4
Exotica, Erotica, Etc.

Artiste plasticienne grecque installée en France, Evangelia Kranioti signe un documentaire singulier, fruit de ses recherches esthétiques et symboliques autour du thème de la mer et de l’amour. À partir du témoignage magnifique et poétique d’une ancienne prostituée chilienne qui n’a connu que des marins (son corps et son âme en portent les stigmates), la cinéaste tente de capter cette nécessité qui pousse les uns à partir et les autres à attendre.

Christophe Narbonne
4
Hôtel Singapura

Le film qui a révélé Eric Khoo en France avait pour titre Be with Me. Celui-ci pourrait s’appeler Come with Me (« jouis avec moi »). Sous le concept poétique (Singapour racontée par les occupants d’un hôtel), c’est une nouvelle étude de la solitude. Mais cette fois-ci, sous l’angle du désir érotique. Adepte des ruptures de ton, Khoo zappe d’un style et d’une tonalité à l’autre : mélo, soap, pastiche pop, fugaces visions SF...

Frédéric Foubert
4
Rester vertical

L’essentiel 
Une nouvelle rêverie de l’auteur de L’Inconnu du lac

Léo rencontre Marie dans les hauts pâturages. Elle l’emmène chez son père qui a l’air d’un ogre. Ils baisent. Marie, lassée des hésitations de Léo, finira par abandonner leur enfant.

Christophe Narbonne
4
Dernier Train pour Busan

Dans un train à haute vitesse se répand un virus zombie.

Eric Vernay
3
Moka

Réalisateur de l’émouvant Complices, Frédéric Mermoud récidive avec un thriller intimiste qui prend la forme d’une quête existentielle pour l’héroïne. Cette Diane, a priori dépressive, se met ainsi à épier un couple qui habite Evian qu’elle soupçonne d’être à l’origine d’un drame dont son fils a été la victime. Son comportement obsessionnel, proche de la morbidité, que Mermoud met en scène avec l’ambiguïté requise, constitue tout l’intérêt d’un film qu’on aurait souhaité plus tendu : en multipliant les scènes de filature et de guet, le cinéaste suisse dilue un peu la tension.

Christophe Narbonne
5
Toni Erdmann

Winfried, un père facétieux « s’invite » dans la vie organisée de sa fille, Ines, distante et malheureuse, en s’inventant le personnage de Toni Erdmann, un vieux beau portantperruque et dentier apparent.

Christophe Narbonne
3
Jason Bourne

On avait quitté Jason Bourne alors qu’il avait enfin récupéré la mémoire. On le retrouve loin de tout, retiré dans un pays de l’Est, éloigné du marigot de la CIA et bien décidé à mener une vie paisible. Mais quand Niki découvre que son père a joué un rôle obscur dans la conception du programme Treadstone, Jason va être obligé de reprendre du service et affronter deux ennemis redoutables. The Asset, un tueur joué par Cassel et un ponte de la CIA incarné par Tommy Lee Jones.  Près de 10 ans ont passé depuis que Matt Damon et Paul Greengrass ont rendu leurs badges.

Pierre Lunn
3
S.O.S. Fantômes

Il y avait de quoi avoir peur. Très peur. D’abord parce que l’idée de remaker un classique des années 80 "intouchable" qui, de l’avis général, avait déjà tous les atouts pour plaire, n’avait sur le papier pas beaucoup de sens. Ensuite, modernité oblige, le travail d’adaptation a simplement consisté à constituer un casting 100% féminin. Joli défi dans l’industrie machiste d’Hollywood, mais l’argument artistique est, hum…, assez mince. Si on ajoute la bande-annonce la plus détestée de l’histoire de Youtube… ça ne faisait pas de très bons indices quant à la qualité de ce remake.

Pierre Lunn
4
L'Economie du couple

Marie et Boris, parents de jumelles, se séparent. Mais Boris veut la moitié de la valeur de la maison de Marie, qu'il a entièrement rénovée. Donc Boris squatte, malgré les crises.

Sylvestre Picard
2
Parasol

La déprime de l’Occidental contemporain compactée dans des cadres géométrisés, à Majorque : il y a du Ulrich Seidl dans Parasol. L’influence de l’Autrichien est d’ailleurs revendiquée par le Belge Valéry Rosier, qui a néanmoins voulu délester le style du réalisateur de la trilogie Paradis de sa raideur clinique, pour la remplacer par une once d’humanité.

Eric Vernay
3
C'est quoi cette famille ?!

Sept demi-frères et sœurs issus de huit parents plus ou moins liés, qui en ont marre d'être baladés de maison en maison en fonction des gardes, décident d'inverser les rôles et de s'installer dans un appart à eux.

Sylvestre Picard
1
L'Économie du couple

Marie et Boris, parents de jumelles, se séparent. Mais Boris veut la moitié de la valeur de la maison de Marie, qu'il a entièrement rénovée. Donc Boris squatte, malgré les crises.

Sylvestre Picard
2 Parasol

La déprime de l’Occidental contemporain compactée dans des cadres géométrisés, à Majorque : il y a du Ulrich Seidl dans Parasol. L’influence de l’Autrichien est d’ailleurs revendiquée par le Belge Valéry Rosier, qui a néanmoins voulu délester le style du réalisateur de la trilogie Paradis de sa raideur clinique, pour la remplacer par une once d’humanité.

Eric Vernay
3
Stefan Zweig, adieu l’Europe

En 1936, un des plus grands écrivains allemands vivants quitte l’Europe. Partout où il se rend, on lui demande de réagir à ce qui se passe dans son pays. Mais Zweig refuse de prendre position et de s’exprimer sur le régime nazi. Beaucoup lui reprochèrent sa neutralité, et le film de Maria Schrader tente de la comprendre.

Vanina Arrighi de Casanova
3
Suicide Squad

Au départ, tout va bien. Les trente premières minutes de Suicide Squad sont consacrées à la présentation des membres de l'équipe. Des criminels plus ou moins tarés, du sniper tueur à gages à l'homme-crocodile, forcés de se mettre au service du gouvernement. Succession de vignettes barrées et brouillonnes, gravitant autour d'une super-prison pour super-méchants, grouillant à l'ombre de Batman et Superman en mode playlist. Chaque apparition de personnage possèdant sa propre chanson, de Sympathy of the Devil à Fortunate Son.

Sylvestre Picard
3
La chanson de l'éléphant

Le docteur Lawrence a soudainement disparu. Le directeur de l’établissement psychiatrique, Toby Green, décide d’interroger Michael, patient instable et dernier à avoir vu Lawrence. Malgré les avertissements de l’infirmière en chef, Green se laisse piéger par les propos manipulateurs du jeune interné.

Christophe Narbonne
4
Sieranevada

Bucarest, an 2016. Une famille de la classe moyenne se réunit pour rendre hommage au père récemment défunt, mais l’heure de passer à table est constamment repoussée par le retard du pope censé dire la bénédiction.

Caroline Veunac
2
A tous les vents du ciel

Une adolescente française en vacances en Afrique du Sud perd toute sa famille sur un mauvais coup du sort - de dés, pour être précis. Au lieu de rentrer à Paris, elle noie sa culpabilité de survivante dans une longue cavale semée d'embuches (tentation du suicide, risque de viol, impossibilité de l’amour liée à l’imposture de sa nouvelle fausse identité), qui lui tient lieu de voyage rédempteur.

Eric Vernay
3
Carmina !

Le début fait irrésistiblement penser à Almodovar, époque Movida : le mari de Carmina meurt brutalement ; passé le choc, la veuve songe à taire le drame pendant deux jours afin d’être sûre d’encaisser les dernières primes salariales du défunt. De ce postulat noir et absurde, Paco Leon s’écarte à mi-parcours pour se concentrer sur la vie d’un immeuble dont Carmina est l’une des figures, autoritaire et bienveillante.

Christophe Narbonne
4
Comme des Bêtes

Max adore sa maîtresse qui le lui rend bien. Lorsqu’elle revient avec Snowball, grosse boule de poil errante, Max voit son monde s’effondrer : il doit la partager avec un malotrus ! Un beau jour, leur promeneur les perd. Les deux chiens vont devoir affronter la fourrière et une bande d’animaux domestiques rebelle qui veut tuer les humains.

Christophe Narbonne
4 Guibord s'en va-t-en guerre

Un député du Québec-Nord se retrouve au centre de l’attention quand son vote pour une question cruciale s'avère décisif : le Canada doit-il entrer en guerre (contre qui, on ne le saura jamais) ? Il choisit de sonder ses électeurs in situ, prétexte à un road-movie jalonné d’obstacles : routes bloquées par les indiens, lobbying pro et anti-belliciste, avis divergents jusque dans son foyer. Ecartelé de toute part, Guibord bénéficie des lumières de son stagiaire, un jeune haïtien lecteur…des Lumières.

Eric Vernay
4
La Couleur de la victoire

L’histoire de Jesse Owens et de sa détermination à participer aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936 alors que ceux-ci deviennent un enjeu de politique international.

Vanina Arrighi de Casanova
3
The Wave

Le village norvégien de Geiranger vit avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête : tôt ou tard, le colossal flanc de montagne qui le surplombe va tomber dans le fjord, et provoquer un terrible tsunami.  Les amateurs de films catastrophe US ne seront pas dépaysés, tous les ingrédients sont là : apocalypse naturelle vue du point de vue d’une famille en pleine crise (en surmontant l’une, on résout l’autre), jargon scientifique (on révise sa géologie), B.O.

Eric Vernay
3
Colonia

Chili. 1973. Pinochet prend le pouvoir, les opposants se font arrêter en masse, beaucoup disparaissent. Parmi eux, Daniel, un photographe allemand pour lequel la femme qu’il aime va tout risquer. Dans Colonia, le réalisateur de John Rabe s’intéresse à une histoire ahurissante, celle d’une secte régie par un ancien nazi, roi en son royaume de cruauté qui sévit de 1961 à 1991 et servit, accessoirement, de lieu de détention et de torture au régime de Pinochet.

Vanina Arrighi de Casanova
4 D'une famille à l'autre

Après le remarqué Une seconde mère, Anna Muylaert aborde à nouveau le thème de la filiation avec ce portrait d’un adolescent de 17 ans soudain propulsé dans sa famille biologique suite à l’arrestation de sa prétendue mère, qui l’avait kidnappé à la naissance. Toujours habile pour croquer la bourgeoisie brésilienne, la réalisatrice se passionne surtout ici pour son héros au look androgyne et à la sexualité libre dont la décontraction est mise à rude épreuve par la tardive découverte de parents aussi envahissants qu’impatients.

Damien Leblanc
4
Elvis & Nixon

Un jour de 1970, Elvis Presley sonne à la porte de la Maison-Blanche avec une idée en tête : il veut être nommé agent fédéral afin d’aider Nixon dans sa politique anti-drogues… Cette improbable rencontre au sommet est ici traitée sous l’angle de la comédie loufoque : voici le portrait drôle et attachant de deux grands hommes qui se comportaient comme des petits garçons. Si Frank Underw… euh, pardon, Kevin Spacey livre une caricature de Nixon assez attendue, le Elvis version Michael Shannon tape dans le mille. Le film est bourré de détails savoureux, méconnus, sur la vie du King.

Frédéric Foubert
3
Independence Day : Resurgence

20 ans après « la guerre de 96 », tout recommence. Un ancien président des Etats-Unis, le fils d’une légende militaire, une scientifique française et deux petits vieux rigolos vont tout faire pour sauver la planète. Encore ? Oui. Encore.

Pierre Lunn
1
Le Bon Gros Géant

A Londres, lors d’une nuit d’insomnie, Sophie fait la connaissance d’un géant qui parcourt la ville pour « souffler » des rêves aux enfants endormis.

Frédéric Foubert
4
Man on High Heels

Chez lui, Jin Jang usine des films de genre depuis 20 ans. Si Man on High Heels est le premier distribué chez nous, c’est qu’il a l’originalité d’être aussi transgenre : c’est l’histoire d’un flic de légende qui rêve de devenir une femme. Le film mixe cette quête identitaire aux codes du thriller coréen - violence chorégraphiée, exubérance sentimentale et kitsch maîtrisé. Comme simple polar, Man on High Heels est très fun, et la greffe trans n’est pas là que pour l’effet de mode.

Caroline Veunac
3
Parenthèse

Raphaël, la cinquantaine, décide d’entrainer ses deux meilleurs amis dans un périple en voilier pour retrouver la fougue de leurs jeunes années. En chemin, ils prennent en stop trois jolies jeunes filles qui ne les laisseront pas indifférents. Avec un tel synopsis, on peut craindre d’embarquer dans une odyssée érotico-beauf autour du démon de midi. Mais Parenthèse est loin de donner le mal de mer. Malgré quelques situations attendues, Bernard Tanguy signe une comédie sympathique et efficace, autant qu’une invitation à la liberté et au fantasme.

Mathias Averty