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Tout s'accélère par Mathias Averty

On le sait : on va trop vite et même le dire haut et fort ne nous fera pas ralentir. Au milieu de cette course mortelle, certains, pourtant, prennent du recul, comme Gilles, ce trader devenu professeur qui discute avec ses élèves des problèmes de notre monde hyperactif. Techniquement irréprochable, ce documentaire positif et plein de bon sens manque paradoxalement d’une certaine folie pour devenir inoubliable. À croire qu’il est toujours diffi cile d’égaler la puissance cathartique de Koyaanisqatsi, la fresque muette de Geoffrey Reggio, qui donnait à sentir la frénésie du monde moderne.

Mathias Averty
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Robinson Crusoé par Christophe Narbonne

Un jeune perroquet s’embête sur son île perdue au milieu de l’océan. Jusqu’au naufrage d’un bateau de pirates, dont le jeune Robinson est l’unique survivant avec deux matous sournois… Avec sa 3D très réussie (meilleure que dans certains blockbusters américains), cette version animée du roman classique écrit par Daniel Defoe prend des libertés amusantes avec l’œuvre originale. Le meilleur ami de Robinson s’appelle ainsi Mardi et c’est un volatile.

Christophe Narbonne
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L'origine de la violence par Damien Leblanc

En visite au camp de concentration de Buchenwald, un jeune professeur découvre une photo qui le pousse à enquêter sur son histoire familiale et sur la Seconde Guerre mondiale : avec ce récit adapté du roman de Fabrice Humbert, Elie Chouraqui livre un perturbant objet de cinéma. Car si les séquences au présent, centrées sur la recherche de vérité d’un héros un poil balourd, paraissent souvent minimalistes, elles laissent place à des flash-back qui jettent un regard intense sur la Shoah.

Damien Leblanc
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Blind Sun par Eric Vernay

Dehors, la fournaise. Des chiens errants, de la poussière, un enfer méditerranéen où l’eau manque, les incendies se multiplient et la population désargentée gronde, assoiffée. À l’intérieur, les riches se barricadent. Mais le calme apparent, sécurisé et climatisé de la villa surveillée par Ashraf laisse progressivement place à des visions angoissantes. Réel danger ou simples bouffées paranoïaques dues à un coup de chaud ?

Eric Vernay
3 Mekong Stories par Julia Bayer-Agostini

Dans le Saïgon du début des années 2000, un apprenti photographe se lie d’amitié avec un petit trafiquant de drogues et une danseuse de boîte de nuit. À travers cette chronique sensible sur le désir, le cinéaste vietnamien Phan Dang Di capture avec délicatesse un environnement en pleine mutation. Très inspiré par la photographie, Mekong Stories offre de sublimes visions nocturnes, basculant progressivement des plans hypnotiques de la vie citadine à une série d’images de la nature d’inspiration impressionniste.

Julia Beyer-Agostini
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Tout pour être heureux par Bernard Achour

Dans la foulée du rôle de l’écrivain désabusé d’Un début prometteur qu’il jouait à contre-emploi, Manu Payet serait-il en train de devenir le porteparole des trentenaires en crise? Cette fois-ci producteur de musique dont l’irresponsabilité fait voler le couple et la vie de famille en éclats, il habite avec de chouettes nuances cette chronique douce-amère un peu trop écrite pour dégager les vibrations générationnelles, manifestement visées.

Bernard Achour
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Les Malheurs de Sophie par Christophe Narbonne

L’année dernière, Valérie Donzelli a livré dans Marguerite & Julien son commentaire post-moderne d’une célèbre affaire de mœurs ayant agité la fin de la Renaissance. Au tour de Christophe Honoré d’y aller de sa relecture d’un mythe – littéraire celui-ci – relevant de "l’esprit français", ce mélange improbable de légèreté, de sérieux, d’élégance et de trivialité.

Christophe Narbonne
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Gardiens de la terre par Mathias Averty

Ce fascinant road-trip d’une famille en quête de sens réunit des interviews de vieux sages indigènes aux quatre coins du monde, qui n’avaient jamais été filmés auparavant. Et leur philosophie aux antipodes de la nôtre est si lumineuse qu’elle efface sans effort le manque de mise en scène et de moyens de l’ensemble. Un voyage initiatique passionnant.

Mathias Averty
2 D'une pierre deux coups par Bernard Achour

 Un faire-part de décès pousse une mamie de banlieue à s’enfuir le temps d’une journée en Algérie pour y revisiter son douloureux passé. Le film est sincère, mais à force de miser sur la corde sensible, l’humour feel good et la bonhomie surlignée de son héroïne, il ne dépasse pas suffisamment le cadre simpliste et le pittoresque pour se faire aimer autant qu’il le voudrait.

Bernard Achour
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Fritz Bauer par Isabelle Danel

L’homme qui obtint l’extradition et le procès d’Adolf Eichmann, haut fonctionnaire SS chargé de l’extermination des juifs d’Europe, est un héros de l’ombre. Ce film lui rend hommage avec un réel sens du rythme et du suspense. Seul bémol, les scénaristes ont campé un procureur homosexuel un peu trop caricatural. Un brûlot historique efficace et porteur de vérité.

Isabelle Danel
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Dieu ma mère et moi par Isabelle Danel

Gonzalo, 30 ans, amoureux de sa cousine, en échec à l’université, veut faire acte d’apostasie et disparaître des "fichiers" de l’Église catholique. Entre fable absurde à la Buñuel et conte philosophique façon Italo Calvino, le troisième long du réalisateur de La Vida Útil est une réussite : il rend distrayante une crise existentielle ! 

Isabelle Danel
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Free to Run par Caroline Veunac

Autrefois, l’être humain ne courait qu’en cas d’absolue nécessité. Dans les 60s, une poignée de joggers prend l’habitude de courir dans les rues du Bronx, sous le regard éberlué des passants. Aujourd’hui, le running est devenu une activité universelle. Free to Run raconte la révolution qui vit un petit groupe de pionniers donner naissance au marathon de New York. Le film tend le micro à des passionnés tels que Kathrine Switzer, militante historique de la participation des femmes à la course sportive.

Caroline Veunac
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Marie et les naufragés par Isabelle Danel

Siméon s’éprend de Marie qui a quitté Antoine. Siméon suit Marie et Antoine les suit... Il y a un ton Betbeder, palpable dans ses courts métrages et son deuxième long, 2 automnes, 3 hivers. Ici, il s’amuse encore plus côté forme, dans les scènes où les héros (casting impeccable), face caméra, racontent leur enfance et les moments-clés de leur vie. Il joue du récit dans le récit puisqu’Antoine est écrivain et fait de Marie et Siméon les personnages de son roman...

Isabelle Danel
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Grimsby par Damien Leblanc

Après Ali G, Borat, Brüno et The Dictator, Sacha Baron Cohen (acteur et coscénariste) s’attaque à la comédie d’espionnage et campe un fan de foot décérébré qui assiste son frère agent secret. Plutôt que de réinvestir les codes de l’élégance british (comme le faisait l’année passée Kingsman), l’ambition consiste évidemment ici à repousser les limites de l’humour gras, tout en caricaturant à l’envi les familles d’alcooliques du nord de l’Angleterre.

Damien Leblanc
3 Per Amor Vostro par isabelle Danel

Une femme napolitaine, mère de trois enfants, épouse d’un usurier violent, aux prises avec ses fantômes et un nouveau boulot, se retrouve sur le plateau de tournage d’un feuilleton dont la vedette masculine lui fait les yeux doux. En noir et blanc et parfois en couleurs, ce deuxième long de Giuseppe M. Gaudino filme dans la tête d’Anna une chronologie des faits chahutée. Tant de confusion pour conter la confusion donne un résultat bigarré, foutraque et assez déroutant.

Isabelle Danel
3 Le Bois dont les rêves sont faits par Bernard Achour

Après sa magnifique immersion claustrophobe dans la population grouillante de la gare du Nord, c’est dans l’espace à ciel ouvert du bois de Vincennes que Claire Simon poursuit sa déambulation documentaire. Au programme de ce qui commence à ressembler à un filon: des rencontres de hasard (un homo dragueur, une prostituée joviale, des réfugiés du Cambodge, des ingénieurs des Eaux et Forêts); des pauses contemplatives ; et une voix off dont le texte très écrit oscille entre poésie et mysticisme ampoulé...

Bernard Achour
3 Vendeur par Bernard Achour

Voilà un film qui croit dur comme fer à son sujet. En décrivant les relations entre un "fourgueur" surdoué de cuisines industrielles et son fils (qu’il accepte de former à la vente pour le sortir d’une mauvaise passe), le réalisateur et coscénariste Sylvain Desclous semble sortir ses tripes. Portrait d’un homme dévoré par son métier, évocation mélancolique d’une prise de conscience tardive, approche bouleversée des rapports père-fils, on ne peut guère lui tenir rigueur, (pas plus qu’à ses comédiens d’ailleurs), d’un manque d’implication.

Bernard Achour
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Tracks par Vanina Arrighi de Casanova

Une femme parcourt 2500 kilomètres à pied dans le désert australien avec quatre chameaux et son chien. Présentée en 2013 à la Mostra, la longue marche de Mia Wasikowska a donc mis presque trois ans pour arriver sur nos écrans. Tracks est adapté d’un sujet du National Geographic sur Robyn Davidson, une femme qui, en 1977, a financé son projet fou de parcourir à pied le désert australien jusqu’à l’océan Indien en acceptant de devenir le sujet d’un reportage.

Vanina Arrighi de Casanova
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Paulina par Christophe Narbonne

Comment continuer à suivre ses idéaux progressistes tout en faisant face à un drame personnel qui donne raison aux réacs et aux tenants d’un pragmatisme à géométrie variable? C’est le cas de conscience que vit Paulina, jeune femme intelligente promise à une brillante carrière d’avocat qui, malgré l’opposition de son juge de père, décide d’enseigner dans une région de l’Argentine défavorisée. Avant de tomber de haut...

Christophe Narbonne
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Demolition par Benjamin Rozovas

Demolition est une sorte de cauchemar spiritualo-lourdingue assez typique du cinéma indépendant américain. Un film sur des gens à la dérive, paumés ou malaimés, qui aspirent à ressentir quelque chose de la vie. Jake-Davis (son personnage) ne ressent rien, alors Jake démolit: un frigo, une machine expresso, les luminaires chez ses beaux-parents, sa propre maison. Dans l’espoir vain d’en entrevoir le mécanisme intérieur... Voilà pour la mé- taphore quinze tonnes. Dans son registre somnambule habituel, Jake Gylenhaal signe une autre performance dingo.

Benjamin Rozovas
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Desierto par Gérard Delorme

Repéré pour sa collaboration avec son père pour Gravity, Jonás Cuarón révèle avec ce deuxième long un instinct de cinéma phénoménal, qui rappelle Duel, de Spielberg. Variation sur le thème des Chasses du comte Zaroff, le film établit très vite une dynamique implacable: un chasseur et ses proies s’affrontent dans un décor exploité pour ses possibilités dramatiques. Le climat est générateur de suspense. Le relief, la végétation et la faune sont des dangers ou des atouts: une cachette qui sauve la vie peut se transformer en piège mortel.

Gérard Delorme
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Les Ardennes par Christophe Narbonne

Ce résumé cerne les enjeux shakespeariens évidents du premier film du surdoué Robin Pront. Élevés par une mère mal-aimante (et un brin caricaturale; les scènes les moins réussies sont avec elle), Kenneth et Dave sont les produits d’un environnement sociofamilial défaillant sur lequel ne s’appesantit pas le réalisateur. Celui-ci préfère mettre méthodiquement en place les pièces de la tragédie annoncée.

Christophe Narbonne
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Visites ou mémoires et confessions par Bernard Achour

Réalisé en 1982 à condition de n’être diffusé qu’après sa mort, cet inédit du maître portugais revisite avec style sa vie et sa conception du cinéma. Un testament essentiel pour ses admirateurs, mais impénétrable pour tous les autres. 

Bernard Achour
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L'Académie des muses par Julia Beyer-Agostini

Un prof de philologie entend convoquer les muses antiques pour dresser une éthique poétique et amoureuse. Il faut s’accrocher pour suivre le fil de cet essai cinématographique. 

Julia Beyer-Agostini
3 La Sociologue et l'ourson par Christophe Narbonne

Super idée : mettre en scène des marionnettes débitant des dialogues tirés des conversations téléphoniques entre Mathias Théry et sa mère, la sociologue Irène Théry, à propos du mariage pour tous. Le dispositif, amusant et pédagogique, est cependant limité du fait que les échanges, peu contradictoires, donnent lieu à un timide débat. 

Christophe Narbonne
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Parfum de printemps par Damien Leblanc

En 2010 à Tunis, "Zizou" devient installateur d’antennes et tombe amoureux d’une demoiselle en détresse. Observant les dernières semaines de la dictature de Ben Ali, le réalisateur d’Un été à la Goulette signe une fable comique et éclairée sur les causes et les espoirs qui déclenchèrent les Printemps arabes. 

Damien Leblanc
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Mandarines par Eric Vernay

Dans les 90s en Abkhazie, une guerre oppose Caucasiens (les séparatistes abkhazes associés à l’armée russe) et Géorgiens. Le film rejoue ce conflit dans la ferme tenue par un vieil homme qui aide son voisin à récolter des mandarines. Sans grande audace, mais attachant. 

Eric Vernay
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Truth par Frédéric Foubert

Spotlight est encore dans toutes les têtes, mais voici déjà l’autre film de journalistes de la saison. Son pedigree est parfait : réalisé par le scénariste de Zodiac, il se déroule dans les coulisses de 60 Minutes, comme Révélations ; et Robert Redford, quarante ans après avoir été Bob Woodward, incarne une autre légende de la presse, Dan Rather, un PPDA king size, le Elvis du JT.

Frédéric Foubert
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A Bigger Splash par Caroline Veunac

Vous avez vu La Piscine? A Bigger Splash modernise le thriller thermo-sexuel de Jacques Deray. Le couple Delon-Schneider est remplacé par Tilda Swinton, rock star aphone en retraite sur une île italienne, et Matthias Schoenaerts, son jeune amant. Quant à Ralph Fiennes, il reprend à Maurice Ronet le rôle de l’ex-fouteur de merde qui débarque avec sa fille (Dakota Johnson). Tout cela serait parfaitement inutile si Luca Guadagnino n’avait pas son petit style.

Caroline Veunac
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Eva ne dort par Eric Vernay

La mort ne suffit pas toujours à tuer quelqu’un. Elle contribue parfois à son immortalité. C’est ce que raconte ce film fascinant, à travers le mythe d’Eva Perón, alias Evita, dont la disparition, en 1952, n’a pas empêché son spectre de hanter les dictatures argentines postérieures.

Eric Vernay