2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:25:00 pm

Il est du mauvais côté de la loi et aime le hip-hop. Elle étudie le ballet dans une prestigieuse école. Détendez-vous: la danse va les rapprocher, et le film devenir un long tunnel de chorégraphies mal filmées et… pas du tout sexy. Son succès aux États-Unis prouve qu’il y a un public pour ça. On leur prescrirait bien du Flashdance et du Fame trois fois par jour pour qu’ils voient la différence.

Mathieu Carratier
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:24:00 pm

Associé à DreamWorks depuis l’épatant Chicken Run (00), Aardman négocie,

Christophe Narbonne
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:23:00 pm

Pour gagner le cœur d’une nonne, un cuisinier orphelin, élevé chez les moines, cherche secrètement à devenir champion de lutte. On ne sait pas comment prendre ce film touchant mais bizarre, tourné au Mexique en décors réels, qui n’est ni un hommage ni une parodie. La vision de Jack Black s’agitant en collants dans des scènes jamais drôles produit le même effet que de voir le marteau du médecin s’approcher du genou, sans que jamais il ne frappe. Drôle de film, à défaut d’être un film drôle.

Gérard Delorme
4
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:21:00 pm

Pas besoin d’avoir connu l’émission de radio dont ce film est inspiré pour l’apprécier. The Last Show est une ode à la mort et à la fin de tout ce qui doit finir. Mais l’ambiance est loin d’être triste ou fataliste. C’est même l’un des films les plus légers et attachants de Robert Altman, qui nous avait habitués à une ironie sarcastique proche de la misanthropie.

Gérard Delorme
4
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:22:00 pm

Bong Joonho confirme avec The Host des qualités qui le placent au sommet du jeune cinéma coréen contemporain: avec une lucidité aiguë et un penchant marqué pour le commentaire social, il a une façon unique de télescoper les genres pour rendre compte de la réalité. Ici, le film de monstre ne représente qu’une partie d’un tableau qui visite aussi le drame intimiste, la comédie de mœurs et la satire politique. (…) L’interprétation, généralement impeccable, est dominée par l’énorme Song Kangho qui incarne le père éperdu avec un mélange approprié de douceur et de brutalité.

Gérard Delorme
4
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:20:00 pm

Qui aurait cru qu’un sujet aussi apparemment poussiéreux que la monarchie britannique s’avère aussi passionnant? Pour nous en convaincre, il fallait toute l’intelligence et la sensibilité d’un Stephen Frears, définitivement le plus attachant des cinéastes anglais contemporains. (…) Avec une virtuosité discrète, Frears utilise des artifices purement cinématographiques: caméra portée pour capter l’hyperactivité de Blair, plans larges solennels pour montrer la pesanteur de Balmoral, et sa façon d’utiliser la musique sur des images d’archives émeut jusqu’aux larmes.

Gérard Delorme
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:19:00 pm

Dans la veine de Serial noceurs, Owen Wilson se donne le rôle d’un fâcheux qui parasite la vie de deux jeunes mariés. Tandis que les rôles masculins évoluent vaguement (le parfait Matt Dillon accuse des faiblesses, l’odieux Wilson se révèle un ami précieux), Kate Hudson est réduite à un cliché. Derrière ses conventions, le film révèle en creux un tableau assez inconfortable de la famille américaine contemporaine.

Gérard Delorme
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:18:00 pm

Asia Argento ne joue pas, elle vit Zingarina. Gatlif la filme envoûtée, possédée (fascinante scène d’accouchement sous exorcisme), parfois hystérique. Mais évite de justesse la complaisance grâce à son approche viscérale et musicale. La méthode du chef d’orchestre Gatlif consiste à improviser au tournage puis composer au montage. (…) Unique en son genre, son cinéma-sarabande sonde la douleur (d’aimer, d’exister), exalte la misère (des marginaux) et fête la liberté. Apprécier Transylvania exige donc de s’abandonner au bon vouloir de cet esthète de l’errance et de l’esprit bohème.

Nicolas Schaller
4
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:17:00 pm

Après Loulou, leur moyen métrage coup de maître, Grégoire Solotareff, au dessin et au scénario, et Serge Elissalde, à la réalisation, s’allient de nouveau pour nous conter, en format long, une histoire universelle, poétique et intelligente, où il est question d’amitié, d’amour et d’émancipation! (…) Tous les thèmes sont abordés avec délicatesse et une pointe de folie. Du mystère de grandir à l’étrangeté de désirer quelqu’un, de l’envie d’avoir un monde à soi à la nécessité de découvrir le monde des autres, de la différence qui fait peur à celle qui enrichit.

Isabelle Danel
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:15:00 pm

Une femme fatale invente un stratagème monstrueux pour mettre
la main sur un homme traumatisé par la mort de son épouse. Traité au premier degré, un tel scénario aurait pastiché les films noirs des années 40. Pradal a essayé d’innover en visant une forme d’abstraction qui réduit l’intrigue à trois personnages et un décor (New York). Hélas, et en dépit de bonnes performances (Keitel, bestial), le film s’égare dans un no man’s land onirique et invraisemblable.

Gérard Delorme
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:14:00 pm

À l’âge où l’on ne pense qu’aux garçons, deux filles entament leur service militaire chez Tsahal. Derrière le portrait de ces deux filles en fleurs et armées, Une jeunesse… enregistre les blessures, l’aliénation et les sacrifices d’une jeunesse sous tension – rage comprimée des moments d’insouciance, éloquence des scènes mutiques. Avec sa caméra à l’épaule et son aspect rugueux et documentaire, le film ausculte un quotidien asphyxiant et propose une morale qui résonne fort: l’arrêt du dialogue et l’entêtement conduisent au désespoir.

Gael Golhen
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:12:00 pm

Une vérité qui dérange montre le combat d’un homme contre le réchauffement global. Seul, avec son ordinateur, il va de ville en ville, sillonne l’Amérique du Nord, l’Asie et l’Europe, montrant son «diaporama» à des groupes d’étudiants ou de citoyens inquiets. La conférence commence toujours par les mêmes mots: «Mon nom est Al Gore et je devais être le prochain président des États-Unis.» C’est l’unique intérêt du film: mettre en scène l’ex-futur président US, serial loser fascinant.

Gael Golhen
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:11:00 pm

Pour obtenir un papier qui leur permettra de rester ensemble, un garçon et une fille doivent traverser Cuba. Assez anodin, leur périple est ponctué de pauses dialoguées qui explicitent les dissensions familiales respectives de l’un et de l’autre. La conclusion est d’une telle candeur qu’on ne l’imagine même pas acceptable par les enfants de moins de 10 ans auxquels ce film s’adresse.

Gérard Delorme
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:09:00 pm

Voiture de luxe renferme a priori tous les ingrédients du mélo pur et dur. Mais Wang Chao (L’Orphelin d’Anyang), qui dédie le film à ses parents, le teinte d’une subtile délicatesse et le double d’une critique acerbe sur les mutations de la société chinoise. (…) Voiture de luxe vaut pour la sensibilité avec laquelle le réalisateur saisit toutes choses: balançoire vide agitée par le vent, lumière éclairant un visage, cri d’un enfant venu au monde. Il laisse aussi se lever un éclair d’espoir final: oui, il existe des aires de repos pour existences saccagées.

Sophie Grassin
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:07:00 pm

Comment ne pas s’affliger de la manière dont Stone, cinéaste du cauchemar américain, restreint cet événement à une histoire de familles qui ont oublié de se dire «je t’aime»?

Nicolas Schaller
4
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:06:00 pm

Le Prestige semble d’abord voué à son tour de force esthétique, un exercice de style gothique consistant à marier passé et futur, bric-à-brac et technologie. Lyrisme sombre, réalisme brut: Nolan confirme après Batman Begins, son statut de styliste dark monstrueux. Chaque plan est un piège pour l’œil et conduit au bord de l’asphyxie visuelle. (…)

Gael Golhen
4
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:05:00 pm

Pour son premier long, Jean-Pierre Darroussin, acteur impeccable chez les autres et aujourd’hui chez lui-même, adapte Emmanuel Bove et signe un grand «petit film» sur le détachement. La révolution perso de Charles – notre ami, notre frère – ne renvoie à aucune idéologie. Juste à une autre attitude, singulière et cotonneuse, face à la grande comédie... Subtilement, Darroussin sculpte les paradoxes. S’attache au matériel, au concret (visages, gestes, rues de Paris…), pour mieux décrire un état de flottement intérieur qui froisse les frontières entre réel et songe.

Olivier de Bruyn
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:02:00 pm

Jean-Baptiste Grenouille, sa vie (né sous les étals, abandonné), son œuvre (mettre
au point le parfum ultime, tuer des rousses pour y parvenir)… Voici enfin l’adaptation du best-seller de Süskind par Tom Tykwer (Cours, Lola, cours). Si sa reconstitution d’un Paris suintant convainc dans la première heure, le film – trop littéraire avec cette voix off encombrante – se met vite à bégayer pour lentement sombrer dans le grotesque. Frustrant.

Mathieu Carratier
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 6:00:00 pm

Il y a seize ans, Renny Harlin réalisait 58 Minutes pour vivre. Aujourd’hui, il dirige un casting de chippendales dans ce film fantastique pour maternelles où des étudiants, sorciers à leurs heures perdues, affrontent un autre élève fermement décidé à détruire le monde (ou un truc dans le genre). À côté, Harry Potter passerait presque pour du Bergman.

Mathieu Carratier
4
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:59:00 pm

Plus inspiré que jamais lorsqu’il s’adonne à ses fantasmagories socialistes, Del Toro compose une fable tragique à l’imaginaire exalté et exaltant. On pense à Alice au pays des merveilles, forcément, mais aussi à l’intelligence métaphorique de Miyazaki quand l’onirisme s’empare soudainement du réel. Le festival de Cannes ne s’était pas trompé en convoquant sur la Croisette ce remarquable conte pour adultes. L’oublier au palmarèsprouve qu’il reste un peu de chemin à parcourir au cinéma de genre. Une étape que Guillermo Del Toro se fera sans doute un plaisir de brûler.

Mathieu Carratier
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:58:00 pm

Avec son ami François, Meaulnes recherche le domaine où il a rencontré une divine jeune fille... Des scènes raccourcies (le carnaval endiablé où les enfants prennent le pouvoir semble ici un vague pique-nique sans joie) ou supprimées; des personnages réduits ou évacués; la fin transformée: au sens strict de l’adaptation du plus beau roman français sur l’enfance et sa magie, le film est raté. Mais le scénariste Jean Cosmos a tenté autre chose: une métaphore de la vie d’Alain-Fournier, mort à la guerre en 1914.

Isabelle Danel
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:57:00 pm

Rythme endiablé (forcément), dialogues qui ricochent, bande-son dont aucun titre (Madonna, Alanis Morissette) n’est laissé au hasard: Le diable s’habille en Prada ne serait qu’une de ces comédies américaines parfaitement calibrées si un bug aux cheveux argent et à la voix doucement menaçante n’avait infiltré cette machine trop huilée. En deux regards, trois mouvements, Meryl Streep propulse le matériau dans une tout autre dimension. Comme ses employés, on l’observe, pétrifié, en buvant chacun de ses mots. Avec elle, le papier est soudainement moins glacé. (Lire aussi page 90.)

Mathieu Carratier
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:56:00 pm

Il y a tout pour exciter dans le dernier De Palma, à commencer par son sujet, qui cristallise la quintessence de la mythologie vénéneuse de Los Angeles. (…) Pourquoi la mayonnaise ne prend-elle alors qu’à moitié? Probablement à cause de l’héritage écrasant d’autres films proches mais indiscutablement supérieurs. De Palma n’arrive même pas à s’égaler lui-même lorsqu’il répète certains effets de signature.

Gérard Delorme
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:54:00 pm

Alternant fausses pistes, contre-pieds et véritables rebondissements, Guillaume Nicloux aime, comme à son habitude, laisser planer le doute et jouer avec les nerfs du spectateur. Il y a du Hitchcock et du Shyamalan dans la manière qu’a cet encore jeune réalisateur de mettre en scène des histoires troubles sans trop en montrer, de travailler l’ambiance par d’imperceptibles illustrations sonores destinées à faire monter l’adrénaline. (…) Le paradoxe du film? Tant qu’il ne se passe rien, il se passe beaucoup de choses, et cela tient au talent du réalisateur et de son actrice principale.

Ghislain Loustalot
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:52:00 pm

Winky Wong, 6 ans, arrive en Hollande où son père a ouvert un restaurant chinois. La petite se prend de passion pour un cheval et apprend vite les mots nécessaires pour comprendre les autres et se faire comprendre d’eux… Ce joli conte naïf sur les voies difficiles de l’intégration s’adresse au jeune public et souligne que le chemin le plus escarpé est parfois celui qui sépare les parents restant dans leur culture de leurs enfants qui essaient d’en sortir.

Isabelle Danel
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:51:00 pm

Le premier long-métrage de Diego Rafecas, qui joue également Rafael, gravite autour de la spiritualité. Pourquoi croit-on? Lui-même disciple d’un maître zen, Rafecas s’est ironiquement octroyé le rôle du sceptique qui trouve des raisons à tout. Si Tomas s’est engagé dans cette voie, c’est, selon Rafael, parce qu’il est à la recherche d’un père – leurs parents ont été assassinés par la junte militaire. Le projet est ambitieux mais sa réalisation laborieuse. Le discours manque d’ambiguïté, les dialogues de simplicité et la mise en scène d’ampleur. Pas de miracle.

Christophe Narbonne
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:50:00 pm

Il y a encore vingt ans, ce genre de film aurait compensé la pauvreté de son scénario (des femmes sont tuées par le fantôme d’une nonne qu’elles ont noyée) par une bonne dose de sexe et de violence. Ici, il n’y a rien à voir, malgré la présence au générique de Brian Yuzna (Re-Animator 2), crédité comme producteur.

Gérard Delorme
2
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:48:00 pm

Toutes les conditions (plus un solide budget) étaient donc réunies pour faire de cette Flûte un grand film. Kenneth Branagh, s’était déjà attaqué à de périlleuses adaptations cinématographiques avec Shakespeare, et notamment Henry V et Beaucoup de bruit pour rien. On comprend ici la tentative de moderniser à tout prix pour atteindre un jeune public qui n’irait pas naturellement voir un opéra au cinéma.

Isabelle Danel
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:47:00 pm

Avec La Faute à Fidel!, son premier film, Julie Gavras, qui adapte un roman de Domitilla Calamai, signe une chronique sensible qu’on imagine autobiographique: elle avait 11 ans lorsque son père, Constantin Costa-Gavras, tourna Missing. Toute l’œuvre de Costa, cinéaste politique, est traversée par le thème de la famille. Julie s’empare des mêmes sujets et les traite dans la subjectivité d’Anna, du point de vue de l’enfant perdue que, sans nul doute, elle fut. Filmé à la bonne distance, La Faute à Fidel!

Sophie Grassin
3
Critique Jeudi 04 Janvier 2007 5:45:00 pm

Deux ans après Mémoire d’un saccage, docu édifiant sur les mécanismes délétères ayant entraîné l’Argentine dans un chaos économique sans précédent en 2001, Fernando Solanas remet le couvert polémique et il a bien raison. Comment les citoyens lambda ont-ils survécu à l’horreur de la crise? Comment ont-ils résisté pour, au moins, ne pas perdre leur dignité? Avec pédagogie mais aussi (surtout) un regard humaniste qui fustige le misérabilisme, Solanas consigne des témoignages terribles. Filme la réalité amère de son pays. Signe un docu digne et nécessaire. Beau travail.

Olivier de Bruyn