1. Première
    par Damien Leblanc

    En 2010 à Tunis, "Zizou" devient installateur d’antennes et tombe amoureux d’une demoiselle en détresse. Observant les dernières semaines de la dictature de Ben Ali, le réalisateur d’Un été à la Goulette signe une fable comique et éclairée sur les causes et les espoirs qui déclenchèrent les Printemps arabes. 

  2. Première
    par Eric Vernay

    Dans les 90s en Abkhazie, une guerre oppose Caucasiens (les séparatistes abkhazes associés à l’armée russe) et Géorgiens. Le film rejoue ce conflit dans la ferme tenue par un vieil homme qui aide son voisin à récolter des mandarines. Sans grande audace, mais attachant. 

  3. Première
    par Frédéric Foubert

    Spotlight est encore dans toutes les têtes, mais voici déjà l’autre film de journalistes de la saison. Son pedigree est parfait : réalisé par le scénariste de Zodiac, il se déroule dans les coulisses de 60 Minutes, comme Révélations ; et Robert Redford, quarante ans après avoir été Bob Woodward, incarne une autre légende de la presse, Dan Rather, un PPDA king size, le Elvis du JT. L’histoire (la révélation de la collusion entre les médias et l’administration Bush précipite la fin d’une certaine idée du journalisme engagé) devrait flanquer le vertige, mais Vanderbilt n’en tire qu’un film-dossier patapouf. La diva Cate Blanchett, qui en fait des caisses, est, elle, de tous les plans ou presque : Blue Jasmine meets Les Hommes du Président? Quand même, Spotlight, c’était vachement bien...

  4. Première
    par Caroline Veunac

    Vous avez vu La Piscine? A Bigger Splash modernise le thriller thermo-sexuel de Jacques Deray. Le couple Delon-Schneider est remplacé par Tilda Swinton, rock star aphone en retraite sur une île italienne, et Matthias Schoenaerts, son jeune amant. Quant à Ralph Fiennes, il reprend à Maurice Ronet le rôle de l’ex-fouteur de merde qui débarque avec sa fille (Dakota Johnson). Tout cela serait parfaitement inutile si Luca Guadagnino n’avait pas son petit style. En surjouant le registre du roman de gare chaud bouillant et en injectant du rock à l’équation, le réalisateur (dont on attend aussi un remake de Suspiria), aidé par l’hystérie communicative de Fiennes, livre une installation sexy, volontairement kitsch.

  5. Première
    par Eric Vernay

    La mort ne suffit pas toujours à tuer quelqu’un. Elle contribue parfois à son immortalité. C’est ce que raconte ce film fascinant, à travers le mythe d’Eva Perón, alias Evita, dont la disparition, en 1952, n’a pas empêché son spectre de hanter les dictatures argentines postérieures. En se plaçant du côté des "méchants" (Gabriel Garcia Bernal en Amiral Massera, narrateur obsédé par l’anéantissement de cette "garce" de liberté), Agüero construit un singulier polar historique à l’esthétique aussi minimaliste que racée: une succession de séquences-tableaux asphyxiantes, et néanmoins euphorisantes car pleines d’esprit, captées en clair-obscur. Ici, comme chez Rembrandt, la lueur émane de l’obscurité. 

  6. Première
    par Christophe Narbonne

    En d’autres temps, nous aurions qualifié ce film d’ovni, mais le terme est largement galvaudé. Sorte de robinsonnade aux confins du fantastique, Sauvages met en scène un couple qui semble vivre en harmonie avec la nature mais dont certains dysfonctionnements font douter de la santé mentale. Les meilleures scènes sont celles où Tom Geens, dans une démarche plastique et sensible, qui rappelle celle de Peter Strickland (The Duke of Burgundy), filme bibliquement les deux personnages, Adam et Eve des temps modernes. La deuxième partie de l’histoire, plus convenue et explicative, ne parvient malheureusement jamais à retrouver cette grâce

  7. Première
    par Vanina Arrighi de Casanova

    Sensation 2015 du cinéma espagnol qui lui a décerné cinq prix à sa cérémonie des Goya, Truman est un drame doux et léger sur l’amitié, la mort, la résilience, et repose essentiellement sur son duo de comédiens. La star argentine Ricardo Darín incarne le malade, un acteur divorcé vivant avec son chien (le Truman du titre), en plein face-à- face avec la mort, et Javier Camara, son ami de toujours expatrié au Canada, mis à l’épreuve par le sort et le fatalisme de son vieux copain. À force de discrétion, la mise en scène manque de style, mais le cinéaste catalan Cesc Gay compense cette carence par l’intelligence de sa narration et sa sensibilité, en refusant les grandes leçons de vie, les confessions solennelles et l’excès de pathos dans lesquels un tel scénario peut facilement tomber. Il porte un regard juste et mélancolique sur deux hommes confrontés à leurs valeurs morales.

  8. Première
    par Gérard Delorme

    Depuis ses débuts, Ben Wheatley se pose en explorateur systématique d’aspects méconnus ou occultés de la culture britannique. À ce titre, il était idéalement placé pour adapter le roman de J. G. Ballard, satire mordante de l’Angleterre thatchérienne obsédée par la performance, le matérialisme et la méritocratie. Très fidèle au livre, Wheatley a conservé l’action dans les années 70 et reconstitué cet immeuble vertical qui reproduit physiquement l’organisation sociale de l’époque. Il en fait un organisme vivant dysfonctionnel et monstrueux, qui se nourrit des excès qu’il induit chez ses habitants. Plus ils sont riches, plus ils sont logés dans les étages élevés. Plus ils suscitent la convoitise et plus ils sont pervertis et dégénérés. Cet ordre aberrant conçu par l’architecte (Jeremy Irons) engendre nécessairement un chaos qui ne tarde pas à se manifester sous la forme d’orgies de sexe et d’actes de violences. Tom Hiddleston, dans un rôle neutre et détaché, nous sert de guide, mais finit lui aussi contaminé. La métaphore paraît parfois simpliste, mais la puissance des visions orchestrées par Wheatley persiste longtemps en mémoire, accompagnées d’un humour discret mais caustique, réminiscence d’Orange mécanique et ça n’est sûrement pas par hasard.

  9. Première
    par Julia Beyer-Agostini

    En se projetant au-delà du mur, les scénaristes franchissent surtout la limite du raisonnable en ce qui concerne l’avalanche d’effets numériques dont bénéficie ce fameux "dehors" que découvrent les héros. Entre des étendues de terrains vagues façon wasteland crados de jeux-vidéos (la métaphore du ciel qui saigne était pourtant bien trouvée sur le papier) et une architecture futuriste faussement orwelienne qui semble sortir directement d’un mauvais space-opéra pour la ville, les production design ne se sont pas foulés. Mais c'est moins dans la forme que dans le fond que ce troisième volet déçoit. Loin d'être le thriller SF psychologique auquel il aimerait tant ressembler, Divergente 3 ne s’affranchit jamais de son ADN young adult. Son prédécesseur, L'insurrection, avait pourtant jeté les bases d’une approche plus sombre du genre. La maturité du traitement s’est visiblement égarée quelque part en route. Tout comme notre intérêt. Le film tente pourtant de démêler plusieurs intrigues à la fois, baladant sans cesse le spectateur entre le monde "réel" et le Chicago tendu que les héros ont laissé derrière eux. L'effet de surprise est louable, mais derrière ses riches apparences, Divergente 3 n’apporte rien de pertinent à la trilogie. 

  10. Première
    par Vanina Arrighi de Casanova

    À la mort de son frère, une mère de famille part sur ses traces au Japon où elle se ressource au contact du pays (le fi lm fait cet effet aussi). Un voyage spirituel qui aligne les clichés Orient versus Occident.

  11. Première
    par Hendy Bicaise

    Le combat d’une femme contre une compagnie d’assurances pour sauver son mari agonisant. Le travail sur la profondeur de champ et les espaces vides évoque, en creux, le gouffre qui sépare les personnages, renforçant le caractère désespéré de cette vendetta. 

  12. Première
    par Hendy Bicaise

    Plácido fi lme des paysans au labeur avec un dynamisme formel étonnant. Une idylle adolescente naissante fait même lorgner le documentaire vers la fi ction, et plus précisément vers la nouvelle vague du cinéma italien (L’été de Giacomo, d’Alessandro Comodin). 

  13. Première
    par Bernard Achour

    L’idée est originale, stimulante, audacieuse : évaluer l’influence de l’enseignement de l’histoire sur l’actuel confl it israélo-palestinien. La documentariste/ chercheuse se rend ainsi dans des lycées des deux camps, mais le fruit de sa démarche n’est pas aussi probant qu’elle semblait le vouloir. 

  14. Première
    par Eric Vernay

    1991, 2001 et 2011 : trois visages de la Croatie (de la guerre contre la Serbie à l’aprèsguerre) pour trois love stories sans lien entre elles, jouées par les mêmes acteurs. Stimulant en soi, le dispositif narratif est ici déroutant, car donné sans explication préalable. D’où un Soleil de plomb plus pesant que lumineux. 

  15. Première
    par Bernard Achour

    Instable, indécise, incompétente, apathique… Portrait-robot de la "lose" affective et sociale contemporaine, Ana a tout pour énerver. Et pourtant non. Ana captive, Ana amuse, Ana bouleverse. Dès les premières minutes, un plan-séquence où elle fi nit par se prendre une dégelée professionnelle à en décoller le papier peint, le beau visage grave de l’actrice Salomé Richard et le regard que porte sur elle la cinéaste Rachel Lang instaurent une curiosité dont le pouvoir d’attraction ira crescendo jusqu’à la toute dernière – et tuante – image. Entre pur burlesque, bonté chevillée au cœur, ardeur des corps et surréalisme libérateur, c’est avec un élan de cinéma plein de personnalité que le fi lm impose un des personnages les plus attachants, de mémoire récente. Dernier volet d’un triptyque inauguré par deux courts métrages, Baden Baden hurle pourtant à la saga. À bientôt, Ana ?

  16. Première
    par Isabelle Danel

    Ce réalisateur venu du documentaire situe son deuxième long de fiction dans une petite ville du sud-ouest de la Chine, tout près de la frontière Birmane. Une ville fantôme, abandonnée par ses habitants, où règne en maître le maire qui applique implacablement la règle de l’enfant unique par famille. Arrive un couple : il est son neveu et a commis de troubles méfaits, sa compagne est enceinte. Chiens errants, rues sales, murs lépreux, maisons vides sur lesquelles on appose la mention "à détruire" : la caméra saisit la désolation comme un écho au passé tragique de la Révolution culturelle. Et la contamination du mal comme une fatalité. Le film est d’une beauté cruelle et dérangeante. 

  17. Première
    par Eric Vernay

    Le typhon Haiyan a dévasté les Philippines en 2013. Fidèle à son style véloce aux accents documentaires, Mendoza sillonne la ville de Tacloban caméra à l’épaule, après la catastrophe : un entrelacs de corps suppliciés par les forces de la nature (brûlés, ensevelis, noyés), où les rescapés tentent de faire leur deuil et de se reconstruire dans un campement de fortune. Sans se vautrer dans le chromo esthétisant, le fi lm relate cet âpre quotidien fait de pillages et d’échanges kafkaïens avec une administration débordée par le chaos. Dommage que la note tragique, monocorde, comme coincée dans le registre de la compassion, échoue à rendre attachants ses dignes personnages. 

  18. Première
    par Isabelle Danel

    D’un classique de la littérature écossaise signé Lewis Grassic Gibbon, le réalisateur de Distant Voices – Still Lives fait son miel. Une ode à la vie empreinte de pureté et de cruauté qui, du début du XXe  siècle à la Première Guerre mondiale, conte un changement d’époque. Au centre du récit, Chris, une jeune femme qui mène de brillantes études pour devenir institutrice à la ville mais qui restera dans sa campagne natale… La somptueuse lumière de Michael McDonough, chef opérateur de Winter’s Bone ou des Poings contre les murs, rehausse la beauté des blés caressants, des ciels furieux. De l’innocence à sa fin, l’interprétation d’Agyness Deyn et de Kevin Guthrie, deux acteurs à suivre, est d’une douloureuse intensité. 

  19. Première
    par Mathias Averty

    Provocation oblige, être un punk engagé dans l’URSS des 80s supposait beaucoup de cran et parfois une certaine accointance avec l’extrême-droite. Oui, les vieux "keupons" hongrois (repentis ou presque), qui se succèdent devant la caméra de Lucile Chaufour, ont beaucoup de souvenirs à raconter. Et si l’on aimerait bien qu’ils saccagent un peu le cadre désespérément fixe où les enferme la cinéaste, entre quelques images d’archives, on ne peut être que captivés par le regard qu’ils portent sur la contre-culture et par l’expression de la révolte dans un système autoritaire. Forcément, ce témoignage précieux est aussi une critique vibrante du régime soviétique et, en contrepoint, du capitalisme sauvage qui l’a remplacé.

  20. Première
    par Isabelle Danel

    Pour sauver leur fabrique savoyarde de skis, Stéphane persuade Samir de concourir pour les J.O. dans la catégorie ski de fond sous le drapeau algérien. Le scénario de cette comédie au fond social et sociétal, inspirée de l’histoire véritable du frère du réalisateur, aborde avec finesse et humour les thèmes de la binationalité, de la mixité etde l’intégration. "Ta mère et moi avons bossé toute notre vie pour que vous ayez le choix", dit le père de Sam. Les comiques de situation, servis par des dialogues brillants, sont joués par des comédiens formidables. Franck Gastambide et Chiara Mastroianni sont des contrepoids idéalsde Sami Bouajila, parfait en battant. Ce premier long tombe bien et sonne juste. 

  21. Première
    par Christophe Narbonne

    Cinq amis sont colocataires d’un grand appartement payé en grande partie par le fils à papa de la bande. "Lâché" par son père, Samuel s’improvise dealer, en douce, pour acquitter le loyer... Créateur et acteur de la série Casting(s) avec Pierre Niney, Igor Gotesman retrouve son compère pour une histoire classique de potes qui part en vrille. Véhicule pour "Niney-acteur-de comédie" (il est, de fait, très drôle), Five est complètement déséquilibré (deux des cinq personnages existent à peine) et pas crédible pour un sou. Carburant à la vanne djeun’s et à la vulgarité, ce sous-produit de la culture hip-hop et SNL souffre de la comparaison avec Radiostars, son modèle français avoué. 

  22. Première
    par Christophe Narbonne

    Cela commence comme Mes séances de lutte, de Jacques Doillon : un personnage des villes se confronte physiquement à un personnage des champs – en pleine montagne, Tom aide ses parents dans leur ferme isolée. Très vite, l’ambiguïté de leurs rapports ne fait aucun doute. Ces deux-là sont faits pour s’entendre mais ne savent l’exprimer autrement qu’à travers des corps-à-corps rugueux. Franche complicité ? Attirance? Téchiné, aidé de sa coscénariste, la réalisatrice Céline Sciamma (Bande de filles), avance subtilement masqué avant qu’un événement dramatique ne remette les choses à plat de façon grossière. A posteriori, certains personnages semblent avoir une fonction purement utilitaire et gâchent un peu la bonne impression laissée par le trio principal, formidablement incarné. 

  23. Première
    par Sylvestre Picard

    Adam, un ingénieur biologiste et sa femme s’installent avec leur bébé dans un coin de forêt irlandaise perdue (pléonasme) et réputée maudite par les gens du coin. Étudiant le terrain pour une entreprise de découpe de bois, Adam va vite découvrir une terrifiante saloperie qui se cache dans les fourrés. La première heure, un peu lente, est trop classique pour le genre (amusez-vous à repérer les acteurs de Game of Thrones, ici et là), mais les trente dernières minutes sont véritablement percutantes. Des visions cauchemardesques bien trouvées, issues d’un imaginaire purement lovecraftien, achèvent de transformer cette relecture amusante de La légende du Changeling en agréable série B.

  24. Première
    par Isabelle Danel

    Po rencontre son vrai père (qui n’est pas une oie, qui l’eût cru, mais un panda) et pour combattre l’horrible Kai et sauver les maîtres du kungfu, il doit d’abord découvrir qui il est. Animation véloce (les "visages" sont de plus en plus expressifs), combats saisissants, personnages secondaires emballants (les cinq acolytes plus une tribu d’ursidés noir et blanc impayables), dialogues brillants... Il y en a pour tous les goûts, pour grands et petits, et le scénario glisse mine de rien un message de bon aloi sur la différence et la force des faibles. Franchement, les franchises, lorsqu’elles se donnent la peine de se renouveler dans la continuité, on est pour. 

  25. Première
    par Sylvestre Picard

    L’une des fausses pistes de la filmographie de Michael Bay serait de donner à croire que, depuis 2005, le réalisateur alterne des films plus indépendants – lisez: plus personnels, moins mainstream, plus intellectuels et fatalement plus réussis – avec un Transformers. Dans la première catégorie se rangeraient The Island, No Pain No Gain et, donc, 13 Hours. Le seul véritable point commun entre ces trois "récréations" de Bay sont leur résultat très bof, voire nul, au box office. En vérité ils s’inscrivent parfaitement dans l’œuvre du cinéaste. Le film 13 Hours ne manque pas d’aligner les petites trouvailles qui font true story (John Krasinski perdant sa lentille de contact) et les scènes de carnage orgiaque qui font notre bonheur, comme cette grandiose séquence finale: dans la nuit libyenne éclairée par les bombes, de grands guerriers barbus tirent sur des fantômes qui rôdent dans un abattoir. C’est véritablement beau. Mais en cochant toutes les cases du film de guerre US de l’après 11-Septembre, en se rêvant comme la fusion entre La Chute du Faucon noir et Du Sang et des larmes – une poignée d’hommes qui résistent à la horde, l’opposition entre refus et acceptation de l’engagement – le film finit par être un actioner classique. Reprocher à Michael Bay d’être trop classique, on ne le lui avait jamais fait. 

  26. Première
    par Isabelle Danel

    Cette biographie, façon télé, du gourou du yoga des années 20 mélange images d’archives, événements (recréés) de la vie du maître et témoignages face caméra. Hagiographique, le film s’adresse à une audience restreinte, mais ne convaincra guère au-delà. « L’état dans lequel on n’a besoin de rien est yoga », dit un intervenant. Et si l’on manque de mise en scène ?

  27. Première
    par Isabelle Danel

    Sur une route du Liban, un homme amnésique dépanne la voiture d’un groupe de jeunes gens et les suit dans leur ferme de la plaine de la Bekaa. Ennemis, amis ? Qui est qui ? Tourné par le réalisateur de Beyrouth fantôme, ce magnifique OVNI aux images brûlées traite de la guerre et de la mémoire. En refusant de donner toutes les clés de lecture, il reste énigmatique et envoûtant.

  28. Première
    par Bernard Achour

    Dans Amadeus, la musique classique et la grammaire du cinéma ne faisaient qu’un. Rien de tel ici, hélas, même si les informations et les propos distillés par ce documentaire sur le principal ensemble symphonique des Pays-Bas ne manquent pas d’intérêt. Mais le cadre, le montage ou la prise de son ne parviennent jamais à susciter la moindre émotion audiovisuelle.

  29. Première
    par Mathias Averty

    Cette autopsie pointilleuse de la lutte des ouvriers de PSA détaille le passionnant déroulement d’un conflit social durant plusieurs années. L’immobilisme politique, l’hypocrisie patronale et la difficile solidarité des salariés sur le long terme sont exposés ici dans toute leur complexité. Délibérément orienté, parfois brouillon, mais plein d’humanité.

  30. Première
    par Hendy Bicaise

    Adolescent rebelle délaissé par sa mère, Chala rappelle d’abord le héros de Sweet Sixteen.Puis l’on songe à Kes, du même Ken Loach, pour la scène où le gamin s’occupe des pigeons sur le toit, et à Amours chiennes, d’Iñárritu, lorsqu’il prend part à des combats de chiens dans une cave. Des bas-fonds vers les cieux, on redoute le schéma du gamin subissant la pression sociale avant de s’élever spirituellement. Mais Ernesto Daranas est plus subtil. Il préfère multiplier les opportunités, tant pour Chala que pour son entourage. Cette chronique de la jeunesse prend alors des allures de manifeste sur l’éducation morale.