3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 6:58:00 pm

Du champagne, un gâteau, c’est la fête ! On célèbre l’anniversaire de Schumann… le chien de la maison, qui capte tout l’amour de sa belle maîtresse. A travers les yeux d’un adolescent perturbé par le suicide de son père, la famille (riche) de son cousin, apparemment idéale, perd peu à peu de son crédit et laisse apparaître les démons. Quoique trop appuyé par instants dans la démonstration des noirceurs cachées que l’on devine assez vite, ce premier film allemand ne manque pas d’élégance ni d’audace.

Isabelle Danel
4
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 6:57:00 pm

Nuri Bilge Ceylan sait comme nul autre capter les élans contrariés, les retrouvailles vouées à la déconfiture poisseuse, les mouvements infinitésimaux qui, plus que les longs discours explicatifs, racontent la tristesse et le désir, l’angoisse de perdre l’autre et le mépris de soi. Self-made-man de ses films ( non content de les écrire, réaliser, interpréter et produire, il travaille itou à la photo et au montage), Nuri ne donne pourtant jamais le beau rôle à son ego.

Olivier de Bruyn
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 6:56:00 pm

Hasard ou air du temps, deux films sur la magie nous arrivent coup sur coup. Malheureusement, L’illusionniste souffre de la comparaison avec Le prestige. Retenons donc ce qui fait son originalité : une histoire de vengeance amoureuse, rehaussée (si on veut) d’une légère touche de sympathie anarchiste. (…) La Vienne de la fin du XIXème siècle est joliment reconstituée à Prague, et les acteurs portent tous très bien le costume, mais on a du mal à se passionner pour cette pièce montée un peu vide.

Gérard Delorme
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 6:53:00 pm

Adapté d’une pièce à succès du Britannique Alan Bennett, «History Boys» met en scène une classe de jeunes diplômés révisant pour les concours d’Oxford et Cambridge. Les méthodes des profs sont variées et vivantes et les garçons apprennent autant (voire plus) sur la vie que sur les matières utiles pour rallier les grandes écoles. Classique et déjà vu (si ce n’est l’insistance sur l’homosexualité), le film vaut surtout pour les acteurs, en tête desquels le désormais célèbre Oncle Vernon d’«Harry Potter», Richard Griffiths.

Isabelle Danel
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 6:52:00 pm

Fable drôle et séduisante sur la difficulté de trouver sa place et de savoir qui on est, «Congorama» brasse des idées généreuses sur l’hérédité, la filiation et l’amitié entre les peuples. (…) La silhouette d’Olivier Gourmet (avant l’amaigrissement spectaculaire de «Mon colonel» également visible dans «Pars vite et reviens tard») emplit les plans, impose le rythme hésitant et comique de la narration.

Isabelle Danel
4
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 5:45:00 pm

Avec ses photos d’époque, la voix off de Kris Kristofferson et des images d’«archives» extraites du classique de Sam Peckinpah (Pat Garrett et Billy le Kid, 73), Anne Feinsilber signe un poème postmoderne qui mêle fantasmes américains, mémorial et hommage à Peckinpah. Avec une belle idée littéraire en filigrane: un parallèle avec Rimbaud, mort à 21 ans et symbole, lui aussi, de la jeunesse et de la révolte.

Gael Golhen
2
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 5:43:00 pm

Jigsaw, le tueur machiavélique des deux premiers épisodes, est mourant. Son apprentie kidnappe un médecin pour le maintenir en vie pendant qu’un nouveau puzzle meurtrier se met en place. Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. Commençons par la bonne: Saw 3 est légèrement supérieur au 2. La mauvaise: voir le film revient à passer une heure et demie chez le boucher à fixer un rôti de bœuf en écoutant du néométal.

Mathieu Carratier
2
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 5:42:00 pm

Après une légère altercation avec les forces de l’ordre, une ado est contrainte de réintégrer un monde qu’elle avait fui: celui de la gymnastique de compétition, qu’elle entend bien dynamiter de l’intérieur. Et c’est parti pour une heure et demie de barres asymétriques, cheval-d’arçons et rébellion de supérette… Jeff Bridges, hagard au milieu de ce déluge de collants et de talc, semble sérieusement se demander s’il n’est pas victime d’un canular.

Mathieu Carratier
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 5:39:00 pm

Takashi Shimizu n’a pas l’intention de gru(d)ger son public, enchaînant les séquences de terreur pure avec un savoir-faire-flipper rodé à l’extrême. La narration heurtée du film pourra dérouter, mais s’avérera particulièrement payante dans un final qui ne surprendra malheureusement pas ceux qui ont vu le Grudge asiatique. Les autres, tremblez!

Mathieu Carratier
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 5:38:00 pm

Takashi Shimizu n’a pas l’intention de gru(d)ger son public, enchaînant les séquences de terreur pure avec un savoir-faire-flipper rodé à l’extrême. La narration heurtée du film pourra dérouter, mais s’avérera particulièrement payante dans un final qui ne surprendra malheureusement pas ceux qui ont vu le Grudge asiatique. Les autres, tremblez!

Mathieu Carratier
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Critique Mercredi 24 Janvier 2007 5:35:00 pm

Avec «Ossos» et «Dans la Chambre de Vanda», le malaise de voir les déshérités capverdiens filmés avec une outrance esthétique limite avait quelque chose de remuant et de nécessaire. Ici, est-ce la durée (2h35), la répétition (on retrouve la junkie Vanda parmi une masse informe de fracassés de la vie), la surenchère dans la drogue, la misère et la violence ? Tout devient complaisance. Et nous passons notre tour.

Isabelle Danel
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 5:32:00 pm

Tom, père au foyer, et Rebecca, célèbre comédienne, ont deux enfants et une sexualité qui s’érode. Tobey, adulescent dilettante, est désemparé face aux envies de maternité de sa copine Elaine. Typiquement new-yorkaise (sexe, psy, show-biz et Cie), cette comédie sur des couples en crise a le malheur de virer au grand Barnum hollywoodien dans son sirupeux dernier quart d’heure. Le réalisateur Bart Freundlich s’étant entouré de sa femme, Julianne Moore, et d’une flopée d’autres excellents acteurs, la bonne humeur reste de mise. Et l’entreprise, bien qu’anecdotique, plutôt sympathique.

Nicolas Schaller
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 5:25:00 pm

À la fois devant et derrière la caméra, Faouzi Bensaïdi s’amuse avec les codes du cinéma en général et du film noir en particulier. (…) De la BD au roman à l’eau de rose, du film de karaté au gangster-movie, les sources d’inspiration sont multiples pour raconter cette irracontable histoire (…). Il dit (en langue arabe) la vitesse et l’incohérence du monde, la force et l’ingéniosité des femmes, l’espoir qui naît lorsqu’on tombe amoureux. Il dit la vie aujourd’hui et son prix (exorbitant), ici et là-bas, et il le dit bien.

Isabelle Danel
3
Critique Mercredi 24 Janvier 2007 5:22:00 pm

Tel un Nestor Burma viennois, Brenner est un semi-clochard à l’esprit caustique, anar et anticlérical. A la demande d’une veuve qui n’a pas digéré la mort suspecte de son mari, il infiltre un séminaire pour y découvrir un vaste réseau d’activités très peu catholiques. Carton en Allemagne, où le comédien principal est très populaire , Silentium devrait séduire les amateurs de thriller grâce à un récit alerte pimenté de satire.

Gérard Delorme
2
Critique Vendredi 19 Janvier 2007 4:16:00 pm

Pas dit que l’histoire de Robert Kennedy, ou du moins celle de sa fin brutale, séduise le public français. Passé ce constat cette ambitieuse réalisation d’Emilio Estevez séduit avant tout par son casting. Sharon Stone et Demi Moore sont à ce titre extraordinaires. Néanmoins cette profusion de destins croisés lasse finalement plus qu’elle ne passionne. Le film ne dure « que » 1h52. Il semble étrangement bien plus long.

Jean-François Morisse
3
Critique Vendredi 19 Janvier 2007 3:04:00 pm

Qui d’autre qu’un acteur passé à la réalisation aurait pu rassembler une telle brochette de stars? Elle est le principal attrait de Bobby (…) Chacun y va de son numéro, couvrant toute la gamme du drame (Christian Slater en chef de service raciste) ou de la comédie (une hilarante expérience hallucinogène pour deux jeunes cadres en costar).

Gérard Delorme
4
Critique Mercredi 17 Janvier 2007 6:34:00 pm

Une aventure haletante. Ce périple sur la piste des trafiquants de diamants fascine. Grâce aux acteurs en général et à Di Caprio en particulier comme souvent très juste. Grâce au rythme imprimé à l’ensemble. Grâce au sujet qui ne laisse pas indifférent et à cette peinture d’une Afrique violente et sanglante. C’est d’ailleurs sur ce dernier point qu’on peut raisonnablement s’interroger : cette vision de l’Afrique n’est-elle pas clairement réductrice ? Reste qu’au-delà du débat, Blood Diamond devrait assurément passionner.

Jean-François Morisse
3
Critique Mercredi 17 Janvier 2007 4:02:00 pm

Admettons que l’intrigue de ce A la Recherche… est plutôt convenue et que le suspense s’avère plutôt limité. Inutile de dire qu’on ne se demande pas une seule seconde comment les mésaventures de ce père de famille courageux et laborieux se termineront. Le reste, c’est un peu la vie et ses galères quotidiennes comme nombre d’entre nous la vivent. Will Smith est impeccable, touchant pour tous ceux qui, par empathie, compatiront aux déboires de ce jeune père. Quant aux autres ils s’y retrouveront aussi. Peut-être trop finalement.

Jean-François Morisse
2
Critique Mardi 16 Janvier 2007 10:49:00 am

C’est une curiosité qui flirte allègrement avec l’exercice de style. Sur le thème « d’un seul être vous manque… » le réalisateur Sean Ellis transforme le court-métrage originel en un long dilué manquant singulièrement de consistance. Si l’on rêve avec le personnage principal de ce supermarché anglais fréquenté en pleine nuit par des cohortes de créatures de rêve on peine à rester éveiller tant l’aspect contemplatif l’emporte sur ce semblant de scénario. Esthétique mais pas assez, « scénaristiquement » léger sans doute trop.

Jean-François Morisse
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:56:00 pm

La traite des blanches au ciné, on a déjà donné. Mais plutôt que de nous proposer l’habituel réquisitoire, Transe raconte le destin fracassé de Sonia de l’intérieur. Rivé à son regard, le spectateur n’en saura jamais plus qu’elle et traverse en même temps que l’héroïne un labyrinthe de langues et de cultures, des scènes de tortures ou d’accalmies, sans jamais connaître le fin mot de l’histoire. C’est la force et la faiblesse d’un film d’une beauté froide.

Gael Golhen
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:52:00 pm

Ce qui est certain, c’est que Nancy Meyers n’est pas Richard Curtis, le talentueux scénariste de 4 Mariages et 1 Enterrement (…) Ce n’est pas faute d’essayer, mais il manque l’essentiel: le rythme. (…) Alternant les coups de foudre des deux côtés de l’océan sur la musique paquebot d’Hans Zimmer, The Holiday s’est perdu quelque part au milieu de l’Atlantique.

Stéphanie Lamôme
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:31:00 pm

The Fountain est un objet farouchement singulier mais jamais déroutant. Une quête existentielle (rien que ça). On ne sait pas ce qu’a vécu Aronofsky ces dernières années, mais la maturité et la puissance sourde qui émanent de son cinéma sont juste inouïes.Que le film ait mis six ans à voir le jour n’a rien d’étonnant. Son allergie aux conventions et son ambition aveugle risquent de laisser une majorité du grand public sur le carreau... Qui se privera d’une des œuvres les plus fascinantes à avoir foulé les salles depuis très longtemps.

Mathieu Carratier
3
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:26:00 pm

Bien que ce premier film soit l’histoire d’une prise de conscience, c’est aussi le portrait d’une jeunesse violente comme chez Pasolini. Malgré ces références écrasantes, il se singularise bel et bien. Le premier amour, le cambriolage avec des gitans dans une villa qui devient terrain de jeu, la preuve concrète de l’horreur du trafic: Saimir traverse des frontières au sens figuré et, finalement, commet un acte à la fois terrible et salvateur.

Isabelle Danel
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:24:00 pm

Piccolo, Saxo et Cie, film d’animation en 3D, s’inspire de l’œuvre ultraplébiscitée d’André Popp. Nouveaux personnages, dessins élégants, voix malicieuses (Jean-Baptiste Maunier dans le rôle de Saxo et la chanteuse Anaïs dans celui de la note Do) et aventures à la Indiana Jones boostent cette querelle des anciens et des modernes qui permet aux enfants depuis cinquante ans d’identifier et de retenir le son des instruments.

Sophie Grassin
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:22:00 pm

Patrice Leconte, qui aime les acteurs, donne une partition égale à Daniel Auteuil et Dany Boon, croque notre époque en deux temps trois mouvements et signe une fable sur la rédemption ponctuée par des jeux radiophoniques et télévisés où se jouent bien davantage qu’un pactole espéré. Et c’est mon dernier mot, Patrice.

Sophie Grassin
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:20:00 pm

Dans son avant-dernier film en date, le prolifique et inégal Kiyoshi Kurosawa creuse la veine de l’horreur soft (…) Rien de neuf, surtout pour Kurosawa, qui peine à maintenir l’intérêt d’une histoire confuse et trop longue, qu’une image terne en DV n’arrange pas.

Gérard Delorme
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:17:00 pm

Placé en pension par son père trop occupé, un garçon de 4 ans découvre la vie en communauté et l’impossibilité de s’y plier. Empêtré de références – Les 400 Coups, de Truffaut, et Zéro de conduite, de Vigo –, débordé par une centaine d’enfants en liberté devant sa caméra, Zhang Yuan capte quelques moments épars de grâce et de vérité.

Isabelle Danel
4
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:02:00 pm

Le cinéma mexicain tient décidément la grande forme. (…) Le Violon est une fable puissante (sans être exempte de naïveté) qui appelle à l’insoumission tout en célébrant les vertus d’un cinéma expressionniste. À l’heure où les dictateurs d’Amérique latine vieillissent plutôt mal, cet appel à la révolte résonne étrangement.

Gael Golhen
2
Critique Vendredi 12 Janvier 2007 5:00:00 pm

Placé chez sa grand-mère car ses parents sont débordés de travail, un adolescent des villes découvre la campagne indienne avec ses chèvres vivant dans les maisons et ses temples aux murs couverts de fresques. À scénario classique (choc des cultures, force des vieilles valeurs), mise en scène conventionnelle (faut-il faire un film lent sur la lenteur?). Pourtant, le charme opère dans la seconde moitié.

Isabelle Danel
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Critique Vendredi 12 Janvier 2007 4:57:00 pm

Sous la plume du romancier finlandais Arto Paasilinna, cette fable métaphysique avait des accents de lucidité amusée qui n’excluait pas la noirceur. En l’adaptant à l’écran, le cinéaste Marc Rivière n’a retenu que l’esprit écolo, avec une candeur exagérée. Il en faut pour ne pas rire à la vision de ce rongeur dont les couinements achèvent de le dépouiller de toute dimension symbolique.

Gérard Delorme