3
Qu'est-ce qu'on attend ?

Une petite ville d’Alsace comme il y en a tant. Sauf que les 2 200 habitants d’Ungersheim ne vivent pas comme comme les autres : depuis 2015, la localité s’est lancée dans la transition énergétique pour réduire (très) sensiblement son empreinte carbone.

François Léger
4 Julius et le Père Noël

Ce conte de Noël, qui emprunte beaucoup au folklore scandinave (il y est notamment question de Krampus, l’équivalent du Père Fouettard), raconte comment un orphelin va tenter de sauver le Père Noël, prisonnier de son sinistre alter ego dans un monde imaginaire. Destiné aux tout petits, le premier long métrage de Jacob Ley dispense une morale de bon aloi, conforme à l’esprit de Noël.

Christophe Narbonne
3
Arès

En l'an 2035, la France est contrôlée par des sociétés privées. Sous le surnom d'Arès, Reda survit en cassant des manifestants et en participant à des combats de free fight télévisés. Il va être choisi pour devenir le cobaye d'une nouvelle drogue de combat. Même si le résultat n'est pas à la hauteur de ses ambitions affichées (pour cause de budget assez réduit), il se dégage un charme certain de cet Arès, avec sa vision frankensteinienne d'un monde futur, nourri d'idées piquées à droite à gauche.

Sylvestre Picard
4 Theeb

Un mystérieux officier britannique débarque dans un camp bédouin en pleine nuit. Il n’a pas les yeux aussi azuréens que Peter O’Toole dans Lawrence d’Arabie, mais il est tout de même difficile de ne pas songer au classique de David Lean. L’action se situe dans le désert de la Péninsule arabique, durant la Première Guerre mondiale.

Eric Vernay
4
Louise en Hiver

Oubliée par ses proches à la fin de l’été, la septuagénaire Louise est condamnée à rester à la plage jusqu’aux retour des estivants. A partir de ce pitch peu vraisemblable, Jean-François Laguionie brode un conte en forme d’allégorie sur la solitude de la vieillesse – ce naufrage : soit une robinsonnade où l’île déserte est remplacée par une station balnéaire normande (fictive), et Vendredi par un chien. Si les éléments se déchainent dehors, Louise n’est pas née de la dernière pluie. Une petite goutte de rhum dans sa tasse de thé, et hop, à l’abordage.

Eric Vernay
4
La Fille de Brest

Le premier plan de La Fille de Brest fait écho à celui d’Elle s’en va : au bord de la mer, une femme (jouée hier par Catherine Deneuve, aujourd’hui par Sidse Babett Knudsen) semble s’interroger. Va-telle se jeter à l’eau ? Si l’actrice française se contentait de larguer symboliquement les amarres, son homologue danoise met la chose en pratique et manque se noyer. Une différence qui impacte le style du film. Christophe Narbonne

Christophe Narbonne
4
Alliés

Pas toujours égal, le nouveau Zemeckis confirme l'incroyable pouvoir d'attraction de Marion Cotillard.

Christophe Narbonne
0 Iris

Après le succès du joliment manufacturé Yves Saint Laurent et sa collaboration à la série de Canal, Versailles, Jalil Lespert entendait confirmer son statut de super faiseur de luxe, à l’aise dans tous les registres, avec cette adaptation d’un film méconnu de Hideo Nakata (Chaos, sorti direct en DVD ici).

Frédéric Foubert
3
Tanna

A Tanna, île de l’archipel du Vanuatu, dans le Pacifique, vit l’une des dernières communautés tribales au monde. Ses membres vivent selon des croyances et des rituels ancestraux que les deux réalisateurs australiens ont appris à connaître avant de leur proposer de jouer la comédie devant une caméra. Tanna revisite donc un grand thème de la tragédie (les amoureux séparés par deux camps adverses) sous la forme d’une fable cruelle où le mythe le dispute au réalisme -parfois fantastique.

Christophe Narbonne
3
Planetarium

Planetarium brasse beaucoup de choses, mais son agrégat presque délirant d’enjeux et de thématiques ne lui donne pas un aspect compact, consistant, mais au contraire particulièrement filandreux et irrésolu.

Frédéric Foubert
3
Afectados (rester debout)

Il est presque impossible de poser un regard critique sur un documentaire qui dénonce le désastre de la crise financière et donne la parole à quelques unes de ses innombrables victimes. Pour Afectados, Silvia Munt a posé sa caméra dans les locaux de la PAH, "la plateforme des victimes du crédit hypothécaire", collectif citoyen espagnol qui vient en aide au victime des prêts toxiques, ces centaines de milliers de personnes expulsées de leur logement par leur banque après s’être retrouvé au chômage et dans l’incapacité de rembourser leurs prêts exorbitants.

Vanina Arrighi de Casanova
3 Tour de France

Dans ce buddy-movie qui associe un jeune rappeur en rupture de ban et un vieux maçon amateur de peinture, Rachid Djaïdani (Rengaine) fait se rencontrer la France des quartiers, rebelle et créative, et la France profonde, soumise et laborieuse. Quand Far’Hook écrit ses rimes avec son sang, Serge peint à la façon d’un maître académique, spécialiste des marines. Il y a évidemment du bon et du mauvais à prendre chez l’un et chez l’autre, constat que Djaïdani souligne avec une simplicité qui confine à l’évidence.

Christophe Narbonne
3
Polina, danser sa vie

C’est un récit d’apprentissage dans le milieu de la danse, un Rocky de poche avec des entrechats à la place des crochets du droit.

Frédéric Foubert
3
Gorge Coeur Ventre

Documentaire ? Fiction ? Le premier long métrage de Maud Alpi est une énigme, brillamment entretenue par l’intéressée qui fait d’un réel abattoir le décor morbide d’un récit décousu que traversent un jeune homme (employé du lieu et acteur occasionnel) et son chien. Vous suivez ? En fait, la vérité sur le genre du film importe peu. Ce qui compte, c’est que ce soit un vrai et bel objet de cinéma, sensoriel, intrigant, éminemment plastique avec sa lumière et ses cadres travaillés qui installent une ambiance entre horreur et fantastique.

Christophe Narbonne
3
Trashed

On a beaucoup entendu parler ces derniers temps d'Avant le déluge, le documentaire écolo produit et narré par Leonardo DiCaprio, qui essaie, grâce à des images choc et une approche globale du problème (rencontrer des hommes politiques, des industriels etc.), d'éveiller les consciences sur les énormes conséquences du réchauffement climatique. Son message est clair : si l'on veut protéger la planète, il faut agir. Et vite. Trashed, présenté à Cannes en 2012, part du même principe, mais s'intéresse à un problème en particulier : les déchets.

Elodie Bardinet
4
Close Encounters with Vilmos Zsigmond

Il fut dans les années soixante-dix l’un des grands peintres du paysage américain. Sans doute le chef opérateur le plus important du Nouvel Hollywood. Vilmos Zsigmond avait fui les chars soviétiques en 1956, au moment où ceux envahissaient sa Hongrie natale, puis passé les sixties à bouffer de la vache enragée, avant de se retrouver soudain synchrone, à l’aube des seventies, avec une génération de cinéastes qui voulaient faire du cinéma autrement. Altman, Schatzberg, Cimino et les autres.

Frédéric Foubert
4
Democracy

Il y a deux documentaires en un dans Democracy : une réflexion très approfondie sur la protection des données, question qui a agité l’Europe avant d’agiter le monde suite aux révélations fracassantes d’Edward Snowden ; et un document précieux sur le fonctionnement des institutions européennes, qui devrait être projeté dans toutes les écoles du continent. Democracy raconte une histoire, celle du combat d’un jeune député vert allemand élu au Parlement européen, devenu rapporteur d’une loi sur la protection des données personnelles dans notre économie numérique.

Vanina Arrighi de Casanova
4
Swagger

Avant de désigner une attitude frimeuse dans le vocable de la jeunesse actuelle, le verbe "swagger" fut inventé par Shakespeare lui-même, dans Songe d’une nuit d’été : "Quels sont ces rustiques personnages qui font ici les fanfarons, si près du lit de la reine des fées ?" Quatre siècles plus tard, c’est dans un collège du 9-3 encadré par des tours HLM qu’Olivier Babinet a trouvé ses fanfarons.

Eric Vernay
4
Le Petit locataire

Enceinte à 49 ans, une joie ou un malheur ? A la tête d’une famille dysfonctionnelle (mari chômeur heureux, mère castratrice, fille-mère envahissante, petite-fille trop lucide, fils au large), Nicole ne se pose pas de question : elle ne peut pas se permettre de garder son "petit locataire". À moins que… Actrice de feel-good movie par excellence, surexpressive, capable de passer du burlesque à l’émotion en un clignement d’œil, Karin Viard imprime le tempo à ce premier film réussi et entraîne derrière elle une ribambelle de seconds rôles au diapason.

Christophe Narbonne
4
Les Animaux Fantastiques

Les Animaux fantastiques malgré certains défauts consacre la puissance de l’imaginaire de JK Rowling.

Pierre Lunn
2
2 nuits jusqu'au matin

Ce Lost in Translation qui rencontre Le Temps de l’aventure met en scène une architecte française qui vit une brève relation avec un DJ finlandais avec, pour cadre, un grand hôtel lituanien. Aux épais clichés sur l’ultramoderne solitude (les conversations par Skype, la star des platines désireuse "d’ordinaire"…) s’ajoute une systématisation qui tombe dans toutes les trappes tendues par un scénario prétendant pourtant les éviter.  La délicate Marie-Josée Croze est impuissante. Christophe Narbonne

Christophe Narbonne
2
L'Invitation

Acteur discret, vu chez Thierry Klifa et Emmanuel Mouret, Michaël Cohen avait fait parler de lui il y a six ans en réalisant Ça commence par la fin, premier film autofictif dans lequel il racontait crûment sa relation amoureuse conflictuelle avec Emmanuelle Béart. On ne sait pas si L’Invitations’inspire à nouveau de sa vie, toujours est-il qu’il y raconte, sur un même mode cruel, l’amitié masculine avec tout ce qu’elle comporte d’orgueil mal placé, de comparaisons viriles et de franc-parler brutal qui fait aussi mal qu’un coup de poing dans la gueule.

Christophe Narbonne
2
L'Histoire de l'amour

En remontant la trace d’un manuscrit sud-américain, une jeune Américaine va croiser sa propre expérience de l’amour avec celle de l’auteur du roman dont le propre itinéraire est raconté en parallèle. D’ordinaire, on aime Radu Mihaileanu, son engagement, son sens du romanesque, sa foi dans l’homme, son baroque échevelé qui en font l’équivalent franco-roumain d’Emir Kusturica. La trop folle ambition de son nouveau film, incarné par le caractère définitif du titre, a cette fois raison de notre bienveillance.

Christophe Narbonne
2
Les Beaux Jours d'Aranjuez

De sublimes images de Paris en 3D sur la non moins sublime mélopée de Lou Reed, "A Perfect day". L’errance, la ballade folk. Tout Wenders est là, en quelques plans qui introduisent un peu faussement le film dont l’action se concentre sous une pergola, où deux personnages vont deviser longuement de la vie, de l’amour, du sexe.

Christophe Narbonne
2
Creative Control

Imaginez le Manhattan de Woody Allen version high-tech, avec une touche de satire à la Bret Easton Ellis sur le milieu cocaïné des "créatifs". Vous obtenez le premier film à moitié réussi de Benjamin Dickinson, qui s’est donné le rôle principal : celui d’un homme s’éprenant de la maîtresse de son meilleur ami qu’il observe avec des lunettes de réalité augmentée. Le film séduit d’abord par sa verve ironique, déployée dans un écrin léché (alternance du noir et blanc/couleur, miroitements).

Eric Vernay
3 Graine de champion

Une collection de trois courts-métrages documentaires sur de jeunes sportifs âgés d’une douzaine d’années : Ruben, qui pratique l’escrime au Danemark, Nastya, danseuse en Russie, et Chikara, sumotori au Japon. Trois gosses attachants. Mis bout à bout, ces petits portraits au style léger et aérien dessinent une sorte de chronique universelle sur le goût de l’effort, de la compétition et du dépassement de soi.

Frédéric Foubert
2
Inferno

Alors que Da Vinci Code était un nanar en carton même pas sauvé par une partition sublime de Hans Zimmer, Anges et Démons, sa suite, était un honnête thriller vaticanesque aussi invraisemblable qu'agréable avec conspirations, énigmes et une autre musique dingue de Zimmer. Le troisième de la saga, Inferno, commence assez fort : assailli de visions de l'Enfer de Dante, le super-prof de "symbiologie" Robert Langdon (Hanks en mode pépère) doit décrypter des énigmes à Florence pour empêcher un virus de tuer la moitié de l'humanité.

Sylvestre Picard
3 Brûle la mer

Si l'on était paresseux, on dirait que formellement Brûle la mer utilise un "procédé exigeant" : format carré, pellicule épaisse, énormes plans-séquences sur des paysages plus ou moins vides avec le récit du drame des migrants tunisiens en voix off. C'est ça, "brûler la mer" (c'est aussi le flow d'un rappeur dans le film) : faire de la poésie radicale plutôt que du documentaire en abolissant (brûlant) le lieu de la mer (source de poésie, tout ça est compliqué).

Sylvestre Picard
3
La Grande Course au fromage

Cette suite des aventures du hérisson peureux Ludvig, du canard téméraire Solan et de leur maître Feodor, découverts dans De la neige pour Noël (carton en Norvège), est assez rondement menée : on y suit nos trois héros au cours d’une course contre le village voisin dont l’enjeu a été négocié en secret par Solan, qui a mis en balance la maison et les inventions de son maître.

Christophe Narbonne
3
Le Client

La première séquence du Client est édifiante : on y voit un couple quitter précipitamment son immeuble en train de s’écrouler sous l’effet d’on se sait pas trop quoi (séisme ? travaux ?). Partant de là, Farhadi file la métaphore du délitement amoureux qu’un événement dramatique (une agression sexuelle qui ne dit pas son nom et qu’on ne verra pas ; comme toujours chez Farhadi, l’intrigue se construit autour d’un climax hors-champ) va mettre en lumière.

Christophe Narbonne