunesse est-allemande du début des 90s. Mais aussi une narration flottante, des psychologies approximatives et, revers de la médaille, une agitation qui vire au capharnaüm.

  30. Première
    par Christophe Narbonne

    Ce film d’animation pour les préscolaires, qui raconte les mésaventures du naïf insecte Mini, tranche avec les productions 3D avec son absence de perspective et ses couleurs criardes. Rafraîchissant, à défaut d’être enthousiasmant.