2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:56:00 pm

La traite des blanches au ciné, on a déjà donné. Mais plutôt que de nous proposer l’habituel réquisitoire, Transe raconte le destin fracassé de Sonia de l’intérieur. Rivé à son regard, le spectateur n’en saura jamais plus qu’elle et traverse en même temps que l’héroïne un labyrinthe de langues et de cultures, des scènes de tortures ou d’accalmies, sans jamais connaître le fin mot de l’histoire. C’est la force et la faiblesse d’un film d’une beauté froide.

Gael Golhen
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:52:00 pm

Ce qui est certain, c’est que Nancy Meyers n’est pas Richard Curtis, le talentueux scénariste de 4 Mariages et 1 Enterrement (…) Ce n’est pas faute d’essayer, mais il manque l’essentiel: le rythme. (…) Alternant les coups de foudre des deux côtés de l’océan sur la musique paquebot d’Hans Zimmer, The Holiday s’est perdu quelque part au milieu de l’Atlantique.

Stéphanie Lamôme
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:31:00 pm

The Fountain est un objet farouchement singulier mais jamais déroutant. Une quête existentielle (rien que ça). On ne sait pas ce qu’a vécu Aronofsky ces dernières années, mais la maturité et la puissance sourde qui émanent de son cinéma sont juste inouïes.Que le film ait mis six ans à voir le jour n’a rien d’étonnant. Son allergie aux conventions et son ambition aveugle risquent de laisser une majorité du grand public sur le carreau... Qui se privera d’une des œuvres les plus fascinantes à avoir foulé les salles depuis très longtemps.

Mathieu Carratier
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:26:00 pm

Bien que ce premier film soit l’histoire d’une prise de conscience, c’est aussi le portrait d’une jeunesse violente comme chez Pasolini. Malgré ces références écrasantes, il se singularise bel et bien. Le premier amour, le cambriolage avec des gitans dans une villa qui devient terrain de jeu, la preuve concrète de l’horreur du trafic: Saimir traverse des frontières au sens figuré et, finalement, commet un acte à la fois terrible et salvateur.

Isabelle Danel
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:24:00 pm

Piccolo, Saxo et Cie, film d’animation en 3D, s’inspire de l’œuvre ultraplébiscitée d’André Popp. Nouveaux personnages, dessins élégants, voix malicieuses (Jean-Baptiste Maunier dans le rôle de Saxo et la chanteuse Anaïs dans celui de la note Do) et aventures à la Indiana Jones boostent cette querelle des anciens et des modernes qui permet aux enfants depuis cinquante ans d’identifier et de retenir le son des instruments.

Sophie Grassin
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:22:00 pm

Patrice Leconte, qui aime les acteurs, donne une partition égale à Daniel Auteuil et Dany Boon, croque notre époque en deux temps trois mouvements et signe une fable sur la rédemption ponctuée par des jeux radiophoniques et télévisés où se jouent bien davantage qu’un pactole espéré. Et c’est mon dernier mot, Patrice.

Sophie Grassin
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:20:00 pm

Dans son avant-dernier film en date, le prolifique et inégal Kiyoshi Kurosawa creuse la veine de l’horreur soft (…) Rien de neuf, surtout pour Kurosawa, qui peine à maintenir l’intérêt d’une histoire confuse et trop longue, qu’une image terne en DV n’arrange pas.

Gérard Delorme
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:17:00 pm

Placé en pension par son père trop occupé, un garçon de 4 ans découvre la vie en communauté et l’impossibilité de s’y plier. Empêtré de références – Les 400 Coups, de Truffaut, et Zéro de conduite, de Vigo –, débordé par une centaine d’enfants en liberté devant sa caméra, Zhang Yuan capte quelques moments épars de grâce et de vérité.

Isabelle Danel
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:02:00 pm

Le cinéma mexicain tient décidément la grande forme. (…) Le Violon est une fable puissante (sans être exempte de naïveté) qui appelle à l’insoumission tout en célébrant les vertus d’un cinéma expressionniste. À l’heure où les dictateurs d’Amérique latine vieillissent plutôt mal, cet appel à la révolte résonne étrangement.

Gael Golhen
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:00:00 pm

Placé chez sa grand-mère car ses parents sont débordés de travail, un adolescent des villes découvre la campagne indienne avec ses chèvres vivant dans les maisons et ses temples aux murs couverts de fresques. À scénario classique (choc des cultures, force des vieilles valeurs), mise en scène conventionnelle (faut-il faire un film lent sur la lenteur?). Pourtant, le charme opère dans la seconde moitié.

Isabelle Danel
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:57:00 pm

Sous la plume du romancier finlandais Arto Paasilinna, cette fable métaphysique avait des accents de lucidité amusée qui n’excluait pas la noirceur. En l’adaptant à l’écran, le cinéaste Marc Rivière n’a retenu que l’esprit écolo, avec une candeur exagérée. Il en faut pour ne pas rire à la vision de ce rongeur dont les couinements achèvent de le dépouiller de toute dimension symbolique.

Gérard Delorme
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:55:00 pm

Ex-journaliste au magazine Studio devenu réalisateur, Thierry Klifa confirme son admiration studieuse pour le cinéma français sentimentalo-sociétal et plein de vedettes (…). Une fois l’installation posée, Le Héros de la famille décline tout ce qu’on pouvait attendre d’un tel sujet avec un professionnalisme qui n’a d’égal que sa déconcertante absence de personnalité. (…) En son temps, François Truffaut aurait appelé ça de «la qualité France».

Nicolas Schaller
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:52:00 pm

L’idée d’une œuvre sur un quotidien hors du temps, bercé par une absence de bruit propice à rendre moins sourd, était louable. Encore eût-il fallu choisir entre le documentaire informatif, ce que n’est pas ce film abscons, sans interview ni commentaire extérieur (…). Bref, beaucoup de silence pour pas grand-chose.

Nicolas Schaller
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:51:00 pm

Avec Le Grand Appartement, le cinéaste très singulier se déchaîne. Et si l’on apprécie son art dilettante, c’est une sorte de régal. (…) À l’image de personnages bohèmes qui lui ressemblent probablement beaucoup, Pascal Thomas butine où bon lui semble, traîne dans les cafés de Paris où il fait bon boire, se promène à Florence où pérorent des professionnels de la profession cinématographique… (…). Le tout plébiscite l’épicurisme, la désobéissance, le plaisir du jeu et du je. (…) Ça fait du bien? Oui, ça fait.

Olivier de Bruyn
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:50:00 pm

Plus littéraire que cinématographique, le film trouve pourtant son rythme et sa force grâce au travail du chef opérateur Ricardo Della Rosa et à la présence imposante de deux belles actrices, vraiment mère et fille dans la vie, Fernanda Montenegro (Central do Brasil) et Fernanda Torres (Gemeas

Isabelle Danel
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:49:00 pm

Marc Recha (Pau et Son Frère) conjugue le cinéma à la première personne. Ici, l’impossibilité d’affronter son sujet dicte un film buissonnier où son jumeau et lui-même parcourent les paysages d’une Espagne qui n’a pas cicatrisé les plaies du franquisme. Entre vanité et vacuité, on s’accroche, mais le réalisateur nous retient à peine.

Isabelle Danel
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:39:00 pm

Si vous lisez ces lignes, c’est que vous avez passé l’âge d’aller voir seul ce dessin animé. Cette parabole à l’usage des moins de 6 ans sur les vertus de la différence, le courage et la force de la volonté ne réinventera pas le film d’animation. Mais sa réalisation soignée, la rondeur du dessin et l’univers ouaté raviront les enfants déjà fans du personnage. Les jeunes parents en profiteront pour récupérer leurs nuits de sommeil en retard

Gael Golhen
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:36:00 pm

Les 680 pages du livre ne tiennent pas dans les 105 minutes du film et certaines ellipses surprennent; le débutant blondinet Ed Speleers est un peu pâlot; la dragonne n’est pas toujours aussi spectaculaire qu’il le faudrait... Mais la fougue est là, et le panache aussi. Alors...

Isabelle Danel
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:32:00 pm

Tony Scott est de retour (…). Plus proche d’Ennemi d’État que de ses récentes crises d’épilepsie, Déjà vu tente le parti pris osé d’injecter un argument futuriste dans le corps d’un thriller (…) contemporain. (…) Quand il met son savoir-faire au service du film, et non l’inverse, le réalisateur de Top Gun reste une des valeurs les plus sûres du divertissement hollywoodien. Déjà vu ne prétend pas à autre chose, et s’en acquitte avec une aisance à la limite de l’insolence.

Mathieu Carratier
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:29:00 pm

Écrit et tourné vite, en réaction à l’échec du P’tit Curieux, 04, Coup de sang porte bien son titre. Filmée en caméra (numérique) subjective faisant du spectateur l’acteur principal, cette histoire d’un veuf que le monde désole et qui finit par tuer quelqu’un est animée d’une saine colère, mais pas seulement. Le noir et blanc troué de taches de couleur, les longs plans-séquences, le montage: c’est bel et bien du cinéma qui cherche. Et il lui arrive de trouver.

Isabelle Danel
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:27:00 pm

L’intérêt majeur de Coast Guards réside dans son traitement documentaire d’un sujet qu’on s’attend à voir diffusé sur la chaîne Planète (…) La partie dramatique est la grande faiblesse du film parce qu’elle n’arrive pas à sortir des conventions archirebattues du genre (…) À la rigueur, on retiendra l’interprétation des deux personnages principaux, honnêtes et énergiques, même s’ils sont, là aussi, prévisibles.

Gérard Delorme
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:21:00 pm

Le décalage assumé de cette fable sur la concupiscence et la fragilité de l’ordre social (ou tribal) font de 10 Canoës... (primé un peu partout, notamment à Cannes et Amiens) un objet de cinéma imparfait, certes, et d’une lenteur éprouvante, mais constamment insolite et inhabituel.

Isabelle Danel
3
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 6:01:00 pm

Vinh, réfugié vietnamien adopté il y a vingt ans en Suisse, a vu se déliter la cellule familiale sous ses yeux. Pourtant sa mère naturelle, restée au pays, a continué de recevoir photos et cartes postales idylliques. À l’annonce de son mariage, elle saute dans un avion : les mensonges, comme la famille, de virtuels redeviennent réels. Pourquoi se compliquer ainsi la vie ? Filmé en caméra subjective, ce «journal intime» est une tragi-comédie universelle sur l’absence de communication et l’image du bonheur.

Isabelle Danel
3
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 6:00:00 pm

Sauvé d’une mort certaine par une petite fille décidée, le cochon Wilbur se lie d’amitié avec Charlotte, une délicate araignée. La solidarité de tous les animaux de la grange et quelques mots bien choisis lui assureront une vie longue et heureuse. Adapté d’un classique de la littérature enfantine, ce joli conte éducatif filmé en images réelles (à part l’araignée !) s’adresse aux tous petits, avec cœur et sans niaiserie.

Isabelle Danel
4
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:58:00 pm

Nous sommes ici à la lisière de deux mondes, comme le film se situe entre documentaire et fiction : le dictateur est tristement authentique tandis que le médecin est pure invention. Dans sa dernière partie, «Le Dernier roi d’Ecosse» bascule dans une horreur dont la vérité indéniable semble parfois «fictionnelle» tant la barbarie déployée dépasse l’entendement. (…) Le Général Idi Amin Dada, détrôné en 1979 et mort en 2003, est désormais personnage de cinéma, pour toujours lié au visage de Forest Whitaker, passant du fragile au monstrueux comme personne.

Isabelle Danel
2
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:56:00 pm

Lors du week-end de Pâques, l’arrivée de la compagne du fils dans une famille d’architectes menace de faire s’écrouler l’équilibre familial. Filmé en temps réel et façon Dogme (mais avec une image encore plus laide), ce premier long d’un jeune Chilien pétri de références pasoliniennes transpire le grand désir de cinéma de son auteur. Mais il ressemble trop à un essai brouillon.

Isabelle Danel
4
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:55:00 pm

Oubliez le pitch réducteur (« Rain man avec l’actrice d’Alien »). Snow cake ressemble à un fruit issu de la culture artisanale : son apparence n’est peut-être pas aussi appétissante et colorée que celle d’un produit industriel, mais l’intérieur révèle une profondeur et une substance d’une richesse incomparable. Le film repose sur un script extrêmement bien écrit (par une scénariste débutante), qui réserve une surprise à chaque scène. (…) Weaver joue sobrement, aux antipodes de la performance ostentaire que ce genre de rôle fait inévitablement redouter depuis My left foot.

Gérard Delorme
2
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:49:00 pm

Fuyant l’enfer iranien, une lesbienne prend la fausse identité d’un suicidé et tente, dans la clandestinité, de s’installer en Allemagne où elle s’éprend d’une jeune mère de famille. Tous les maux de la terre sont dénoncés au fil de cette intrigue rocambolesque : répression religieuse en orient, précarité, beauferie et xénophobie en occident. Mais c’est surtout le portrait sensible d’une femme privée de son identité qu’il faut retenir, à condition de faire abstraction des nombreuses invraisemblables…

Gérard Delorme
4
Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:48:00 pm

Pour se tirer d’un mauvais pas, Ratso, rat opportuniste, s’autoproclame papa d’un œuf non encore éclos. Le vilain petit canard qui en sort, aussitôt baptisé Moche, deviendra un grand cygne, moche aussi, dont Ratso voudrait faire une attraction de fête foraine… Malgré le graphisme un peu criard, ce film animé en 3D est bourré d’idées qui font se rejoindre l’esprit d’Andersen et de Gotlib en passant par celui des créateurs de Shrek. C’est joyeusement bête et méchant. Tout ce qu’on aime !

Isabelle Danel
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Critique Jeudi 11 Janvier 2007 5:47:00 pm

Maury, un paysan charentais, accueille dans sa ferme une famille juive qui fuit la zone occupée. Hospitalité, courage, résistance : Christophe Malavoy traite de nobles sentiments avec pudeur et humanité. En adaptant la pièce éponyme de Jean-Claude Grumberg, il signe un premier film taillé sur-mesure pour ses interprètes et parvient à éviter les clichés et la sensiblerie. Sur le fond, Zone Libre décrit une attente interminable et les questions qui vont avec, entre peur de se faire capturer et culpabilité étrange d'être protégé.

Benjamin Mallet