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Première année

NFS, chimie, iono. Encore un effort et Thomas Lilti battra les records de Hopital Central (cette série américaine qui recoud les plaies depuis 1963). Avec ce troisième film, le cinéaste continue de creuser le sillon médical et, après les internes (Hippocrate) et son Médecin de campagne, s’attaque aux étudiants de première année. Comme l’indique clairement le titre, Lilti raconte l’année de concours de deux étudiants, un redoublant méritant et un néophyte surdoué.

Gael Golhen
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Le Pape François - Un homme de parole

Ses fictions actuelles sont d’une terrible médiocrité, mais Wim Wenders continue de multiplier les gestes documentaires stimulants. Avec Un homme de parole, le cinéaste a voulu témoigner de son admiration pour le Pape François. Film de commande initié par le Vatican, l’exercice aurait pu être une catastrophe, une enluminure sans distance ou une hagiographie indigeste.

Gael Golhen
affiche thunder road
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Thunder road

C’est une véritable odyssée de la lose, un déferlement d’emmerdes qui n’a rien envier au Livre de Job. Thunder Road raconte la dégringolade familiale, professionnelle et psychologique de Jimmy Arnaud, un policier texan respecté qui perd à peu près tout ce qu'il avait d'important, dans une atmosphère de cauchemar éveillé. Son chemin de croix débute logiquement à l’église.

Eric Vernay
Searching - Portée disparue affiche
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Saerching - Portée disparue

Une étudiante qui vient de perdre sa mère disparaît. Sans nouvelle, son père s’inquiète, appelle les flics et puis se met à fouiller son ordinateur. Surprise : celle qu’il prenait pour une jeune fille épanouie est en fait très seule et vaguement dépressive. C’est un peu mince quand même. D’ailleurs, Aneesh Chaganty tente de dépasser la banalité de son script en greffant sur cette histoire un dispositif de cinéma aussi énorme que routinier : tout le film est vu à travers des écrans.

Gael Golhen
Peppermint affiche
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Peppermint

Avec Peppermint, le réalisateur de Taken délaisse les héros pour une héroïne. Jennifer Garner incarne Riley, une mère de famille qui, après la mort brutale de son mari et de sa fille assassinés par des barons de la drogue, se transforme en une machine à tuer. N’ayant plus rien à perdre, elle est prête à tout pour obtenir vengeance, y compris tuer des bad guys à tour de bras, mettre à mal un trafic de drogue et démasquer des ripoux.

Maxime Grandgeorge
Mademoiselle de Joncquieeres
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Mademoiselle de Joncquières

Le film est simple, radical, ultra frontal. Emmanuel Mouret extrait du roman philosophique de Diderot, Jacques le fataliste, un des récits d’aventures galantes que fait le valet à son maître, sur lequel il fonde la trame narrative de son film, l’histoire d’une vengeance implacable. Madame de la Pommeraye, une jeune veuve, cède aux avances du marquis des Arcis, fieffé séducteur. Elle s’est refusée, il a insisté, elle a cédé, il s’est lassé.

Anouk Féral
Dovlatov affiche
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Dovlatov

Le cinéma littéraire, cet épouvantail décati contre lequel nous n’avons généralement plus besoin de lutter, a trouvé un allié de poids en la personne d’Alexey German Jr. La particularité du réalisateur, outre son identité slave portée en étendard et sa prestigieuse ascendance (comme son nom l’indique, c’est le fils de son père), est de concevoir des plans-séquences et des mouvements d’appareils ultrasophistiqués pour filmer des conversations, réglant comme au théâtre chaque entrée, sortie et interaction de ses personnages dans un cadre millimétré (appartement, bureau, parc public, etc.).

Michaël Patin
Le Temps des forêts affiche
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Le temps des forêts

Un film qui décrit l’intense industrialisation actuellement subie par la forêt française peut-il être captivant ? Oui, nous prouve François-Xavier Drouet qui a recueilli au cœur des Landes, des Vosges ou du Limousin les précieuses paroles de forestiers et d’acteurs de la « sylviculture ». On découvre ici tous les contours d’une gestion productiviste des forêts qui multiplie les champs d’arbres artificiels et heurte autant l’écosystème que la conscience des professionnels du secteur.

Damien Leblanc
Okko et les fantômes affiche
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Okko et les Fantômes

Il y a des fantômes (normal), des esprits taquins, du surnaturel dans tous les coins. Okko perd ses parents dans un accident de voiture, la voilà recueillie par ses grands-parents qui tiennent une auberge traditionnelle. Elle y sympathisera avec trois fantômes enfantins qui hantent l'endroit. Malgré son pitch surnaturel, Okko et les fantômes appartient à une école fondamentalement réaliste de l'animation japonaise : l'un des films du réalisateur Kitaro Kosaka était Nasu, un été andalou (2003), sur un coureur cycliste qui fait le Tour d'Espagne.

Sylvestre Picard
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Ma Fille

En 1966, Denys de la Patellière portait à l’écran Le voyage du père de Bernard Clavel. Fernandel y incarnait un paysan qui, se rendant à Lyon pour retrouver sa fille censée travailler comme coiffeuse, découvrait qu’elle lui avait menti. Un film cher au cœur de Thierry Ardisson qui– dans ses habits de producteur endossés en parallèle de son costume noir d’animateur télé - cherchait depuis longtemps à en développer une nouvelle adaptation.

Thierry Chèze
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Un nouveau jour sur Terre

Onze ans après, le réalisateur de La jeune fille à la perle se retrouve aux commandes de la suite d’Un jour sur Terre avec les mêmes intentions inattaquables – célébrer les splendeurs de la Nature aux quatre coins du monde avec le bestiaire le plus riche possible – agrémenté d’avancées technologiques qui rendent forcément le tout encore plus beau et spectaculaire.

Thierry Chèze
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Invasion

Des extra-terrestres prennent forme humaine pour envahir notre planète. Une poignée d’êtres humains sont choisis comme guides. Les autres se font déposséder de leurs concepts fondamentaux (famille, passé, peur, amour). Ce scénario vous dit quelque chose ? C’est que vous avez vu Avant que nous disparaissions, le précédent film de Kiyoshi Kurosawa, sorti en mars sur nos écrans. Invasion est la deuxième adaptation consécutive, par le même réalisateur, d’une pièce de Tomohiro Maekawa, inspirée du classique 50’s L’invasion des profanateurs de sépultures.

Michaël Patin
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Sofia

Au Maroc, le fait d’accoucher d’un bébé hors mariage est encore de nos jours passible d’une peine d’emprisonnement d’un mois à un an. Cette information sidérante est au cœur de ce remarquable premier long métrage, où l’on suit la panique de d’une jeune femme de 20 ans qui, suite à un déni de grossesse, accouche d’un bébé alors qu’elle est encore célibataire. Une singulière course-poursuite s’engage alors : l’hôpital consent à lui accorder 24 heures pour fournir les papiers du géniteur avant de prévenir, en cas contraire, les autorités. Qui est ce père ?

Thierry Chèze
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Shéhérazade

Du titre se dégage un parfum de conte d’Orient, de Mille et Une nuits, d’onirisme chamarré, idée rapidement douchée par les premiers plans. En faisant défiler les images d’archives historiques sur les strates migratoires à Marseille, Jean-Bernard Marlin instaure une facture naturaliste à Shéhérazade, confirmée par cet échange initial entre Zachary, 17 ans, et un maton, le jour de sa sortie de prison pour mineurs. Tandis que l’ado à la crinière léonine s’apprête à enfin humer l’air extérieur, le gardien lui lance un caustique « A bientôt ! ».

Eric Vernay
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Whitney

Whitney Houston avait tout pour réussir : la plastique, la voix, l’héritage (sa mère, Cissy, connut son heure de gloire dans les 60’s ; sa cousine était Dionne Warwick). Mais elle avait aussi tout pour sombrer : la drogue, un mariage malheureux (avec le chanteur Bobby Brown, finalement moins toxique que bas de plafond), une fille à problèmes (Bobbi Kristina Houston, tragiquement décédée en 2015, trois ans après sa mère).

Christophe Narbonne
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À la recherche d'Ingmar Bergman

C’est parce qu’Ingmar Bergman a un jour déclaré que Les Années de Plomb, de Margarethe von Trotta, était l’un de ses films préférés que la Fondation Bergman a demandé à la réalisatrice allemande de concevoir ce film commémoratif, tourné à l’occasion du centenaire de la naissance du génie suédois. Celle-ci a choisi une forme buissonnière, qui la voit musarder dans ses souvenirs personnels, partir à la rencontre de collaborateurs et fans célèbres, s’attarder sur des chapitres méconnus de la vie de Bergman… Le meilleur ?

Frédéric Foubert
Free Speech, paroles libres
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Free speech

Dans les traces de Laura Poitras (pour la thématique et les intervenants), et celles de Michael Madsen (pour l’esthétique et la mise en scène de soi), le jeune britannique Tarquin Ramsay, 23 ans, offre un documentaire didactique sur la notion de liberté d’expression. Tourné sur une période de cinq ans, Free Speech évoque les enjeux et l’importance de ce droit fondamental dans la société et met en exergue, via l’intervention de personnalités comme Julian Assange, Sarah Harrison, Jude Law ou Jérémie Zimmermann, les dangers qui le menace au XXIe siècle, ère de l’ultra-surveillance.

Perrine Quennesson
affiche photo de famille
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Photo de famille

Je me suis fait tout petit, le très quelconque premier long de Cécilia Rouaud n’aura donc été que le brouillon de son nouveau film choral où elle plonge encore au sein d’une famille et de ses relations faites de (quelques) hauts et de (beaucoup de) bas. En l’occurrence un couple séparé de longue date et leurs trois enfants confrontés à un problème qu’ils vont se refiler façon patate chaude : que faire de leur aïeule alors que son mari vient de mourir ?

Thierry Chèze
Affiche De Chaque instant
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DE CHAQUE INSTANT

Seize ans après le beau Etre et avoir, De chaque instant, le nouveau documentaire de Nicolas Philibert parle une fois de plus de l’école, de la transmission et de la parole. Mais cette fois-ci, finie la classe unique de Mr Lopez. Il s’agit d’une école pour les grands : celle d’un Institut de Formation en Soins Infirmiers de Montreuil. 

Leïla De la Vaissière
Affiche 22 Miles
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22 MILES

Le pitch de 22 Miles est alléchant : une unité d'élite doit escorter un prisonnier dangereux sur une courte distance (vu le titre), mais dans une ville hostile d'Asie du Sud-est. S.W.A.T. Unité d'élite (2003) et 16 Blocs (2006) s'y sont cassés les dents, on pouvait attendre du duo Peter Berg et Mark Wahlberg qu'ils réussissent leur mission avec brio. Le résultat est mitigé.

Sylvestre Picard
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Bonhomme

Voilà un film gonflé et jusqu’au-boutiste qui ne ressemble à rien de ce qu’on a pu avoir ces dernières années dans le cinéma français. Un film cru et parfois cruel alors que son sujet aurait pu spontanément l’emmener vers un territoire éminemment plus compassionnel et consensuel : un accident de voiture qui bouleverse brutalement la vie d’un jeune couple de la banlieue lilloise. Au volant, Marilyn s’en sort indemne.

Thierry Chèze
AFFICHE
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Sauvage

Dans 120 Battements par minute, il n’avait pas le premier rôle mais il captait l’attention à chaque apparition malgré le charisme de ses partenaires, Arnaud Valois et Nahuel Pérez Biscayart  : c’est encore le cas dans Sauvage où Félix Maritaud campe un prostitué gay et SDF, en quête d’amour. L’œil las mais la lèvre hautaine, la silhouette dégingandée mais l’érotisme chevillé aux pectoraux, il électrise l’écran de sa présence animale et provocante.

Christophe Narbonne
affiche il ou elle
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Il ou elle

Les Etats-Unis et le Qatar produisant ensemble un film mettant en scène un adolescent qui se questionne sur son genre ? Il fallait le faire ! La déception est finalement à la hauteur de la surprise. Après deux ans de traitement hormonaux pour retarder sa puberté, J. doit décider s’il veut être un homme ou une femme. Le sujet se prêtait à un drame poignant permettant de mettre en perspective l’épineuse question du genre. Lui ou elle se contente d’effleurer le sujet, le délaissant en cours de route pour suivre une famille iranienne installée aux Etats-Unis.

Maxime Grandgeorge
Affiche Sollers Point
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SOLLERS POINT - BALTIMORE

Primé lors du dernier Champs Elysées Film Festival, le quatrième long métrage de l’américain Matthew Porterfield met en scène le retour d’un jeune homme de 24 ans dans son quartier, après un séjour en prison. Des retrouvailles avec son père et ses proches qui ne seront pas de tout repos tant elles vont le replonger dans ses vieux démons, jamais totalement évanouis. On connaît depuis le remarquable Putty Hill le regard pointu et ciselé que Porterfield sait porter sur ces coins d’Amérique décrépis, à mille lieux du fameux American dream.

Thierry Chèze
Affiche Burning
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Burning

En sa qualité d’aspirant écrivain, Jong su, le personnage principal de Burning, est en quête de vérité. Hélas pour lui, le doute et l’incertitude nourrissent chaque plan du film depuis le début, où il retrouve par hasard Haemi, une amie d’enfance perdue de vue. Après s’être laissé séduire par elle, il accepte de garder son chat (dont on ne voit jamais le bout de la queue) pendant qu’elle voyage en Afrique.

Gérard Delorme
Affiche Caniba
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Caniba

Anthropologues, auteurs du remarqué Leviathan (pas le Zvyagintsev, mais un documentaire incroyable sur un chalutier), Paravel et Castaing-Taylor s’intéressent à Issei Sagawa,, sexagénaire grabataire qui défraya la chronique en 1981 en dévorant une étudiante néerlandaise en France. Il est aujourd’hui soigné à domicile par son frère -l’autre personnage du doc. Cadré en très gros plan, façon installation arty, Sagawa se raconte un peu, l’oeil absent et la voix traînante.

Christophe Narbonne
Affiche Silent Voice
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Silent Voice

Handicap, harcèlement scolaire et rédemption sont au programme de cette remarquable adaptation d’un manga en 7 tomes, énorme succès d’édition au Japon. L’histoire de la relation mouvementée entre Nishimiya, jeune élève douce et attentionnée et Ishida, camarade de classe cossard qui a décidé d’en faire sa souffre-douleur en se moquant de façon humiliante de sa surdité avant que ses camarades ne le mettent à son, tour à l’écart. Un épisode qui va le hanter longtemps avant que des années plus tard il décide d’apprendre la langue des signes et de partir à sa recherche.

Thierry Chèze
affiche blackkklansman
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BlacKkKlansman : j'ai infiltré le Ku Klux Klan

D’une histoire 70’s à dormir debout – un flic noir infiltré dans les rangs du Ku Klux Klan ! – Spike Lee tire un thriller carburant (un peu trop) aux ruptures de ton.

Frédéric Foubert
Les Vieux fourneaux affiche
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Les Vieux fourneaux

Ca ne commence pas très bien. Pierre Richard essaye de saboter une agence bancaire avec un guetteur en déambulateur, puis va récupérer Eddy Mitchell à la sortie de la maison de retraite Meuricy (entendre « meurs ici », lol). L’esprit gaguesque de la BD d’origine, porté par des dialogues “à la Audiard”, est certes respecté mais le passage des cases aux plans et des bulles aux punchlines fait comme souvent craindre le pire en matière d’incarnation.

Christophe Narbonne
Affiche du film Lukas
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Lukas

Licencié pour bagarre, un videur de boîte de nuit sur le retour trouve un nouveau job dans une boîte de strip-tease bruxelloise tenue par la mafia et devient indic malgré lui. Rien à dire sur la performance de Jean-Claude Van Damme, dans sa veine JCVD, évidemment bouleversant de crédibilité dans la peau du videur ; c'est le reste du film qui pose problème. Lukas est un polar à twists particulièrement mal écrit, aux dialogues souvent consternants et à la mise en scène clinquante (l'attaque de la maison en plan-séquence brille par son inutilité).

Sylvestre Picard